LS ATEN
Moyenne des naissances pour 10.000 habitants
des années 1935-36-37
des années 1930-31-32
tistiques est la répartition des naissances suivant les cantons et les communes. Nous avons établi un tableau donnant les taux moyens de natalité de la Ville de Lyon et des divers cantons du Département pour les périodes triennales 1931/1933 et 1935/1937 encadrant les recensements de 1931 et 1936.
Comme nous le montre le tableau, les taux de natalité varient considérablement suivant les cantons : ces variations tiennent à trois facteurs : a) fécondité réelle de la population dans chaque canton ; b) répartition des hôpitaux, maternités et maisons d’accouchement ; c) répartition des divers âges dans la population de chaque canton. Ce serait une erreur considérable d'interpréter la statistique comme si elle donnait la mesure réelle de la fécondité des habitants des divers cantons du Rhône.
Pour Lyon, tout au moins, il est facile de faire la correction que rend nécessaire la présence dans la ville de nombreux hôpitaux, maternités, cliniques d'accouchement ; avec beaucoup de sincérité l’état civil de la ville établit dans la statistique des naissances une distinction suivant le domicile des parents. Sur une moyenne annuelle de 10.203 naissances de 1930 à 1932, il n’y en avait que 7.134 dont la mère fut domiciliée à Lyon, 3.069 étaient de parents étrangers à la ville, habitant soit d’autres cantons du Département, soit même d’autres départements (Isère notamment). Si Lyon occupe donc une bonne place dans le classement sous le rapport de la natalité, ce n’est pas dû à la fécondité de ses habitants. Il en est de même dans l’arrondissement de Villefranche : les
cantons de Villefranche, Tarare, Thizy, bénéficient de la présence d’hospices d'accouchement, ce qui explique leur taux plus fort. En outre, il ne faut pas oublier que, à fécondité égale, les cantons à prédominance urbaine devraient avoir des taux de natalité bien supérieurs à ceux des cantons à prédominance rurale, en raison de la composition par âge très différente de leur population : éléments jeunes et adultes dominant dans les villes, gros pourcentage de vieillards dans les campagnes à cause de leur désertion par les jeunes.
Cette statistique ne peut nous donner une idée réelle de la fécondité effective selon les cantons, puisque l’on ne peut connaître exactement leur composition par âge. Cette classification n’existant que pour le Département tout entier, il n’y a que pour lui qu’on puisse calculer les taux de fécondité féminine.
La méthode monographique basée sur l'observation personnelle donnerait sans doute de meilleurs résultats pour déterminer l'influence du milieu social sur la natalité. M. Charvet, Président de la Ligue des Familles nombreuses de Lyon et du Rhône, a bien voulu nous faire part de son expérience en ce domaine : il a remarqué que les familles nombreuses se rencontraient en grand nombre dans les cantons de Saint-Symphorien-sur-Coise et de Saint-Laurentde-Chamousset et en général dans les régions agricoles restées attachées aux traditions et à la foi religieuse. Dans les professions industrielles, il note que les ménages ont généralement plus d'enfants dans
l'industrie chimique et attribue ce fait à l’éloignement où se trouvent des agglomérations urbaines les principales usines chimiques ; dans les cités ouvrières, la femme peut se consacrer avec plus d’activité à ses fonctions familiales. Il est à noter que le record de la stérilité semble détenu par les employés de bureaux : les familles de deux enfants y font exception, la règle générale étant l’enfant unique ou même supprimé.
La natalité est plus élevée chez les étrangers vivant dans le Département que dans la population française. M. Baroin (:) a établi une statistique portant sur les quatre arrondissements de Lyon cités pour leur plus forte densité d’étrangers (3°, 4°, 5°, 7°). La population totale de ces arrondissements était, en 1931, de 351.697 habitants, dont 323.427 Français et 28.427 étrangers. L’enquête de M. Baroïn a porté sur 5.086 naissances. Sur ce nombre on comptait :
Enfants nés de père français et de mère étran-
DÉPOT ANNE EL ARR a Are en ee 132 Enfants illégitimes nés de mère étrangère .... 62 Enfants légitimes nés de père et mère étrangers 441
Total des enfants nés de mère étrangère .. 635
Enfants légitimes nés de père et mère français 3.903 Enfants légitimes nés de père étranger et de
DACT OCT ADO SUR RS MD Le re es 218 Enfants illégitimes nés de mère française ... 330 4 ROSE ECS EC RP RP 4.451
(1) Les étrangers dans la région lyonnaise.
Cela donne des taux bruts de natalité de 22 0/00 pour la population étrangère et de 13 0/00 pour la population française.
Nous étudierons plus loin la cause de la dénatalité qui est la restriction volontaire des naissances. Les ménages encore féconds sont ceux où ne joue pas la restriction des naissances ; ils peuvent être classés en deux catégories bien distinctes : d’une part, les ménages, de moins en moins nombreux, qui ne pratiquent pas la restriction des naissances parce qu’ils en ignorent les moyens ou parce qu’ils négligent de les pratiquer ; d’autre part, les ménages qui, conscients des charges qu’ils encourent en ayant une famille, ne craignent pas de les assumer. Il y a encore un grand nombre de ces ménages dans toutes les classes sociales et notamment dans la bourgeoisie lyonnaise et il n’est pas sûr que leur nombre diminue. Il est certain qu’ils ne peuvent se rencontrer que dans des milieux où sont cultivées les « valeurs morales ». C’est à cause de ces familles-là qu’on ne doit pas désespérer de l’avenir démographique du pays.