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a 2 à e 8 8 ° se a 8 8 8
vèlent les recensements (nous avons également calculé ces taux pour la France entière).
Nombre
annuel Nombre Fécondité Fécondité moyen de effective effective de femmse générale générale naissan- de 15 à Rhône France ces 49 ans entière 1820/1820 eu 1077 111.000 () 1.268 1.200 1055/4094 0e 0017:750 177.500 989 1.001 ‘ 1910/1912. 149254 265.800 536 735 1930/1982 55 16:087 285.300 564 675 1952/1981. -4:2:-219.008 280.000 (:) 493
On voit combien est grande la diminution de la fécondité féminine depuis cent ans. Elle était déjà très basse dans les années qui précédèrent la guerre. Au cours de la décade 1920-1930, elle remonta sensiblement et se trouve supérieure en 1930-1932 à celle de 1910-1912. Mais depuis lors elle est bien retombée et n’a jamais été aussi basse. Quoique le taux de fécondité de 1930-1932 fut le plus haut atteint depuis plus de vingt ans dans le Département il classait cependant le Rhône parmi les départements les moins prolifiques (après les Alpes-Maritimes, la Seine, les Bouches-du-Rhône, les Pyrénées-Orientales, la Corse, la Seine-et-Oise et l'Hérault). Pour 1910-1912, le Rhône était avec la Gironde le Département dans lequel la fécondité était la moindre.
(1) La statistique ne donnait pas à cette époque la composition de la population par âge et sexe. Nous avons appliqué la même répartition par âge qu’en 1856, ce qui est vraisemblable.
(2) Dans l'ignorance encore des résultats du recensement de 1936, nous avons appliqué la même composition par âge qu’en
Taux comparatifs de natalité.
A l’aide des taux moyens de fécondité par groupe d'âge on a pu calculer pour chaque Département français, des taux rectifiés ou comparatifs de natalité pour 10.000 habitants de la population communément adoptée comme type. A leffectif des divers groupes d'âge de cette poulation type on applique les taux de fécondité correspondants dans chaque département. On obtient ainsi des coefficients rectifiés de fécondité par Département qui, multipliés par le rapport de la population type féminine fécondable à la population totale des deux sexes, donnent les taux rectifiés ou comparatifs de natalité.
Le classement des départements d’après les taux comparatifs de natalité est sensiblement le même que le classement d’après la fécondité. Le Rhône, avec un taux supérieur en 1930-1932 à celui de 1910-1912, est encore cependant parmi les départements aux taux les plus faibles (après Alpes-Maritimes, Seine, Bouches-du-Rhône, Corse, Pyrénées-Orientales, Seineet-Oise).
Taux rectifiés de natalité pour 10.000 hal%tants d’une population type ().
RhÔOnéf: MPa". 149 149 146 136 DÉS SM RM SE 127 132 139 141 FPADCE NIMES TE LIRE 178 183 201 193 Pas-de-Calais . ; ........ 245 258 267 283
(1) Les taux comparatifs n’ont pas encore pu être calculés pour les années 1935-1937 encadrant le recensement de 1936, car les résultats de ce dernier recensement concernant la composition par a âge de la population ne seront pas publiés avant un an ou deux. Mais on peut prévoir que pour le Rhône le taux comparatif pour cette période sera inférieur à 125 pour 10.000 habitants .
Les taux comparatifs sont inférieurs dans le Rhône aux taux bruts, ce qui prouve que la composition par âge du Département est plus favorable à la natalité que la composition de la population type. Ceci nous confirme dans la conclusion à laquelle nous conduisaient les dernières observations relatives à la fécondité féminine. Si la natalité du Rhône a tellement baissé, s’il occupe parmi les autres départements français (eux-mêmes de natalité excessivement basse) une des dernières places, cela n’est nullement dû à ce que la composition par âge soit défavorable et qu’il y ait une trop faible proportion de femmes en âge d’avoir des enfants, bien au contraire ; c’est dû uniquement au fait que les femmes en âge d’avoir des enfants en ont beaucoup moins que n’en avaient leurs grands’mères il y a cent ans, ou que n’en ont leurs contemporaines dans d’autres départements ou dans d’autres pays.
