Temps magnifique. Peut-être la fin de l'hiver
Lectures de Saint Paul et de Jacques IL
Pendant le dîner, lettre de Jacques.
Il a voulu, comme Pierre, me donner un mot de consolation au sujet de la mort de Philippe Raoux qu'il n'a jamais vu, mais qu'il aimait à travers moi.
Il m'apprend que l'abbé V..., notre visiteur du 15 février, est prisonnier.
Ce prêtre, sous-lieutenant de mitrailleurs, aura eu peu de temps pour mitrailler.
Dieu sait ce qu'il fait,
15. — Journée morne sans autre incident qu'une lettre fort imprévue de Mariavé m'envoyant un mandat de 50 francs.
Montpellier, ce 14 mars 1916.
Aimez vos ennemis.
Monsieur, j'ai l'honneur de vous envoyer mon obole. Ce matin, j'ai été communier pour le capitaine Raoux. Veuillez agréer, Monsieur, l'hommage du dernier de vos serviteurs. Mariavé.
Le Sacré-Cœur adorne toujours mon uniforme.
Le nom de Raoux donne à cette communication quelque chose de surnaturel.
16. — Ail heures, arrivée des Van der Meer, mes deux filleuls Pierre, ma chère Christine que je n'ai pas vue depuis juillet, Anne-Marie et le nouveau venu Jean-François, fort bel enfant. Leur bonne, Lucienne, les avait accompagnés. Malheureusement, le beau soleil des deux derniers jours a disparu.
Après un agréable déjeuner, parties d'échecs avec Pierre.
J'apprends que le 24 ou le 25 février, la situation a été très dangereuse et qu'on a pu craindre un moment, nos lignes étant compromises, une marche torrentielle des Allemands sur Paris. Ce
Ranger nous avait été caché avec soin. Nos abominables ennemis ne peuvent donc pas réussir, quoi qu'ils fassent. Dieu veut que la France souffre, mais il ne veut pas qu'elle périsse.