SIR GILBERT, ÉDOUARD
SIR GILBERT
A Londre où vous courez.
Quel devoir vous attend, quel sort sera le vôtre?... Ne nous séparons pas fâchés l'un contre l’aulre : Voilà ma main ; la tienne I
ÉDOUARD
Ah ! je puis tout braver,
Tout vaincre.
SIR GILBERT
Voici l’heure où tu dois le prouver.
J’espère en toi : pourtant tu faiblis, on t 'entraîne ; L’honneur est sauf encor ; mais l’épreuve est pro- Engagé trop avant, auras-tu le pouvoir [chaîne. De t’arrêter trop court, si tu crois le devoir ;
Ou, souffrant qu’à son gré le mouvement t’emporte. Aux révolutions rouvriras-tu la porte ?
La plus juste, fatale aux peuples comme aux rois , N’est un droit que le jour où meurent tous les droits : Faite pour les sauver, c’est un effort sublime Dont on souffre long-temps : faites sans cause, un
[crime.
Va donc , va, mou espoir, tiens ce que tu promets ; Devant mes cheveux blancs ne te démens jamais. Ton déshonneur, mon fils 1 plutôt tes funérailles ! Une moindre douleur remürait mes entrailles,
Et mieux vaudrait pour moi pleurer en l’éprouvant Mon fils mort, Édouard, que le pleurer vivant ( Édouard baise U main de son pire , qui le suit de» yeux avec attendrissement quand il sort. — La toile tombe.)
FIN Dl TROISIÈME ACTE.