SCÈNE III
Ratinois, puis Joséphine, puis Madame Ratinois
Ratinois (seul). — Quel excellent homme ! Il adore Frédéric; il est capable de lui donner douze couverts d'argent. Pauvre garçon ! son mariage ne se fera pas . . . nous avons visé trop haut, c'est dommage. s
Joséphine (entrant). — Il y a là un monsieur et une dame qui demandent monsieur.
Ratinois. — Ont-ils dit leur nom ?
Joséphine. — Monsieur et madame Malingear.
Ratinois (sautant). — Eux? ... Ah ! sapristi ! ah ! ic saprédié! . . . Où est ma femme? ... (A Joséphine.) Attendez. On n'entre pas. (Appelant.) Constance ! Constance !
Madame Ratinois (entrant vivement). — Ah! mon Dieu! qu'y a-t-il? is
Ratinois. — Ils sont là.
Madame Ratinois. — Qui ça?
Ratinois. — Le père et la mère . . . Que faire ?
Madame Ratinois. — Il faut les recevoir ... ils viennent rendre réponse. 20
Ratinois. — Eux-mêmes ! . . . Tu crois ?
Madame Ratinois. — Parbleu ! (A Joséphine.) Faites entrer. Ah ! mon Dieu ! et les housses !
Ratinois. — Oui, les housses ! . . . ôtons les housses ! (A Joséphine.) Attendez ... on n'entre pas ... 25 aidez-nous . . . (Tous trois se mettent à ôter les haïsses.) Quel événement ! quelle jouriv€^^
Madame Ratinois. — Allons, de Taplomb, du courage ! et surtout ne me tutoie pas.
Ratinois. — Pourquoi?
Madame Ratinois. — Pour faire comme eux. (A s Joséphine j qui a jeté les housses dans un cabinet voisin,) Faites entrer. {Joséphine sort.)
Ratinois {à sa femme). — Mets- toi au piano, fais des
roulades . . . (Apercevant une chaise, au fond, garnie
de sa housse.) Ah ! nous en avons oublié ime ! (Il y
10 court vivement. — On entre.)