SCÈNE VIII
RÉATRIX, SABOURINO.
BEATRIX
A présent , mou petit bonhomme , il s’agit de faire bien le guet.
SABOl’RINO.
Écoutez... je suis petit, c’est vrai; je n'ai pas de mollet, c’cst encore vrai; mais j'ai une tête qui les remplace fièrement... Je siüs tout en tête... Je ne suis que tête depuis les pieds jusqu'à la...
BEATRIX
Vous voulez dire que vous avez de l'intelligence ; prouvez-lc donc , en retirant cette lampe de la fcuélre... elle pourrait attirer l'attention du Lieutenant.
SABOURINO.
C’est juste! (Au moment uù U prend la lampe, elle s’éteint.) Maudit coup de veut!
BEATRIX
Vous êtes toujours bêle , mon ami.
SABOURINO.
Ce n’est pas ma faute... le vent seul est coupable.
ORLANDO
Tous vos elTorts sont inutiles! Je ne consentirai pas à ce que vous achetiez mon sailli au prix de votre réputation.
REATRIX.
Au fait! cet accident n’est pas fâcheux... Notre présence contrarierait peut-être le Vire-Roi ; «qp j’aime autant qu'il ne nous voie pas.
BEATRIX
SABOURINO. *é>
Oui , mais j’aimerais aillant voir, moi.
BEATRIX
Vous lie voyez pas ?
SABOURINO.
Pas plus que si jetais au fond d’une bouteille d'encre.
BÉATRIX
Le ciel se couvre ; mais il y a encore assez d’étoiles pour éclairer suffisamment la rhambre.
Vos yeux s’habitueront peu à peu à l’obscurité.
sarocri.no.
Ils s’y habituent déjà... J'aperçois mon liez, et puis la statue... Ah! je distingue parfaitement tous les objets.
BÉATRIX
Tant mieux !
SABOURINO.
Voilà une qualité que je ne me connaissais pas... 11 y a du chat dans mon individu.
BÉATRIX
Dressons nos batteries! Afin de pouvoir embrasser toute la chambre d’un seul et même coup d'œil, placez-vous de ce côté du pilier; rien ne vous échappera par ici. Je vais me placer de l'autre côté , moi ; rien ne m’écbappcra par là.
SABOURINO.
C'est parfaitement combiné.
fSabourlno est appuyé sur le esté gauche, el Bcatri v est appuyée sur le côté droit.)
BÉATRIX
Je suis fière de vou e approbation.
SABOURINO.
Pauvre frère de lait ! C’est moi pourtant qui l'ai fourré dans la gueule du loup... Quand vous aurez passé la frontière, Monseigneur, je battrai de bien jolis entrechats.
Chut! n’entendez-vous rien?
SABOURINO.
Je n’entends que mon cœur... il fait un tapage... Je croyais que c’était un moulin.
BÉATRIX
Silence, et regardez bien !
SABOURINO.
Il serait impossible de regarder plus loin que moi.
(Le côté du pilier faisant face au public s’ouvre, et le Vice-Roi parait enveloppé dans uu’manteau.)
Par où ?
SABOl'IUXO.
Et vous?
BÉATRIX
Par où donc est-il entré ?
SABOURINO.
Il faut qu’il ait passé entre nous. (Frappant sur le piller.) Ça sonne creux... la porte est là... mais elle est fermée... je ne vois pas de serrure...
BÉATRIX
On m'a montré une porte semblable au château de Saint- Ange; elle s’ouvrait quand on appuyait sur un bouton...
S'il y g un bouton à celle-ci , il doit être à la hauteur de ma télé... quelque chose a fait dac, tout près de mon oreille...
BÉATRIX
C'était le seeset qui se fermait... cherchcz-le, pendant que je vais dire au scélérat que ma maîtresse le prie d'attendre...
( Lite entre A droite ; Sabourino promène scs doigts sur le pilier. )