‹ La portioncule ou Grand pardon d'Assise [microforme]Chapitre 6 sur 30 · III. Za visite. — Quelle église faut-il visiter · texte numérisé non relu

III. Za visite. — Quelle église faut-il visiter

1° Dans les endroits où se trouve une église franciscaine (de Frères-Mineurs, Clarisses, Tertiaires Régulières) jouissant de droit du privilège de la Portioncule, — ou une autre église ou chapelle publique, à laque'le, en vertu d’un Bref renouvelable tous les sept ans, l’{ndulgence a été accordée par faveur, — dans ces endroits, tous les fidèles (et par conséquent tous les Tertiaires séculiers), tous doivent visiter cette église franciscaine ou cette chapelle publique privilégiée. Cette règle concerne tout le monde.

2° Dans les endroits où ne se trouve pas d'église franciscaine, ni autre église ou chapelle publique privilégiée, mais où il y a un oratoire public du Tiers-Ordre séculier ou une église dans laquelle une Fraternité du T'iers- Ordre. séculier a été canoniquement érigée, les Tertiaires seulement (et non pas tous les fidèles) qui voudront gagner cette faveur, devront visiter cet oratoire public ou cette église.

3° Dans les endroits où ne se trouve pas

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même cet oratoire public du Tiers-Ordre ni église dans laquelle une Fraternité ait été ca- . noniquement érigée, ces mêmes . Tertiaires pourront gagner cette Indulgence, en visitant leur église paroissiale.

En un mot, tout Tertiaire séculier peut gagner l’Indulgence de la Portioncule dans le lieu où il se trouve. C’est un privilège tout à fait personnel accordé à eux par Sa Sainteté Léon XIII(31 janvier 1893, ad XII), de pouvoir gagner les Indulgences attachées aux églises franciscaines, en visitant leur église paroissiale, là où il n’y a ni église franciscaine, ni oratoire public, ni église où une Fraternité soit établie. La Portioncule est assurément la plus célèbre de ces Indulgences.

Comment faut-il faire les visites...? —1 faut faire les visites dévotement, en y priant chaque fois aux intentions du Souverain Pontife. Les visites peuvent commencer la veille, à l'heure des premières vêpres (environ 2 heures), jusqu’au coucher du soleil du lendemain. Il faut une vrase visite, c’est-à-dire qu'il faut sortir réellement de l'église et y rentrer dans l'intention de répéter la visite et renouveler des prières aux intentions du Souverain Pontife. Ces prières ne sont pas déterminées : on peut réciter cinq fois le Parer et l'Ave Marta, où une dizaine de chapelet, ou toute autre

prière équivalente.

Enfin, comme tout le monde lesait,on peut gagner cette Indulgence fofres quoties, c'est-àdire, autant de fois qu'on visite l’église à laquelle elle est attachée : et toutes ces Indulgences sont applicables aux âmes du Purgatoire !

Considération préliminaire pour bien faire des visites. — C'est une sainte et salutaire pen- : sée, nous disent nos Livres Saints, de prier pour les défunts, afin qu'ils soient délivrés de leurs peines. — Grandes sont ces peines ; et, hélas ! nous l’oublions trop souvent ; mais grands sont aussi les moyens que nous avons de les soulager aujourd’hui par l'application des riches Indulgences du grand Pardon d’Assise ! |

Les deux traits suivants et que nous'‘avons choisis entre mille, en nous rappelant cette double vérité, nous prépareront à faire nos visites avec plus de ferveur, et à gagner ainsi de nombreuses Indulgences en faveur des chères âmes du Purgatoire !

I. — Saint Augustin reprend fortement la témérité d’un chrétien de son temps, qui enseignait que le purgatoire n’est point à redouter, puisque les tourments n'y doivent pas durer toujours: “ Peu importe, disait-il, le temps que je passerai en purgatoire, pourvu qu’à la fin je sois introduit au ciel.” Le Saint lui répond : “ Que personne ne parle ainsi : car

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le feu de l’expiation sera plus affreux qu'aucune souffrance ici-bas, quelque dure que nous puissions nous l'imaginer.”

