SCÈNE IL
CORNÉLIUS seul , après avoir fermé à clef la porte de la chambre de Miller.
Là... comme ça je suis parfaitement tranquille... Voyons mon chérubin, mon Donathan n’est pas encore prêt... il s’habille là haut... {Avec mystère. ) Je suis seul?., bon... mettons le verrou... {Il Jerme au verrou la porte du fond.) Personne ne peut venir me surprendre?... Bien!., je puis donc consacrer quelques instants à ma grande entreprise!. [Cornélius ouvre mystérieusement la porte du petit cabinet au premier plan à gauche et il en fait sortir une poupée de grandeur naturelle. Elle est vêtue d'un élégant costume de jemme et recouverte d'un long voile. Cette poupée est assise dans un grand fauteuil à roulettes.) Voilà mon cnef-a’œuvre 1... la huitième merveille... une poupée miraculeuse!.. Que dis-je, une poupée?., une statue de cire ., une créature vivante !.. Quand je dis vivante... il lui manque bien encore l’existence... mais, nouveau Prométhée... je lui donnerai le mouvement... la parole... Bagatelle!.. ( Désignant un livre qui est sur la table à droite.) Grâce à ce livre... « Trésor de la magie... » j’espère que bientôt !.. ( S’asseyant à la table et ouvrant le livre.) Oui... voyons, page 117... (Lisant. ) « Par un <s temps sombre, dans une nuit d’hiver... quand la grêle, poussée « par le vent d’occident, frappera les vitraux... en prononçant « ces trois mots cabalistiques... » Oui... mais, malheureusement, voilà un grand mois que le ciel est toujours étoilé... {Revenant en scène après avoir été jusqu’à la fenêtre.) Oh!., quelque chose me dit là que je n’attendrai pas longtemps... je l’ai remarqué : il finit toujours par pleuvoir... et alors... ( S'adressant à la poupée.) Alors, ravissante poupée... tu t’animeras... tu marcheras... tu parleras... pas trop!.. Et j’aurai créé pour mon fils Donathan une épouse pétrie de grâces, de candeur et de vertus!