2° L’INFÉCONDITÉ GÉNÉRALE DE LA POPULATION EST DUE À LA TRÈS FAIBLE FÉCONDITÉ DES MÉNAGES MARIÉS
Il nous reste à faire deux constatations d’importance capitale. Si les femmes ont très peu d’enfants maintenant dans le département du Rhône, cela ne tient nullement au fait que la proportion de celles qui sont mariées soit plus faible qu'ailleurs. Faisons encore intervenir les statistiques. Sur 285.300 femmes de 15 à 49 ans présentes dans le Département au recensement de 1931, on en comptait 183.539 mariées et 101.761 célibataires, veuves ou divorcées, ce qui fait des proportions respectives de 644 et 356 0/00,
tandis qu’à la même époque, les proportions étaient pour la France entière 382 et 618 0/00 (4.174.000 non mariées, 6.742.000 mariées ; au total : 10.916.000). La proportion des femmes mariées de 15 à 49 ans, par rapport au nombre total de femmes de 15 à 49 ans, était donc nettement supérieure en 1931 dans le Rhône à ce qu'elle était dans le reste de la France.
D’autre part, la fécondité illégitime a toujours été élevée dans le Département, comme du reste dans tous les départements à forte prédominance urbaine. La proportion de naissances illégitimes par rapport au nombre total des naissances s’est longtemps maintenue à 15 % environ ; elle a diminué depuis la guerre et est de 10 % environ vers 1930-1932, alors que pour la France entière, à la même époque, cette proportion n’était que de 8 %. Le taux de fécondité illégitime (nombre de naissances illégitimes annuelles pour 10.000 filles, veuves ou divorcées âgées de 15 à 49 ans), s'élevait pour 1930-1932 à 156 dans le Rhône (France 141).
Au contraire, le taux de fécondité légitime (nombre de naissances légitimes pour 10.000 femmes mariées de 15 à 49 ans) est extrêmement faible dans le Rhône et le classe parmi les derniers des départements français. Ce taux était de 790 naissances annuelles pour 10.000 femmes mariées en 1930/1932 (France entière 1.003). Les départements dont le taux de fécondité légitime est inférieur à celui du Rhône sont : la Seine (670), les Alpes-Maritimes (700), les Bouches-du- Rhône (710), la Seine-et-Oise (720), les Pyrénées Orientales (780).
Une autre constatation, encore plus facile, nous amène aux mêmes conclusions : c’est la statistique comparée des mariages et des naissances (voir tableau page 139 et graphique page 140). Le taux de nuptialité a relativement peu varié depuis un siècle dans le Département : depuis plus de cinquante ans, il se maintient entre 70 et 75 mariages annuels pour 10.000 habitants ; il n’a fléchi au-dessous de 70 que pendant la guerre de 1914-1918 et ces toutes dernières années en raison de l’arrivée à l’âge du mariage des générations réduites des « années creuses » (1). Cette relative stabilité des taux de nuptialité est frappante en face de la chute des taux de natalité. Le rapport des naissances aux mariages, qui dépassait nettement 4 jusqu'aux années 1830 et qui s'établit à 3 environ vers 1880, n’atteint plus 2 actuellement.
On peut donc attribuer, d’une manière certaine, la dénatalité actuelle du Département à la stérilité partielle ou totale du plus grand nombre des ménages mariés.
ill. — Essai de détermination de la fécondité des familles suivant les divers milieux sociaux
Le nombre moyen d’enfants d’un ménage marié s'établit à 2 environ dans le Département du Rhône.
() Si le taux de nuptialité s’est à peu près maintenu, il ne faut pas oublier que les unions tendent à devenir moins stables par suite du nombre croissant des divorces. Pour la période 1886- 1890, qui a suivi l’introduction en France de la loi Naquet, le nombre annuel moyen des divorces était de 144, soit 25 pour 1.000 mariages ; en 1906-1910, la moyenne était de 420, soit 63 pour 1.000 mariages ; la moyenne des années 1936 et 1937, s’établit à 733, soit 118 pour 1.000 mariages.
