OBSERVATION XIX
Adénites cervicales. — Poussée immédiate importante. — Fistule que le traitement améliore.
M. Antoine J..!, 32 ans. — Vient consulter le 23 mai 1922 pour une masse ganglionnaire sous-angulo-maxillaire gauche, dont le développement est surtout rapide depuis un mois et demi.
A cette date, le volume est celui d'une mandarine, mais la masse est encore dure.
Il existe également à gauche, mais plus bas, en arrière du muscle sterno-cléido-mastoïdien, une autre masse considérable formée par plusieurs ganglions réunis par de la périadénite.
Le 23 et le 24 mai, il reçoit deux piqûres intraveineuses (2 c.c. et 3 c.c.) de Pélospanines,
On constate, dès le 25 mai, une grosse réaction au niveau de la masse supérieure ; l’empâtement périganglionnaire s’accentue et, en un des points, on constate nettement du ramollissement.
On continue le traitement par injections intraveineuses et le 26 mai, la masse apparaît tellement importante qu'on doit l’évacuer avec l'appareil de Potain : on ne retire, d'ailleurs, que 10 e.c. de pus gris verdâtre.
Le centre de la masse s'est vidé laissant à la périphérie plusieurs lobes durs dont un surtout important en arrière et en haut.
Le 29 mai, le pus s'est reproduit rapidement et il existe une poche avec tension considérable : le malade, disant n'avoir pas le temps de se laisser ponctionner, on retire, à la seringue, 5 em° de pus bien lié, rougeâtre déjà.
Le 30 mai, a lieu une ponction au Potain ramenant 20 cm° du même pus rougeâtre ; on lave au liquide de Calot.
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Le 3 juin, nouvelle ponction évacuant encore 20 em° de pus rougeâtre, nouveau lavage au Calot. La masse supérieure est seule importante dans ce qui persiste.
Après 11 piqûres, le malade doit cesser de venir, en raison d'un accident qui, d’ailleurs, occasionne l'ouverture et la fistulisation de l’adénite.
On reprend le traitement le 14 juin, avec prudence.
Le 17 juin, la fistule se ferme, le pus se reformant rapidement et sous tension, on doit évacuer, à la seringue, le 17 juin, 15 cm* de pus, le 19 juin 15 cm° également. Le 22 juin, le malade, en se rasant, écrase la poche qui s'ouvre encore une fois.
Il n’a pas été revu depuis. Pendant tout ce temps, l’adénite rétrosterno-cléido-mastoïdienne est restée grosse et empâtée.
Il serait apparu à la suite du traumatisme (?) une adénite susclaviculaire droite, de la grosseur d’une noix et très douloureuse.