SCÈNE X
Ratinois, puis Frédéric, puis un Domestique
Ratinois. — Me voilà bien ! Il ne nous trouvera pas chez les Blanchard, ça va faire une histoire ! 20 Frédéric {entrant^ charge de livres avec un stéréoscope),— Voici nos acquisitions.
Ratinois. — Qu'est-ce que tu as acheté? . . . Frédéric. — C'est un album de photographies . . . Maman m'a dit de le placer sur la table, en évidence :^5 . . . on croira que ce sont nos connaissances.
Ratinois. — C'est une bonne idée , . , - {Feuille-
tant Valbum.) Lord Palmerston ! . . . Le comte Gorstchakoff . . . Horace Vernet . . . Léotard . . .
Frédéric {lui montrant une petite boîte) . — Ceci est pour toi.
Ratinois. — Qu'est-ce que c'est? . . . une chaîne? 5
Frédéric. — Pour attacher ta montre.
Ratinois. — Je la crois plus grosse que celle de Malingear. {Il attache sa montre après.) C'est magnifique. Ça fera un effet superbe.
Frédéric. — Elle est en imitation ... il ne faut 10 pas le dire.
Ratinois {indigné). — Du faux! . .\. . {Par réflexion.) Après ça, quand le faux a l'air vrai ... ce n'est plus du faux. {Un grand domestique en livrée entre par le fond avec deux lampes allumées. — ^15 Frédéric.) Qu'est-ce que c'est que celui-là? le connais-tu? . . .
Frédéric. — Non.
Ratinois {au domestique qui pose les lampes sur la cheminée). — Mon ami, d'où sortez- vous? ... 20
Le Domestique. — Je suis le domestique du premier.
Ratinois. — Ah ! très bien. {A Frédéric.) C'est un emprunt ... Il est superbe. {Regardant le domestique qui sort.) Mais moins grand que celui de Malingear. {On entend un bruit de voiture.) 25
Frédéric {courant à la fenêtre) . — Une voiture ! Ce Gont eux.
Ratinois. — Et ma femme qui n'est pas là !.. . {Appelant.) Constance ! Constance ! . . .