LÈPRE
Caractérisée par des taches, des nodosités, et des tubercules à la peau avec insensibilité, par des hypertrophies de tissu cellulaire, par des ulcérations et des affections gangreneuses. Cette maladie ne se rencontre que dans l'Orient et l'Amérique. On ne l'observe plus aujourd'hui en Europe et en Algérie que sous une forme bénigne, soit
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bornée à la figure (léontiasis), soit aux membres (éléphantiasis) .
Traitement. — A un régime sain, varié et restaurant, on a recommendé de joindre l'usage prolongé de divers médicaments, dont les principaux sont : Caustic , Natrum-mur., lodium, Calcar-carb. 9 Arsen; indépendamment de ceux qui sont réclamés par les affections concomitantes.
AFFECTIONS CACHECTIQUES.
Anémie. — Caractérisée par la diminution des globules sanguins, ordinairement avec augmentation du sérum, la partie aqueuse du sang. Cette affection est déterminée par une altération profonde de la nutrition, par des pertes de sang, ou d'humeurs ; elle accompagne les cachexies et les maladies chroniques. Ses symptômes essentiels sont : la décoloration de la peau et des membranes muqueuses, des palpitations, l'oppression, des vertiges, des fluxions, des névralgies et une grande faiblesse. L'anémie ou anhémie est aussi appelée hydrohémie.
Traitement. — Celui de la maladie principale est souvent d'accord avec celui de l'anémie, et cède parfois le pas à ses indications. On administre : China, après de grandes déperditions d'humeurs, et Ferr-net, après des pertes de sang ; — Sepia, après des flux muqueux ; — Stannum, après des flux muco-purulents ; — SUicea, après une grande
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suppuration. — La faiblesse nerveuse, avec accablement moral et sensibilité douloureuse, réclame China et Chamom; — La faiblesse avec flaccidité des muscles, Aurum-fol ; — La faiblesse avec crampes , névralgies, ardeurs internes, soif ou sécheresse à la peau, Arsen; — La faiblesse avec apathie, dégoût de la vie, ou bouffissure et pâleur blafarde de la peau, Merc-sol., Nux-vom* et Cale. carb.
Flux. — Caractérisés par la sécrétion excessive et la perte de certaines humeurs, avec affaiblissement. Les flux qui surviennent dans l'état cachectique présentent plus de gravité, parce que les humeurs n'étant pas suffisamment élaborées, les produits sécrétés entraînent au dehors beaucoup de sucs nutritifs dont la perte hâte le progrès de la décomposition organique; ces flux ont reçu le nom de flux colliqualifs, et consistent principalement en sueur, diarrhée, leucorrhée.
Flux de salive ou sialorrhée. — Il existe avec ou sans inflammation de la bouche; il est symptomatique de l'hystérie, de la goutte, et s'observe souvent chez les enfants et les vieillards : on a recours à Cakar-carb. chez les premiers, à Sulfur et Nilri-ac. chez les seconds, à Puisât, et Sulfur chez les hystériques.
Flux de larmes, ou larmoiement. — Il existe tantôt sans lésions, et cède facilement à Phosph.-ac, Staphys. ; tantôt avec lésion et irritation des voies
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lacrymales, et dans ce cas, on prescrit plus utilement Puisât, et Sulfur.
Flux nasal — Lorsqu'il y a inflammation aiguë ou chronique de la membrane pituitaire,Ml constitue le coryza. Dans les autres cas Sulfur et Causticum sont indiqués.
Flux de lait, ou galactorrhée. — Puisât convient chez les femmes lymphatiques , et dans la plupart des cas; Calcar-c. vient ensuite. — S'il y a des crampes et des douleurs d'estomac ou de poitrine,, on a recours à China, — Si le lait est aqueux, à Merc-sol; — Si la femme allaite elle doit sevrer l'enfant.
Flux de crachats, ou bronchorrhée, phlegmorrhagie. — Il accompagne ordinairement le.catarrhe pulmonaire chronique dont le traitement se complète alors par Stannum, Silicea.
Flux gastrique , ou gastrorrhée. — Ce flux est lié ordinairement à diverses maladies et affections : goutte , alcoolisme , pyrosis , mérycisme. Heparsulf.> Nux-vom. sont souvent . utiles, ainsi que Conium, Calcar-carb.
Flux de bile, ou polycolie. — Il a lieu, le plus souvent, chez des sujets bilieux, par périodes indéterminées, ou au printemps et en été : Ipéca et Nux~vom. sont les principaux médicaments ; Chamom. et Merc-sol. sont également très-indiqués (on a aussi employé CheUdonium-mazus).
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Flux intestinal, ou entérorrhée. — Espèce de diarrhée chronique, qui diffère du catarrhe intestinal par l'absence d'inflammation, par son apparition à diverses époques plus ou moins périodiques, par sa
matière qui est un liquide séreux dont l'expulsion a lieu sans ténesme. On lui oppose Veratrum, puis Sulfur, Ferrum-meU
Flux de semence , ou spermatorrhée. — On prescrit China et Phosph.-ac; — Chez des hémorrhoïdaires : Sulfur et Nux-vom; — Chez des sujets lascifs ou tourmentés d'idées et de sensations lascives, Stannum. La ligature de la verge ne produit aucun bon effet. Pour empêcher la semence de pénétrer dans le canal de l'urèthre, il n'y a qu'un moyen, c'est de comprimer avec les doigts le verumontanum au devant de l'anus, ce qui peut se faire au moment de la pollution. Par ce procédé, le spasme cesse et la semence rentre dans ses vésicules.
