‹ La pratique de l'homoeopathie simplifiéeChapitre 120 sur 139 · PARASITES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

PARASITES VÉGÉTAUX

tité suffisante de la pommade parasiticide faible (axonge 100 grammes, turbith minéral 2 grammes). Ce n'est qu'en cas d'inefficacité de cette pommade, ou dans les cas les plus graves que Ton emploie la pommade parasiticide forte (axonge 100 grammes, sublimé corrosif 2 grammes).

Les lotions paràsiticides se font 12 ou 24 heures après les onctions et aux mêmes endroits, en frottant aussi rudement que possible. On emploie d'abord la lotion faible (eau 100 grammes, souscarbonate de potasse 20 grammes) ; et, s'il en est besoin, la lotion forte (eau 500 grammes, sublimé corrosif 1 gramme).

Toutes ces opérations se répètent et se succèdent jusqu'à complète destruction des parasites. Il suffit quelquefois d'une seule épilation complétée par les onctions et les lotions, pour voir repousser les cheveux et les poils délivrés désormais de tout parasite.

Chez les enfants, l'on a presque toujours à traiter simultanément quelque affection scrofuleuse. Dans tous les cas, une extrême propreté est une condition indispensable de la guêrison ; l'on doit aussi faire observer un régime sain, végétal, lacté, d'où sont exclus les farineux.

19 e CLASSE.

Les affections cutanées sont des lésions de la peau constituées par des éléments éruptifs confondus sous le nom vulgaire de boutons, et divisés en sept genres : 1° vésicules, 2° bulles, 3<> pustules, 4° papules ,5° tubercules , 6<> squammes, 7° taches, qui seront les sujets d'autant de paragraphes.

Toutes ces affections cutanées sont ordinairement des manifestations de la dartre (herpétides), de la scrofule (scrofulides), de la syphilis (syphilides), de la goutte (arthritides), et même des hémorrhoïdes. Chaque élément présente dans son éruption, dans sa forme, dans sa couleur et dans son évolution certains caractères particuliers à chacune de ces maladies, et, d'autre part, différents des exanthèmes en ce que ceux-ci ne sont qu'une lésion d'une maladie fébrile, comme les pustules de la variole, tandis que les éruptions dont il s'agit ici forment l'élément principal de l'affection et que la fièvre n'existe pas, ou n'est qu'une exception rare.

Certaines causes externes, telles que le frotte-

ment, des poussières irritantes, déterminent aussi des éruptions, mais des éruptions éphémères, qui cèdent aux soins de propreté, à moins qu'elles ne soient entretenues par la prédisposition à Tune des maladies désignées plus haut.

Les affections cutanées sont rarement distinctes les unes des autres, avec netteté ; leurs éléments éruptifs se succèdent, se transforment et se confondent et il s'y joint d'autres lésions, par exemple, les écorchures que les malades se font en se grattant. En outre, un élément éruptif peut être envahi par des parasites et se combiner avec une affection parasitaire, ce qui doit rendre le médecin attentif, parce qu'en pareil cas, il est né* cessaire d'adjoindre au traitement ordinaire celui des affections parasitaires. Du reste les difficultés du diagnostic sont déjà exprimées dans les noms composés d'une foule d'affections cutanées, telles que l'eczéma impétigineux, l'herpès phlycténoïde, l'ecthyma des enfants, l'ecthyma de la gale, l'acné mulloscoïde , l'impétigo érysipôlatodes, le psoriasis scarlatineux. Aussi toutes les affections cutanées étaient autrefois confondues sous le nom de dartre que l'on distinguait en dartre sèche, dartre humide, dartre vive, dartre rongeante.

Élément éruptif des affections cutanées, consistant en petites vésicules remplies de sérosité, qui ordinairement se succèdent pendant plus ou moin»

longtemps, pour se dessécher, tomber en desquammation furfuracée ou en croûtes, et se renouveler. L'eczéma et l'herpès sont les affections cutanées vésiculeuses.

Eoxéma. — Caractérisé à sa période d'état par des vésicules acuminées, agglomérées par plaques. Leur dessication est suivie de desquammation; mais l'éruption se continue et il existe en même temps des vésicules et des exfoliations épi* dermiques, souvent avec quelques croûtes et des plaques de rougeurs dues aux frottements. L'eczéma peut exister pendant de longues années ; il ne laisse pas de cicatrices. C'est la dartre humide des anciens et la plus commune des affections de là peau. Il présente plusieurs variétés.

Eczéfiui simpleœ. — Ses périodes d'éruption, de dessication et dedesquammation se succèdent sans se renouveler, et l'affection se termine en 2 ou 3 semaines , mais pour se reproduire ordinairement Tannée suivante.

Eczéma rubrum. — L'éruption s'accompagne de plaques de rougeurs et quelquefois d'un mouvement fébrile éphémère. La dessication présente des croûtes et des excoriations. Cette variété d'eczéma est de longue durée par le renouvellement constant de l'éruption. Elle est quelquefois suivie du pityriasis, surtout à la tête chez les enfants.

Eczéma impétigineux. ~ Les vésicules se succè-

dent et s'associent à des pustules de l'impétigo qui s'établit à sa suite.

Eczéma fendillé* — L'éruption se complique de fissures à la peau, dans le pli des membres, et il s'y forme des croûtes dont la succession est interminable.

Eczéma par cause externe, ou gale des épiciers* — L'éruption est déterminée par l'action de poudres irritantes, et ne persiste que par la malpropreté; il siège principalement aux doigts.

