‹ La poudre aux yeuxChapitre 12 sur 52 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Malingear, Madame Malingear, Emmeline, Ratinois, Madame Ratinois

{Madame Ratinois est en grande toilette? Monsieur Ratinois porte un habit, une cravate blanche et des gants blancs .) 5 Madame Ratinois. Madame ! . . . Ratinois. Docteur ! . . .

Madame Malingear, à Madame Ratinois. Quelle heureuse surprise ! Etes-vous enfin décidée à prendre l'appartement?

io Ratinois. Non, nous ne venons pas positivement pour ça. . . (A part.) Dieu ! que je suis ému !

Malingear, à Ratinois. Votre indisposition se serait-elle aggravée?

Ratinois. Merci, ça ne va pas mal !

15 Madame Ratinois. Nous venons pour autre chose. , • Monsieur et Madame Malingear, feignant Vètonnement Pour autre chose ? . . .

Emmeline, à part Le père a une cravate blanche ... c'est pour la demande ! . . . ( On s'assied; Emmeline reste 20 debout près du piano.)

Ratinois, très èmu. Nous avons une communication à vous faire . . . une de ces communications . . . (A sa femme.) Parle, toi !

Madame Ratinois. Intime et confidentielle. 25 Emmeline. Maman, mon professeur de dessin est là qui m'attend !

Madame Malingear. Va, mon enfant.

Malingear, à part. Est-elle intelligente ! Emmeline, saluant. Madame ! . . . monsieur ! • • «

Monsieur et Madame Ratinois. Mademoiselle ! {Emmeline sort)

Malingear. Nous voilà seuls !

Madame Ratinois, bas à son mari. Parle ! courage ! . . . Ratinois, bas. C'est inutile ... ils ne voudront pas.1 5 Madame Malingear. Nous vous écoutons. Ratinois, très ému. Monsieur et madame . . .je suis père . . . j'ai un fils unique . . . Frédéric. . . Malingear. Nous le connaissons.

Madame Malingear. Un charmant jeune homme ! ... 10 qui veut bien quelquefois honorer nos salons de sa visite. . .

Ratinois, bas, à sa femme. Nos salons ! . . . .Tu vois, ils ont plusieurs salons ... ils ne voudront jamais !

Madame Ratinois, à son mari. Mais va donc ! . . .

Ratinois. Ce jeune homme, qui est avocat, n'a pu voir 15 votre demoiselle . . . votre honorable demoiselle . . . sans songer à une alliance . . . qui l'honorerait ... en nous honorant . . . s'il pouvait entrer dans votre honorable famille . . . que tout le monde honore.

Madame MkUNGKk-Rfouant rêtonnemenf. Comment ! ... 20

Malingear, de même. Est-il possible ! . . .

Ratinois, bas, à sa femme. Là î . . . tu vois? . . .Allonsnous-en !

Malingear. Monsieur, je vous avoue qu'une pareille demande . . . faite à l'improviste . . nous surprend un peu ! 25

Ratinois, de même. Allons-nous-en !

Malingear. Un mariage est une chose délicate ... et nous vous demandons la permission de nous consulter . . . de réfléchir.

Madame Ratinois. Comment donc ! 2 . . . c'est tout 30 naturel !

Madame Malingear. Dans quelques jours nous vous ferons connaître notre réponse ! (On se lève.)

Ratinois, à part, lis ne refusent pas ! (Haut) Ah ! madame ! ... Ah ! docteur ! ... Ah ! ma femme ! . . . 5 Madame Malingear, àas, à son mari. Eh bien, la poudre aux yeux? . . .

Malingear, de même. C'est admirable ! Je suis converti ! (Très haut, à sa femme Chère bonne 1 , . . priez la femme de chambre de dire au domestique de dire au cocher io d'atteler Brillante et Mirza. . . Je dîne chez la duchesse !

Monsieur et Madame Ratinois, avec admiration. Chez la duchesse ! . . .

Malingear, à part. Vlan ! dans les yeux ! a . • .

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