‹ La pratique de l'homoeopathie simplifiéeChapitre 23 sur 139 · DARTRE · texte numérisé non relu

DARTRE

Caractérisée par des affections cutanées et des affections internes en rapport d'alternance, et par une marche lente à longues périodes. Cette maladie présente quatre formes : la forme bénigne, dont les affections cutanées sont légères et disparaissent pour faire place à de longs intervalles de santé; la forme larvée, qui n'offre pas d'affections cutanées, mais dans laquelle on observe des affections internes qui les remplacent; la forme anomale, dont les affections cutanées ont moins d'importance que les affections internes ; et la forme commune, type de la maladie, et qui se divise en trois périodes.

Première période : Affections cutanées légères, existant avec des affections internes bornées aux muqueuses, ou alternant avec elles, les unes et les autres ayant une marche aiguô ou subaiguê.

Seconde période : Affections cutanées chroniques et plus variées, affections internes s'étendant aux viscères et aux nerfs, et s'accompagnant de granulations sur les muqueuses.

Troisième période : Affections cutanées et internes chroniques, devenant simultanées et fixes et se

généralisant, avec dégénérescences des lésions et cachexie dartreuse finale.

Traitement. — La prédisposition héréditaire, avant toute manifestation dartreuse, doit être l'objet de soins particuliers. Il sera question dans le chapitre prophylaxie du traitement préservatif. Des soins particuliers doivent aussi être mis en œuvre quand la maladie est déclarée et dans les intervalles de santé apparente qu'elle présente. Le régime consiste en une température modérée, en aliments mixtes composés de laitage, de farineux, de légumes herbacés, de viandes blanches ou d'animaux jeunes, à l'exclusion du vin et des substances excitantes, du moins habituellement ou en proportions notables. Pour les médicaments, nous renvoyons aux diverses affections dont il est question dans cet ouvrage.

maladie hémorrhoidale.

On lui donne aussi le nom d' hémorrhoïdes, affection à l'anus caractérisée par des bourrelets, des gonflements variqueux, des tumeurs hémorrhoïdales. '

La maladie bémorrhoïdale est caractérisée par les hémorrhoïdes et par des affections internes. Elle présente quatre formes : la forme bénigne, dans laquelle tout se borne aux hémorrhoïdes , tantôt simples et fluentes, tantôt sèches ou non fluentes, tantôt muqueuses, c'est-à-dire, avec éva-

MALADIE HÉMORRHOIDÀLE 4$

cuation de mucosités ; la forme anomale, dans laquelle l'affection à l'anus est légère, mais avec prédominance des affections internes; la forme larvée, dans laquelle l'affection à l'anus n'existe pas et est remplacée par des affections internes ; la forme commune qui offre la réunion des manifestations régulières de la maladie, en trois périodes.

Première période: Les hémorrhoïdes se montrent, avec une certaine périodicité, par attaques plus ou moins violentes ; les tumeurs hémorrhoïdales sont précédées de malaises et de coliques sourdes plus ou moins douloureuses, elles se tuméfient et sont le siège de douleurs souvent très-vives, puis survient un flux de sang ordinairement répété à chaque selle, et l'attaque prend fin après un ou plusieurs jours de durée* Dans les intervalles, les tumeurs hémorrhoïdales persistent plus ou moins affaissées, sous les noms de bourrelets et de marisques, et finissent par acquérir un certain volume habituel. Les affections internes sont encore peu prononcées et non continuelles ; elles consistent en chaleurs et ténesmes à l'anus, au col de la vessie, en coliques sourdes, en selles incomplètes et répétées ou irrégulières, en céphalalgie occipitale, en vertiges, en accès d'hypochondrie.

Deuxième période : Les attaques deviennent plus fréquentes, les hémorrhoïdes iluent habituellement et sont moins douloureuses ; les tumeurs se corn-

pliquent de petits abcès, de rhagades, de dégénérescences, de rétrécissements, de flux blennor* rhéiques, d'inflammation chronique; les affections internes se prononçant davantage , Ton observe : çles congestions répétées ou chroniques sur le cerveau, le foie, les reins; des phlegmasies des muqueuses et des viscères; des engorgements du foie et de la prostate; des hémorrhagies diverses; des névroses ; des névralgies ; ces affections reviennent d'abord par intervalles en alternant avec les hémorrhoïdes, puis elles s'établissent pour ne plus disparaître.

