OBSERVATION XV
Polyadénopathie. — Poussée surtout importante au niveau des ganglions axillaires. — Le traitement a peu d'influence. Mme R..., 32 ans. — Cette malade vient consulter le 12 mai 1922.
Elle souffre depuis longtemps d’adénites cervicales (cicatrices d’abcès froids à gauche, sous et pré-auriculaires), spina ventosa en 1921. Elle se plaint d'une adénite sous-hyoïdienne latérale gauche qui, grossissant depuis 2 mois, présente, à ce moment, le volume d'une petite mandarine, cette adénopathie est douloureuse avec irradiations dans l'oreille, assez dure et n'adhère pas à la peau.
L'examen méthodique révèle de nombreux ganglions un peu partout, entre autres deux ganglions durs, de la grosseur d’une noix et d’une noisette, en arrière du sterno-cléido-mastoïdien droit ; une adénopathie axillaire droite, du volume d’une noix, remarquée par le malade depuis deux mois, non ramollie, mais avec grosse périadénite faisant adhérer la masse ganglionnaire à la peau ; un ganglion inguino-crural droit, de la grosseur d’une noix, non ramolli mais adhérant à la peau.
Il s’agit d’une malade excessivement nerveuse, présentant également une fragilité veineuse considérable : les veines, très belles en apparence, se rompent facilement lors des injections. Aménorrhée, liée, semble-t-il à une petite ovarite droite (probablement tuberculeuse) l’utérus lui-même étant petit, infantile.
On commence, le 12 mai, les injections intraveineuses de Pélospanines. Dès les premières piqüres, la malade se plaint d’une réaction générale assez notable (fatigue, asthénie, douleurs articulaires), localement, il n’y a que peu de modifications.
Au 17 mai, on note que les ganglions du cou s'isolent mieux : moins adhérents, moins douloureux, ils sont plus identifiables : la masse sus-hyoïdienne s'est résolue en deux ganglions.
L'adénite axillaire, à cette date, ne semble pas modifiée. L'adénite ‘crurale a un peu grossi, mais, dès lors, ne se modifiera plus.
Au 19 mai (après 6 piqûres) grosse douleur locale, au niveau du ganglion axillaire : la peau est rouge, mais le ganglion paraît encore dur.
Au 27 mai (après 13 piqûres) le ganglion axillaire se ramollit : il devient fluctuant et une ponction ramène 5 cm° de pus froid.
La série est terminée le 3 juin.
Le 6 juin, la malade revient, éplorée : en trois jours l'adénite axillaire a grossi, la fluctuation est considérable et il y a tendance à la fistulisation ; l’adénite sous-maxillaire a également grossi, la peau est rouge, un point superficiel semble se ramollir.
Le 7 juin, malgré une ponction, l'adénite axillaire se fistulise.
Le 15 juin, on constate que, non seulement existe un trajet fistuleux s'étendant très loin, mais qu’un nouveau ganglion se met