SCÈNE V
MORTINS, ÉDOUARD.
Pourquoi doue m'inviter avec ce personnage ?
ÉDOUARD
Je voulais rire un peu.
MORTINS.
Doit-on rire h ton àg«?
ÉDOUARD
A trente ans !
MORTINS.
A vingt-dnq, moi, je sens qu’on est vieux :
Nos successeurs déjà nous poussent devant eux; C’est en courant qu’on vit dans le siècle où nous Et les événemens y dévorent les hommes, [sommes, Tu parles ce soir?
ÉDOUARD
Oui.
MORTINS.
Dans deux jours, au couvoi.
Tu parleras sans doute?
ÉDOUARD
Encor moi I MORTIÎIS.
Toujours loi.
C’est à toi qu’appartient l’opinion publique :
Qui l’occupe le vole.
ÉDOUARD
Ardente politique I
Jour el nuit, mes instaus sont par elle envahis. MORTIXS.
Eh bien ! meurs à la peine et sauve ton pays. Chaque jour il t’honore, il t'enrichit... J’y pense : Cette terre, Édouard, ta juste récompense,
Elle est à toi ; pourtant...
ÉDOUARD
Achève.
MORTINS.
Selon moi,
Ou l’est un peu pressé de te l’offrir.
Édouard.
Pourquoi ?
MORTIXS.
Les affaires d’argent ne sont pas terminées.
ÉDOUARD
Qu’est-ce à dire ?
MORTIXS.
Il s’en faut de sept mille guinées.
ÉDOUARD
Me voilà ridicule.
MORTIXS.
Eh! non.
ÉDOUARD
Je le devien.
MORTIXS.
Ou trouvera les fonds.
ÉDOUARD
Qui donc?
MORTIXS.
Toi.
ÉDOUARD
De mon bien
Tu veux qu’en mon honneur aujourd’hui je sousmortixs. [crivc?
Pourquoi donc pas ? la terre est belle , productive, Et te rendra , mou cher, dix fois tes capitaux. ÉDOUARD.
Mais je l’ai , cette terre , offerte aux hôpitaux.
MORTIXS, sc jetant dans ses bras.
Voilà de ces vertus qu’on admirait dans Home.
Laisse-là les Romains et prétc-moi la somme.
MORTIXS.
Que ne l’ai-je , Édouard 1 je te la donnerais ,
Tu le sais ; mais ma plume a beau se mettre en frais, L’enthousiasme est grand et l’argent toujours rare. Thomas Goff, le brasseur, est du sien moins avare ; Que ne ferait-il pas pour toi, son député,
Toi son élu, sa gloire et sa propriété?
Toujours prêt à boxer qui veut te contredire ,
Il a l’air d'avoir dit ce que tu viens de dire.
Il prêtera l'argent.
EDOUARD , avec dépit.
Fais ce que tu voudras,
Et que tout soit fini lorsque tu reviendras.
Mais vos dons coûtent cher.
MonTixs.
Au revoir, je te quitte.
Le bruit de ce carrosse annonce une visite.
ÉDOUARD , qui s’est approché de la fenêtre.
C’est lord Derby.
MORTIXS.
Qui vient te demander ta voix.
Sais-tu qu’en le nommant tu ferais un bon choix ? Édouard.
Vos deux opinions sont loin d'étre les mêmes. MORTIXS.
Pas si loin que lu crois.
ÉDOUARD
Ah ! j’entends : les extrêmes...
MORTIXS. [pas.
Se touchent , tu dis vrai. Vers moi qu’il fusse uu J’en ferai deux vers lui : ne le rebute pas.
Édouard.
Je vote pour Nelbroun.
MORTIXS.
Quoi ! pour notre adversaire !
WILLIAM , annonçant.
Lord Derby.
OC'wOaOOOOOOOOôOOOOOOCOOOwOOOOOOiX’OOOOOOOOOOOOOaooiaj