Troisième période : La permanence de ces affections détermine l'insomnie, la dyspepsie, la faiblesse, l'amaigrissement, la consomption et une cachexie remarquable par l'anémie progressive au milieu de pertes de sang presque continuelles '•

Traitement. — Nux vomica et Sulfur sont les deux médicaments principaux des souffrances hémorrholdales et désaffections internes en général. En outre : Apis-mel répond aux douleurs brûlantes, intolérables; — Arsen., aux douleurs brûlantes et à la dégénérescence des tumeurs; — Carbo-veget. aux douleurs persistantes ainsi qu'à la torpeur des hémorrhoïdes tuméfiées ; — Calcar-carb, aux flux de mucosités simples ou mêlées de sang, aux vertiges, à la céphalalgie ; — Lachesit, aux souffrances opiniâtres et aux affections internes congestives

(1) Voyez FTèdaxût y DesHémorr?ioide8. Paris, 1866.

ou hémorrhagiques ; — - Cantharis, auténesme de la vessie; — Graphites zut. congestions sur le foie; — Merc-sol. et Puisât, sont indiqués par l'inflammation des tumeurs avec flux muco-sanguinolent; — Seca$e-cor 9 et Graphites par les coliques et le flux, de sang faible, difficile, douloureux ; — Arsen. et Nux-vom. par les douleurs lancinantes, et aussi par les coliques sourdes; — Secal-cor. et Garbo-veg. par le flux de sang abondant et indolore. (On a conseillé Podophyîlum peltalum contre les hémorrhoïdes avec chute de rectum.)

Le régime convenable aux hémorrhoïdaires consiste dans la vie active, les voyages, l'exercice en plein air, une alimentation végétale plus qu'animale, la frugalité, la sobriété,

Caractérisée par l'affection des petites articulations et surtout par celle du gros orteil, par des attaques de douleurs et de fluxions sur ces articulations (arthrites goutteuses)^ par des mrtastases faciles, c'est-à-dire par le transport facile de ces douleurs et de ces fluxions sur d'autres organes que ceux où elles siègent et qu'elles abandonnent rapidement, enfin par une marche lente.

La goutte est quelquefois irrégulière, sans arthrites, ni fluxions externes, mais avec des douleurs vagues, et des congestions ou fluxions internes, c'est sa forme anomale ; d'autres fois les affections et les fluxions internes existent seules,

c'est sa forme larvée; dans d'autres cas les métastases ou déplacements de fluxions se font sur des organes importants ou avec un appareil de symptômes graves, c'est sa forme maligne ; souvent la goutte est chronique dès le début et les fluxions internes ou externes sont moins aiguës, moins douloureuses, c'est la forme chronique ; souvent encore, la goutte est également chronique, mais il se forme sur les surfaces articulaires des tophus, des concrétions, c'est-à-dire, des dépôts de sels calcaires, qui en altèrent les contours et les mouvements, c'est sa forme noueuse. Dans un grand nombre de cas les fluxions sont légères, peu durables et rares, c'est sa forme bénigne; enfin, quand la goutte affecte les petites articulations par attaques périodiques et en suivant une marche lente et régulière, elle revêt sa forme commune dont révolution comprend trois périodes.

Première période : Les attaques commencent par le gros orteil, se composent de plusieurs accès de fluxion avec douleur et se terminent en quatre ou cinq jours. Il se produit ensuite des fluxions sur les autres articulations, souvent sur plusieurs à la fois. Ces attaques sont accompagnées de sueurs, d'urines sédimenteuses, de divers symptômes fébriles, gastriques et nerveux.

Deuxième période : Les attaques se rapprochent et deviennent moins aiguës ; les arthrites s'éternisent; les dépôts tophacés déforment les articulations ; les affections internes, telles quephlegma*

sies muqueuses et viscérales, névralgies, gravelle, s'établissent ; et diverses affections cutanées se produisent.

Troisième période : La, nutrition s'altère, le malade s'affaiblit, et il finit par succomber à quelque inflammation métastatique, à quelque lésion viscérale ou au progrès de la cachexie.

Traitement. — Durant les attaques, contre la fluxion au gros orteil et les autres arthrites : Arnica et Sabina ; — Si la rougeur est unie, avec teinte rose, luisante, et aggravation de la douleur par le mouvement : Bryonia; — Dans l'état subaigu avec grande sensibilité de l'articulation au moindre contact : China, d'abord seul, puis alterné avec Sulfur; — S'il y a frilosité, défaut d'appétit, selles faciles, ou grande facilité des fluxions à se déplacer : Puisât ; — S'il y a constipation, frissons et mouvement fébrile, symptômes gastriques : Nuqcvom ; — ■ S'il y a sueurs faciles, douleurs multiples : Rhus et Tart. émet.

Dans l'intervalle des attaques, on donne Bellad. et Merc.-sol pour dissiper le reste des fluxions avec sensibilité, les reliquats de phlegmasies muqueuses et les mouvements congés tifs, — Calc-cab pour dissiper l'anorexie, les vertiges, ou les pesanteurs de tète, -*- Causticum contre les roideurs et les rétractions musculaires (on a conseillé aussi : Ruta et Rhododendron chrysanthemum). La sobriété, la vie laborieuse, un régime frugal et sobre, les boissons aqueuses et quelquefois le café sont les

4g MALADIES CONSTITUTIONNELLES

meilleurs moyens accessoires. Il n'est pas exact de dire que les acides, les fruits acides surtout soient toujours contraires aux goutteux. Il ne l'est pas davantage d'exagérer le rôle favorable des alcalins dans leur traitement. Les transformations opérées par la chimie vivante sont souvent le contraire de ce que l'on suppose.

Page 1