‹ La population du département du Rhône: Son évolution depuis le début du XIXe siècleChapitre 32 sur 71 · US R TES · texte numérisé non relu

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de toutes provenances. A Villeurbanne, les étrangers étaient, en 1931, au nombre de 13.769 ; dans plusieurs autres villes de la banlieue lyonnaise, ils constituent une fraction importante de la population ; à Saint- Fons, dans les usines de verrerie et l’industrie chimique (plus de 2.500 Italiens, Espagnols, Marocains, non compris 800 Algériens) ; à Vénissieux (18 % de la population totale) ; à Vaulx-en-Velin enfin, commune dans laquelle la proportion des étrangers bat les records du Département : 3.450 sur 8.124 habitants, au total soit 42 %,. Dans cette dernière commune ils travaillaient surtout à l’usine de textiles artificiels. En dehors de la région lyonnaise proprement dite, on retrouve des étrangers dans le Département à Neuville-sur-Saône (215), Villefranche (1.227), Givors (3.800 employés dans les usines métallurgiques et la verrerie), dans les mines de Saint- Bel et de Saint-Pierre-la-Palud (640 et 217). à Cours, dans les usines de couverture, à Tarare, enfin à Saint- Symphorien-sur-Coise, où d’assez nombreux Italiens sont occupés dans la chapellerie.

Les Italiens, au nombre de 29.000, forment environ 40 % de la population étrangère du Département ; ils sont employés dans de multiples industries, mais principalement dans le bâtiment et l’industrie du chapeau. Beaucoup plus frustes, les Espagnols (18.000) se rencontrent surtout dans les occupations plus rudes : industrie chimique, verrerie, grosse métallurgie, teinture. Les principales nationalités représentées sont ensuite, par ordre d'importance nu-” mérique : les Suisses (4.500), qu’on rencontre sur- «

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tout dans les professions commerciales ou parmi les techniciens ; les Polonais (4.300), qui sont nombreux dans les mines de Saint-Pierre-la-Palud ; les Nord- Africains, les Russes.

En 1931, le Rhône est le neuvième département français quant à l’importance de la population étrangère (après la Seine, les Bouches-du-Rhône, le Nord, le Pas-de-Calais, les Alpes-Maritimes, la Moselle, la Seine-et-Oise, la Meurthe-et-Moselle).

2° Depuis 1931.

Les conséquences de la crise économique (marasme industriel, débauchage de la main-d'œuvre, chômage) devaient avoir une répercussion très marquée sur le mouvement de la population du Département. Pour la première fois depuis les troubles de la Révolution, de 1790 à 1800, le mouvement des entrées et des sorties se révèle largement déficitaire entre deux recensements. En 1936, la population du Département est de 1.028.000 âmes, soit une diminution de 18.000 âmes par rapport à 1931, diminution imputable, à concurrence de 5.250, à l’excédent des décès sur les naissances, et pour le reste, soit 12.750, à l’excédent des sorties sur les entrées. Ce sont surtout les éléments les moins stables de la population étrangère qui furent chassés par la crise économique ; aussi le recensement de 1936 accuse-t-il une diminution sensible du nombre des étrangers dans le Département : 63.141 au lieu de 73.243 en 1931 (63.152 en 1926).

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