Ces diverses variétés d'eczéma peuvent présenter certains caractères qui les rattachent à plusieurs maladies.

Eczéma scrofuleux. — Il a les vésicules les plus grosses, des excoriations plus larges, un suintement plus abondant. Il affecte les enfants, même en bas âge, et s'accompagne d'un prurit violent, de l'engorgement des ganglions voisins et de diverses lésions, telles que boutons, furoncles, écorchures, résultat de l'acharnement avec lequel les petits malades se grattent. Il siège ordinairement à la figure d'où il peut s'étendre à tout le corps ; mêlées d'abord à des pustules, les vésicules disparaissent et ne laissent plus que des pustules, qui transforment cet eczéma en impétigo. Bazin lui a donné le nom de scrofulide bénigne exsuâative. Dans la pratique, l'eczéma scrofuleux est désigné souvent des noms de porrigo, de gourmes, de croûtes de lait, de teigne muqueuse. Enfin, confondu avec l'un-

péUgo y l'eczéma se transforme souvent en affection parasitaire dans les diverses teignes ou impétigo parasitaires.

Eczéma goutteux* — Il présente des vésicules petites, sèches, et quelques picottements au lieu de prurit. Il siège surtout autour des yeux et des ouvertures naturelles (eczéma orbicularis), aux lèvres (eczéma labialis), aux pieds et aux mains (eczéma palmaris). Il détermine souvent un prurit violent à l'anus, des fissures, des croûtes, et se combine quelquefois avec le lichen; plus souvent il s'accompagne de plaques rouges où Ton distingue de petites veines variqueuses.

Eczéma dartreux. — Il présente les vésicules les plus petites, souvent imperceptibles, détermine un prurit insupportable avec une sécrétion de sérosité claire, et s'accompagne de plaques d'un rouge vif. Lorsqu'il affecte la forme circulaire on lui donne le nom de dartre annulaire. Il est quelquefois très-suintant (Jierpétide humide), d'autres fois très-sec (herpélide sec). Ses taches rouges tendent parfois à se généraliser (eczéma rubrum généralisé), et à se perpétuer (eczéma chronique ou impétigo erysipélatodes).

Les eczéma scrofuleux, dartreux et goutteux subissent des métastases fréquentes et alternent avec d'autres affections de ces maladies : ainsi l'eczéma du scrotum avec des attaques d'asthme, l'eczéma rubrum généralisé avec une hydropisie.

Traitement. — Pour l'eczéma en général et surtoul l'eczéma simplex : Mercur-s et Rhus. — Eczéma rubrum : Hepar-s, Bellad. — Eczéma impétigineux : Sulfur, Rhus, Sepia. — Eczéma fendillé : Rhus, Nitri-ac, Lycopod. — Pour la scrofulide bénigne exsudative : Bellad. et Merc-s, Cantharis et Staphys. — Eczéma goutteux en général : Rhus, Galcar-c, Sulfur.; et en particulier pour l'eczéma palmaris : Nitri-ac t Aurum ; pour l'eczéma labialis, anal., etc.: Sepia, Rhus, Mercur-cor. — Eczéma dartreux : Sulfur, Arsenic; et pour la dartre annulaire : Sepia, Graph. ; pour la dartre sèche : Natrum-mur, Carbo-v; pour la dartre humide : Rhus, Graphit. — Eczéma rubrum généralisé : Mercur-s, Canthar*, Calcar-c. — Pour l'eczéma par cause externe : suppression de la cause irritante, soins de propreté, lotions d'eau avec l'arnica (On a aussi employé dans les diverses variétés d'eczéma : Kali-carbonicum, Sélénium, Clematis-vit. , Petroleu m) .

Herpès. — L'éruption des vésicules a lieu par groupes successifs qui prolongent souvent beaucoup la durée de cette affection; chaque groupe parcourt rapidement son évolution et la dessication se fait en peu de jours dans la plupart des cas. On distingue Y herpès labialis et vulvaris, qui siège sur les lèvres ; Yherpès proputialis, qui siège sur le prépuce; Yherpès phlycténoîdes dont les vésicules plus grosses sont plus espacées; Yherpès circinatus, dont les vésicules sont disposées en anneaux ; Yherpès iris, qui offre des taches avec des

Alexis Espanet. 1"

nuances diverses de rouge, et qui avec l'herpès circinatus est souvent mêlé à des parasites; il peut alors constituer un premier degré de teigne dont révolution ne se fait pas complètement parce que l'affection occupe des endroits privés ou presque privés de poils. Uhydroa est une espèce d'herpès phlycténoïdes, ses vésicules sont plus rares, plus espacées et plus grosses; il présente les deux variétés : hydroa vésiculeux et hydroa huileux; il siège également sur la peau et sur les muqueuses apparentes, et fait son évolution en 10 ou 12 jours.

Traitement. — Natrum-mur. et Rhus pour l'herpès cutané. — Rhus et Ârsen., pour l'herpès muqueux. — Alerc-sol et Causticum répondent ensuite à l'herpès labialis, surtout quand il survient après certaines fièvres; —Mercur-s. et Nitri-ac à l'herpès praeputialis et vulvaris . — Rhus, Graphit, Cantharis, s'adaptent mieux à l'herpès phlycténoïdes et à Thydroa (On a aussi conseillé Clematis-erecta, Croton-tiglium et Benzois-acidum).

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