‹ La poussée évolutive dans les Adénopathies Tuberculeuses: Influence des injections de sulfates de terres cériquesChapitre 15 sur 60 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Adénites cervicales guéries par les Pélospanines. — Apparition d'abcès thoraciques. — Poussées aiguës au cours du traitement, — Guérison locale. — Apparition ultérieure de nouveaux abcès. Mlle Eugénie J..., 63 ans. — Cette malade, déjà traitée en mars

1921, pour adénites bacillaires, cervicales et sus-sternales avec fistules, a reçu, à ce moment, une première série d’injections de Pélospanines : l’adénite au cou aurait été améliorée et la fistule presque tarie.

En juillet (après un séjour à la campagne), l'adénite cervicale paraît à peu près guérie, il ne persiste qu'une induration légère et un léger suintement. Cependant, il se développe alors, au niveau de la région pectorale droite un abcès avec fluctuation profonde.

En juillet 1921, la malade reçoit une seconde série d’injections intraveineuses.

Au 9 mars 1922, la malade présente, au niveau de la région pectorale droite, un abcès de la grosseur d’un œuf de poule, dur non adhérent aux plans profonds, avec peau intacte. En un point très limité de la collection (partie externe), il y a fluctuation et la ponction ramène deux à trois centimètres cubes de pus typique d’abcès froid.

Il existe, en outre, une vaste collection de la grosseur d'une pomme calville occupant toute la fosse sous-épineuse droite, dure dans les parties supérieure et interne, fluctuante dans la partie externe.

Après la ponction, cette masse apparaît comme formée d’une périphérie dure, de consistance presque cartilagineuse, entourant 7 à 8 centimètres cubes d’un liquide purulent qui tendait à se faire jour à l'extérieur.

Au-dessus et en dehors de celte masse principale, existe une autre petite masse complètement isolée et encore dure.

La malade reçoit, du 9 mars au 28 mars, une troisième série d’injections intraveineuses, avec, comme traitement local, deux ponctions suivies de lavages au liquide de Calot.

Au début de la série (9 au 16 mars), on constate une réaction très nette au niveau de l’abcès postérieur : dans toute la masse, la fluctuation apparaît très nelte sans qu'il y ait eu aucun traitement local, le ramollissement est rapide et l’abcès supérieur et externe semble devoir se fistuliser à bref délai, la ponction ramène 8 à 10 cc,

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de pus crémeux ; la masse inférieure, devenue, elle aussi, nettement fluctuante est ponctionnée le 16 mars, on enlève 20 c.c. de pus et le 28 mars on en retire de nouveau 35 c.c.; cet abcès postérieur est à peu près complètement vidé. II ne persiste que quelques petites masses isolées.

Devant l'importance de la réaction locale (l'état général devenant assez précaire), on décide de renoncer aux injections intraveineuses fout en continuant le traitement avec des injections intramusculaires (non faites d’ailleurs).

La malade, hospitalisée en médecine n'est revue que Île 8 mai. Elle n’a, dans l'intervalle, reçu aucun traitement spécial.

Au 8 mai, l’abcès postérieur qui s'était fistulisé et qui, depuis la mi-avril n’avait cessé de couler, a disparu complètement sauf une légère cicatrice adhérente au niveau des fistules ; l’abcès antérieur qui s’est fistulisé également est réduit à une masse de la grosseur d’une noix présentant un petit point de fistule.

Une quatrième série de Pélospanines faite au mois de juin, est bien tolérée : les fistules se ferment.

En septembre, les abcès thoraciques sont totalement guéris. Il y a eu cependant apparition d’un nouvel abcès profond au niveau de là fosse iliaque externe (côté droit).

On essaie encore je traitement par les sulfates de terres cériques, mais les veines indurées ne permettent plus d'injections intraveineuses (on ne peut dépasser 6 piqûres) et la malade ne pouvant supporter les Pélospanines intramusculaires, on doit renoncer au traitement chimiothérapique et se contenter d’un traitement purement local (ponction et lavages au liquide de Calot)}, qui donne peu de résultats.

En décembre 22, l'abcès est encore profond, il n'a aucune tendance à la fistulisation.

La malade, revue un an après, présente un état général toujours précaire, elle garde le it et a de nouveaux abcès (fesse gauche, spina ventosa), mais alors que l’abcès ancien de la fesse droite persiste, ceux du thorax, ainsi que les adénites du cou sont cicatrisés complètement.

L'impotence de la malade ne lui permettant plus de venir à la consultation, il ne peut être procédé à un nouvel essai de traitement par les injections.

La malade présentait également, des lésions bacillaires anciennes du poumon et de la peau (nodules lupiques disséminés). Ces lésions n'ont été, à aucun moment, influencées par le traitement.

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