ARMINJON 10
Mais cela ne veut pas dire que le plus grand nombre des familles dans le département ait deux enfants ; le plus grand nombre est celui des familles qui n’ont qu’un enfant ou qui n’en ont pas du tout. Voici comment s’établissait le classement des naissances légitimes en. 1933 d’après le nombre d’enfants déjà nés de la même mère.
Note. — Les observations de M. Villermé (op. cit.) font apparaître que, déjà en 1836, la fécondité n’était pas la même suivant les lieux et les milieux sociaux.
A Tarare, il est frappé de voir beaucoup d’enfants dans les familles et fait des recherches desquelles il résulte que, sur une période de 11 années consécutives, commencées le 1°" janvier 1825, les seules naissances légitimes ont été aux mariages totaux comme 4,63 est à 1. « Cette fécondité est assez remarquable ; mais l’âge moyen auquel se marient nos ouvriers ne le serait pas moins ». Il est, d’après ses observations et ses calculs, de 30 ans 9 mois pour les hommes et 27 ans 6 mois pour les femmes. Enfin, malgré cette tardivité des mariages, la même période de 11 ans n’a donné qu’une naissance de bâtards pour 18 légitimes, « preuve nouvelle qu’il y a très peu de libertinage à Tarare ».
Ses observations à Lyon sont toutes différentes. Les ouvriers de la fabrique ne se marient que pour s’établir comme chefs d’atelier ; l’âge moyen de leur mariage s’établit de 24 à 27 ans pour les hommes ; de 20 à 23 ans pour les femmes. Ils ont très peu d’enfants pour l’époque, et le rapport des naissances aux mariages est nettement plus faible à la Croix-Rousse chez les canuts que dans la population moins avancée de la Guillotière où l’on compte bien moins d’ouvriers en soie. Dans les deux communes, ce rapport va en s’abaissant, comme le montre une statistique comparée des mariages et naissances établie par Villermé.
..Rapports du nombre des naissances (légitimes et illégitimes)
au nombre des mariages
Commune Commune Périodes de la Croix-Rousse de la Guillotière TOOLS OO RER EE ne 8,02 4,24 LOTO LSTES ES RR R LE 3,92 4,28 LOLEETO LE RE lee 3,55 3,71 1820-1824 0e RE LL: 3,66 4,02 PRET PES con io 8,23 3,67 1830-1834 4 reed 2,79 3,59
Villermé en tire la conviction que les canuts de la Croix-Rousse, observent le « moral restraint » et mettent leur soin « bien différent en cela de la plupart des ouvriers, à ne pas accroître leur postérité plus rapidement que leur fortune ».
NAISSANCES LÉGITIMES EN 1933 D'APRÈS LE NOMBRE D'ENFANTS DÉJA NÉS DE LA MÊME MÈRE.
France Département entière (1) du Rhône (1) Nombre total . .. 627.875 12.895 D'énront Nr T2 0541052707 3.230 373 % L'ENTaDe 0. 00109.900 261 2.2001257.
AOBHEARIS Sc ooe 00.090161 1.371 154 HreHADIS ere LD Z.UE US 97 814 91 4 enfants. 4... 39.321 60 468 52 D PIMANtS 2 122,208 00550 303 4 D'eéndtanisa mess. 0 Lo:711 23 1720.19 7 enfants et plus. 18.773 32 220825 Non” déclarés 1. 1:59:722 4.096
On voit que la catégorie la plus nombreuse est de beaucoup celle des premiers nés. Toutes les autres catégories sont relativement moins importantes dans le Rhône que dans la France entière. Cette statistique, qui ne mentionne que les naissances, ne permet pas de constater la proportion très élevée dans le Rhône des couples qui restent entièrement stériles.
Natalité dans les divers cantons du Département. — Il n’est pas possible d'établir d’après les statistiques de l’état civil des conclusions rigoureuses sur la fécondité comparée des divers groupes sociaux. Le seul renseignement que nous fournissent ces sta-
(1) Nous avons indiqué, pour la France et pour le Rhône, la proportion des naissances de chaque catégorie par rapport à 1.000 naissances pour lesquelles l’indication de catégorie a été donnée. On remarquera pour le Rhône le grand nombre des naissances pour lesquelles la statistique ne donne pas d'indication.