Le trait suivant nous montrera ce qu'il faut en penser.

Deux religieux pleins de piété montraient le plus grand zèle pour l’œuvre de leur sanctification. [ls avaient les mêmes goûts d’oraison, de recueillement et de pénitence, ct ils étaient unis ensemble d’une étroite amitié. . L'un des deux ne tarda pas à tomber sérieu- . sement malade, et en peu de temps donna des inquiétudes pour sa vie. Un Ange du Seigneur lui apparut et lui annonça qu'il allait mourir sans retard, et qu'il expierait ses fautes légères dans le purgatoire, jusqu’à ce qu'on eût dit pour lui une messe de requiemn, après laquelle il s'envolerait au ciel, où l’attendait la récompense de son zèle et de sa ferveur.

Cette nouvelle le combla de joie. Appelant à l'instant son ami, il lui fit part de sa vision, et ille conjura d'offrir le saint Sacrifice, immédiatement à sa mort. Son ami le lui promit, et il fut fidèle à sa parole: car, la mort étant survenue dès le lendemain matin, à peine eutil fermé les yeux qu’il courut à la sacristie revêtir les ornements sacrés pour dire la sainte Messe. Le saint Sacrifice à peine terminé, il voit, à son action de grâces, apparaître son ami, rayonnant de bonheur, et cependant avec

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une expression de reproche sur le visage.

“Mon frère, lui dit le défunt, où donc était votre foi? qu’avez-vous fait de votre promesse ? vous mériteriez que Dieu n'eût pas davantage pitié de vous-même ! — Et pourquoi? demanda celui-ci. —— Pourquoi ? Ne m'avez-vous pas laissé au milieu du feu vengeur plus d'une année, sans que vous ni aucun des Pères dît pour moi une seule messe, lorsqu'on pouvait ainsi me délivrer promptement?

— En vérité, vous me surprenez! s’écria le religieux. Comment pouvez-vous diré que nous avons différé plus d’une année, lorsqu'il y a à peine quelques instants que vous avez quitté la terre et que les funérailles ne sont. pas encore faites ? ”

Alors le défunt le regardant avec surprise : “ Oh !s’écria-t-il, qu’elles sont épouvantables, ces souffrances, puisqu'elles m'ont fait prendre quelques instants pour une année entière !...” ’

Ce trait nous autorise à rappeler cette autre parole de S. Augustin: “ La peine que l’on endure au purgatoire dans le temps d’un simple clin d'œil est plus cuisante que celle de S. Laurent sur son gril !”

I1.— Sainte Madeleine de Pazzi avait dans son monastère de Florence une religieuse d’éminente piété. Elle l’assista avec la plus grande charité pendant sa dernière maladie et lui

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ferma elle-même les yeux. Quand le corps eut été porté à l'église pour les funérailles, la sainte se retira dans la salle du chapitre, d'où elle voyait la bière, et priait pour sa chère défunte. Elle fut, à ce moment, favorisée d’une vision : elle aperçut l’âme de la religieuse, plus belle que le soleil, s'élever au ciel enivrée de bonheur. — “ Adieu, ma sœur, s'écria Madeleine ; adieu, âme bienheureuse : vous vous en allez donc en paradis, m'abandonnant dans cette vallée de larmes ! Oh ! que grande est votre gloire ! qui pourrait exprimer l'éclat de ce triomphe ! et comme l'épreuve du purgatoire a pour vous été courte ! Vos restes mortels ne sont point encore dans leur dernière demeure, et déjà vous entrez dans l'éternelle patrie! Vous voyez maintenant la vérité de ce que je vous disais : que les misères de cette vie et l'expiation passagère du purgatoire ne sont rien, comparées à ce que l’Epoux vous réservait ‘auprès de lui!” Il lui fut révélé par Notre-Seigneur que cette âme n'était restée que quinze heures dans le purgatoire, en vertu des z#dulgences dont on lui avait appliqué “les mérites.

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