SCÈNE PREMIÈRE
LOUISE, seule.
Est-ce vivre que de vivre ainsi, et ne vaudrait-il pas mieux mille fuis être morte?... Comment ces angoisses ne m’ont-elies pas tuée!... Mon enfant au pouvoir de cet homme!... Mon olifant! Oh! il existe!... il existe!... C’est un otage trop précieux aux mains de ce misérable pour qu’il ait osé... Il existe!... Mais est-ce assez pour une mère!... Oh! si cela devait durer encore... Si ie devais joindre plus longtemps à mes inquiétudes les craintes que m’inspirent les regards défiants et les paroles sourdement menaçantes de mon mari... je le sens... le rournge m’abandonnerait... et je saurais me débarrasser de la vie comme d’un insupportable fardeau... (Tirant un petit flacon de son sein.) N’en ai-je pas là les moyens?... Une goutte... une seule!... c’est Ja mort... prompte... foudroyante... Oli! que Dieu me pardonne!... je n’hésiterais pas!... On vient.
;Ellc cache précipitamment le flacon.)
in valet. — Quelqu'un demande avec instances à parler à madame.
Louise. — Qui est-ce?
le valet. — Un homme... une manière de bourgeois.
LOUISE. — Je ne reçois pas.
le valet. — C'est, dit-il, de la part de la nourrice de madame.
louise. — Queue le disiez-vous tout de suite! Qu’il entre! (Le v^let sort.) Que peut-il avoir à m’apprendre ?