SCENE XII
Ratinois, Malingear
Ratinois (à part). — Nous voilà seuls ... Ce n'est pas commode à attaquer, cette affaire-là . . .
Malingear (à part). — Comment diable aborder la chose? 25
Ratinois (s^ approchant). — Mon cibe,x Ma&M^'î^^
Ratinois (se levant). — C^est convenu. Moi, je donne Targenterie, et vous deux cent mille . . .
Malingear (se levant). — Comment! . . . C'est vous qui les donnez.
5 Ratinois. — Moi? Par exemple !
Malingear. — Pourquoi moi et pas vous ? . . . Ratinois. — Parce que, dans votre position ... un homme qui a voiture, loge aux Italiens et un chasseur . . .
lo Malingear. — Mais vous avez aussi une voiture, une loge aux Italiens, et un nègre ... ce qui est plus cher.
Ratinois. — Moi, moi ! . . . Ce n'est pas la même chose.
15 Malingear. — Pourquoi? ... A moins que vous n'affichiez un luxe au-dessus de votre position ? . . .
Ratinois. — Du tout ! Elle est superbe, ma position
. . . Elle est magnifique, ma position.
Malingear. — Eh bien, il est de toute justice que
20 nous donnions autant l'un que l'autre . . . Chacun
deux cent mille francs ... (A part.) J'ai vingt-deux
mille livres de rente, il m'en restera douze.
Ratinois (à part). — Saprelotte ! j'ai dix-sept mille livres de rente, il ne m'en restera que sept ! C'est im- 25 possible.
Malingear. — Vous hésitez . . . pour une misérable question d'argent?
Ratinois. — Je n'hésite pas ! Cent mille francs de plus ou de moins . . . qu'est-ce que vous voulez que 30 ça me fasse? J'offre trois cent mille francs. Voilà comme f hésite l
Malingear {étonné). — Hein! . . . trois cents? . . .
Ratinois (d part), — Je vais le pousser jusqu'à ce qu'il recule ... et, alors, je romps . . . (Haut,) Vous reculez? . . .
Malingear. — Du tout, je réfléchis ... {A part,) 5 Trois cent mille francs, c'est impossible ... Il n'y a qu'un moyen; c'est d'élever la dot jusqu'à ce qu'il dise non . . . Alors, tout sera rompu . . . (Hatd.) Je propose quatre cent mille.
Ratinois. — Ce n'est pas assez . . . Cinq cent 10 mille ! . . .
Malingear. — Ce n'est pas assez . . . Six cent mille ! . . .
Ratinois. — Ce n'est pas assez . . .