SCÈNE VI
JAVOTTE, DURAND (Marseillais).
JAVOTTE, au Marseillais.
Est-il drôle, hein?... Comme il y a des hommes qui sont laids !
DU RAND (Marseillais).
Merci pour eux.
JAVOTTE, ingéaument.
Oh ! je ne dis pa3 ça pour vous, vous êtes très-gentil...
DURAND (Marseillais.)
Ah!...
JAVOTTE, confuse.
Bon ! ça m’a encore échappé !
DURAND (Marseillais).
Je ne me plains pas... je vous en ai d'abord dit tout autant.
JAVOTTE, s’asseyant en face do lu'.
Oh! tout ça, c’est des bêtises qu’on se dit!... nous ne nous connaissons pas.
DURAND (Marseillais).
Té! je ne demande pas mieux que de faire connaissance... De quel côté allez-vous?
JAVOTTE
yu’est-ceque ça vous l’ait? Vous n’y viendriez pas
DURAND (Marseillais).
Bagasse! vous n’avez pa< idée de ma tête chaude... j’en ai suivi de moins jolies que vous!...
JAVOTTE, se reugorgeaul.
11 n’en manque point.
Ohl coquette!
JAVOTTE, rougissant.
- Ça m’a échappé 1
DURAND (Marseillais), lai offrant des cerises qu'il a Urées de son sac.
Voulez-vous des cerises?
JAVOTTE, prenant des cerises-
Je veux bien!... oh! qu’elles sont bonnes!... elles sont sûres!...
Dl'RAND (Marseillais).
Vous aimez le fruit vert, comme toutes les Allés d’Ève !
JAVOTTE
Les Ailes d'Ève?... Je ne les connais pas... c’est pas de mon pays.
DURAND (Marseillais).
Alors, vous ne voulez pas me dire de quel côté vous allez?
JAVOTTE, se levant.
Nenni ! nenni ! vous êtes trop curieux, je ne réponds pas à ces questions-là !... (Écoutant.) Tiens, un linot qui chante.
DURAND (Marseillais), se levant et écoutant aussi.
Oui... et voilà son amoureuse qui s’en mêle... Elle répond, celle-là !
JAVOTTE, riant.
C’est peut-être que...
DURAND (Marseillais).
Ils sont mariés!...
JAVOTTE , riant.
Vous êtes bête!... des oiseaux...
DURAND (Marseillais).
Ça se passe du maire, (iis rient tous deus.) Voyons, soyez gentille... Où allez-vous?
JAVOTTE, passant à droite et se rasseyant.
Vous y revenez... mais ie ne suis pas Aile a conter ainsi mes affaires. C’est pour le coup que madame Maihurin aurait raison de répéter que je suis bavarde!... Ce n’est pas que ce soit une mauvaise femme, madame Maihurin, et certainement je ne l’aurais pas quittée; mais, du moment qu’elle vendait sa maison de Ponioise...
DURAND (Marseillais), qui s’est assis en face d'elle.
Ah!... elle a vendu sa maison de Pontoise?...
JAVOTTE
Oui, au Als de M. Grivois, qui épouse mademoiselle Garand. J’ai vu les toilettes qu’on lui a fait venir de Paris.