SCÈNE XIV
Air du Trovatore (Miterere).
O ciel ! quelle aventure !
Dans cette conjoncture.
Pour ma progéniture Je me. sens plein d’émoi!
J'hésite en ma tendresse!
Qui faut-il que je presse, ( Bis .)
Sur mon sein paternel ?
DU B AND (sporlman).
C’est moi ! c’est moi !
DURAND (Marseillais).
C'est moi! c’est moi !
DURAND (sapeur).
C’est moi! c’est moi !
DURAND (Marseillais) et DURAND (sporlman).
C’est moi ! c’est moi !
DURAND (sapeur), d’une voix de gorge.
O Paître, io t’implorol Sul figlio che t’adora Posi la man!
A si posi la man Per hei.edirlo,
O Padre mio ! (Bis, ensemble.)
DURAND (bourgmestre).
C’est déchirant!... Ah ! mes (ils... viens sur mon cœur!... viens, tous les trois, (ils s’embrassent en groupe.)
JAVOTTE, atlendrie
Ah! c’est beau, ce que vous faites là!
DURAND (bourgmestre), les repoussant et d’un ton sévère.
Maintenant, il s’agit de savoir lequel de vous me dira pourquoi il a quitté l’arbre où il devait m’attendre I
DURAND (Marseillais).
L’arbre?
L’arbre ?
DURAND (sporlman).
L’arbre ?
DURAND (sapeur).
JAVOTTE
Ils l’ont oublié !
DURAND (bourgmestre).
C'est vrai, ils étaient si jeunes... Eh bien! dites-moi seulement si vous vous rappelez la vieille grand’mère Forlunée- Perpétue Durand qui vous a élevés ?
JAVOTTE, surprise et allant ao bourgmestre.
Fortunée-Perpétue Durand?... Mais je suis de sa famille, moi.
Dl'RAND (bourgmestre).
Vous?
JAVOTTE
moi !
DURAND (sportman), DURAND (Marseillais), DURAND (sapeur).
Que dit-elle ?
JAVOTTE, donnant une croix au bourgmestre.
El la preuve, voici sa croix I
DURAND (bourgmestre), les bras au ciel.
Ciel ! la croix de ma grund’inère !
JAVOTTE. lui montrant des papiers.
El voilà des papiers qui feront foi.
DURAND (bourgmestre) prend les papiers.
Serait-elle ma nièce!... Oh ! bonheur! (11 essaye de lire.) Mais je lis mal avec mes boites, (au Marseillais.) Lisez-vous sans boites?
DURAND (Marseillais).
Oui... (Lisant.) « Perpélue. Joséphine, André, Pierre, Christophe... » Té! elle esl votre lame.
DURAND (sportman), accent marseillais.
Sa tante ?
DURAND (sapeur), de même.
Sa tante?
Sa tante?
JAVOTTE, do même.
DURAND (bourgmestre), atterré, en marseillais aussi.
Ma tante?
JAVOTTE
Eh bien, va pour la tante!... Seulement, ce que je regrette, c’est de n’avoir pas découvert cela une heure plus tôt; car, maintenant que vous héritez, on pourrait croire que mon contentement vient de votre fortune.
DURAND (bourgmestre).
J’hérite ?
DURAND (Marseillais).
Oui, de José, qui est mort en vous laissant trente-deux millions!
DURAND (bourgmestre), riant.
Tiens, ce pauvre José est in >rl?... Eh bienl il a bien fait ! Alors, mes fils, je t’adopte tous les trois, tu ne me quitteras plus.
DURAND (Marseillais), DURAND (sportman), DURAND (sapeur.)
Jamais! troun de l’air!