‹ La pratique de l'art des accouchementsChapitre 420 sur 492 · SOINS A DONNER AU NOUVEAU-NÉ · texte numérisé non relu

SOINS A DONNER AU NOUVEAU-NÉ

Soins immédiats. — Dès que le nouveau-né est hors des voies génitales, on l'inspecte soigneusement pour rechercher s'il ne présente pas quelque malformation. Il en est, en effet, qui passent parfois inaperçues si l'on se borne à un examen superficiel, par exemple une division du voile du palais qu'on aurait cependant pu reconnaître par la simple introduction du doigt dans la bouche de l'enfant. Puis, après avoir attendu que le cordon ait cessé de battre, on en pratique la ligature ou le broiement, puis la section (voy. ligature, cordon). Pendant ce temps, le mieux est de procéder à la toilette des yeux. Le cordon étant coupé, lié ou broyé, comme il a été dit ailleurs, l'enfant est porté sur une table pourvue d'un oreiller ou sur une crèche, et on le nettoie minutieusement en frottant le corps avec de la vaseline, de l'eau savonneuse ou un mélange à parties égales d'eau, de glycérine et d'alcool (P. Bar). Le nouveau-né est ensuite rapidement essuyé, poudré avec du talc, puis pesé.

Soins à donner à l'ombilic du nouveau-né. — Dessiccation et chute du moignon funiculaire. — Le cordon se flétrit, se dessèche, puis se momifie. La momification progresse de la surface de section vers l'ombilic. Dans les deux heures qui suivent la naissance, un cercle rouge se forme à l'union de l'amnios avec la peau (Kockel), au niveau duquel la gaine amniotique se coupe au bout de quarante-huit heures (Stulz). En même temps, les vaisseaux ombilicaux se rétractent ; cette rétraction est plus forte du côté des artères : il en résulte une bascule en avant et en bas du disque ombilical, dont la moitié inférieure s'enfonce sous le bourrelet cutané.

Bidone a vu, douze heures après la naissance, de nombreux petits vaisseaux se détacher du cercle rouge déjà décrit, et se jeter sur les 2 ou 3 premiers millimètres du cordon ; mais, au bout de seize heures, ils seront interrompus à leur extrémité par un sillon qui, gagnant en profondeur, atteint finalement les vaisseaux ombilicaux. Ceux-ci s'oblitèrent et se rétractent. En même temps a lieu, à la base du cordon, une infiltration leucocytaire qui s'accentuera jusqu'au moment de la chute du cordon (Kockel, Bidone). Cette infiltration est surtout prononcée autour des vaisseaux qui se sectionnent plus tardivement que la gaine amniotique, et sur un point plus rapproché de l'abdomen, créant ainsi une sorte d'infundibulum au centre de la plaie ombilicale. La dépression ainsi constituée ne tarde pas à être comblée par le tissu conjonctif néoformé. Le tout est finalement nivelé et recouvert par le nouvel épithélium.

Le cordon se détache, habituellement, du sixième au dixième jour ; la cicatrisation complète de la plaie ombilicale n'est effectuée qu'au bout de quinze jours, et parfois davantage.

Pansement ombilical. — Ce pansement doit être sec et aseptique. On ne laisse après la ligature qu'un très petit moignon de cordon ; quand on a eu recours au broiement de la tige funiculaire avec la pince de Bar, etc., ce moignon se réduit à presque rien (voy. t. I, Ligature du cordon ombilical).

On retire la pince le deuxième jour et on sectionne le fragment de cordon, généralement réduit à l'épaisseur d'une feuille de papier, qui dépasse la pince. On peut se contenter d'appliquer sur l'ombilic une compresse de gaze stérile. On peut toucher le fragment resté ahdérent avec un peu d'alcool, ou avec de la teinture d'iode faible, préparée au moment même. La cicatrisation peut être complète dès le cinquième ou sixième jour.

On ne doit pas baigner l'enfant tant que le cordon n'est pas tombé : la dessiccation est ainsi plus rapide et les risques d'infection moindres.

Le cordon doit se détacher spontanément. Dès qu'il est séparé de l'ombilic, on touche très légèrement à la teinture d'iode, faible et préparée au moment même, la petite plaie qui en résulte, et on y applique à nouveau un peu d'ouate hydrophile ou de la gaze stérilisée jusqu'à ce que la cicatrisation soit parfaite.

Habillement de l'enfant. — Le nourrisson peut être habillé en maillot, ou à l'anglaise. Le maillot est préférable pendant les premières semaines, surtout durant la saison froide ; en dehors de ces conditions, l'habillement à l'anglaise a le grand avantage de laisser à l'enfant la liberté de ses mouvements.

Coucher et sommeil de l'enfant. — L'enfant sera couché, sur le côté, dans un berceau pourvu de deux matelas, l'inférieur en crin ou en varech, le supérieur, dit paillot, ordinairement en paille ou en balle d'avoine. Ce dernier est protégé par une toile imperméable en caoutchouc, ou par un feutre absorbant. Dans le berceau, on place, suivant la saison et l'âge de l'enfant, une ou plusieurs boules d'eau chaude. La chambre où se trouve le berceau doit être aérée et maintenue à une température convenable. En dehors des heures de repas, l'enfant doit être laissé dans son berceau.

Change de l'enfant ; bains. — L'idéal est de changer la couche de l'enfant toutes les fois qu'elle est souillée par l'urine ou les matières fécales ; on en profite pour laver avec de l'eau bouillie et du coton hydrophile les régions salies que l'on essuie sans les frotter, mais en les épongeant doucement, pour les saupoudrer ensuite avec une poudre inerte. En pratique, ce change peut être fait quatre ou cinq fois dans les vingt-quatre heures.

Chaque matin, l'enfant est déshabillé complètement lors de sa pesée ; on lave alors toutes les parties du corps à l'eau tiède et au savon, et on les frictionne avec un peu d'alcool aromatisé. Après la chute du cordon, l'enfant prend chaque jour ou tous les deux jours un bain tiède de deux à trois minutes.

Sortie de l'enfant. — On fait faire à l'enfant sa première sortie au bout

Page 1