Flux vaginal, ou pertes blanches, (lueurs blanches, leucorrhée. — Ce flux fait suite au catarrhe utérin ou à une lésion du col de la matrice ; il peut être dû à une simple hypersécrétion de la muqueuse vaginale. Merc.-sol. et Bellad., puis Merc-cor., sont indiqués s'il y a irritation locale; — Lycopod. si l'humeur est glaireuse avec écoulement intermittent; — Sepia, si la matière est muco-purulente, ou chez les personnes lymphatiques ; — Calcar-c. et Stannum, si la matière est purulente, blanchâtre et bien liée; — Sulfur, Carbo-veg.&i la matière est aqueuse, avec des grumeaux, ou rougeàtre et mal
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liée; — Arsen. % Merc.-cor, si la matière est sanguinolente et fétide; — Stannum, si elle est expulsée tout à coup, après des sensations voluptueuses.
Flux d'urine. — L'albuminurie et le diabète présentent souvent une sécrétion excessive d'urine. Il n'est question ici que du flux d'urines, avec soif immodérée , auquel on a donné les noms de polyurie, de polydipsie, de diabète non sucré , et où la sécrétion urinaire est en rapport avec la quantité des liquides ingérés. Indépendamment des soins hygiéniques : exercices fatigants, affusions froides , régime végétal , substances huileuses ou grasses, on administre Digitalisa Phosph-ac, Arsen. Les affections intercurrentes servent quelquefois de base à diverses indications (on a aussi conseillé Tarentula, Argent- fol. f Sulfure de carbone).
Flux de sueur, ou Ephidrose. — Les irrégularités des fonctions de la peau avec atonie de son tissu cessent facilement par l'usage des affusions froides. China correspond à l'abondance de sueurs par faiblesse ; — Aconit aux sueurs excessives trop fréquentes, chez des personnes sanguines ou de forte constitution. — Sambucus et Merc-sol. conviennent dans les cas de sueurs profuses avec fièvre ou par paroxysmes. — Bryonia et Phosph. dans les sueurs colliquatives de diverses cachexies. — Silicea répond aux sueurs des pbthisiques.
Flux de pus, suppuration excessive. — Indépendamment des indications fournies par la maladie prin-
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cipale et la lésion, il en est qu'on puise dans la qualité du pus : pus blanc et lié, Calcar-c ; — Pus jaunâtre et lié, Hepar-s ; — Pus jaunâtre trop liquide, moins lié, Silicea ; — Pus aqueux ou sanguinolent et fétide, Arsenic (Baptisia) ; — Pus sanguinolent , Phosphor ; — Pus séreux avec des grumeaux, Carbo-v.
Flux muqueux ou. blennorrhée.— Ecoulement mucopurulent des membranes muqueuses de l'œil, de l'anus , du prépuce , de l'urèthre , du vagin ; il est symptomatique de la scrofule, de la dartre, de la goutte, a lieu souvent sans cause connue, s'accompagne ou non d'irritation et se produit quelquefois par périodes de temps plus ou moins éloignées. Les meilleurs moyens hygiéniques sont la propreté et des ablutions fréquentes, la privation de bière et quelques modifications dans le régime, suivant l'état de la constitution et la maladie générale. On conseille en outre : Sepia, Cakar-c. , Thuya, Nitri-acid.
Gangrène. — Caractérisée par la cessation de la circulation, de la sensibilité et de la chaleur dans une partie. La gangrène est ou symptomatique, ou essentielle. La gangrène symptomatique se montre : 1° Dans la dernière période des cachexies, 2° chez les vieillards (gangrène sénile) t 3° comme effet de la congélation, d'une brûlure, d'un écrasement, d'une compression, 4° comme résultat d'une embolie, 5 comme terme d'une inflammation excès-
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sive.La gangrène essentielle ou d'emblée constitue V anthrax malin oxxcharbon^ et la pustule maligne. Dans les affections gangreneuses , la partie mortifiée a reçu le nom d'escharre et tend à être éliminée par la suppuration. Sa chute donne lieu à une plaie avec perte de substance. La gangrène d'un os a reçu le nom de nécrose et celle d'un membre entier celui de sphacèle.
Toute tumeur gangreneuse est entourée d'une zone livide et tuméfiée, ou œdème emphysémateux. Cet œdème est caractérisé par la présence, dans les lames des tissus, de gaz qui sont le produit de la gangrène; il est rénitent, c'est-à-dire qu'il ne conserve pas l'empreinte des doigts quand on le comprime, ce qui le distingue de Y œdème ordinaire, ou œdème séreux.
Traitement. — Il présente trois indications : 1° limiter la gangrène, 2° faciliter la chute de l'escharre, 3° combattre les symptômes généraux. On facilite la chute de l'escharre par des incisions et des procédés chirurgicaux qui ont aussi pour but de l'isoler et de la limiter; mais Arsen. est le médicament essentiel; il combat directement la gangrène, il la circonscrit, il apaise la fièvre et dissipe les symptômes les plus graves. — Carbo-v. est indiqué lorsque le cercle inflammatoire , formé autour de la tumeur charbonneuse ou gangreneuse, est livide, boursoufflé, emphysémateux ; — Lachesis convient aussi dans ce cas, surtout si le cercle s'étend. — Après la chute de l'escharre Hepar-s mo-
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dère la suppuration ; Lachesis et Arsenic hâtent la guérison de l'ulcère.
La gangrène sénile s'annonce par des rougeurs livides et atteint les extrémités ; elle exige Secalecor, qui répond à la stase sanguine, ainsi que Opium, particulièrement lorsqu'il y a insensibilité locale ou torpeur générale ; — Arsen. est ensuite le médicament essentiel. La gangrène par congélation se traite de la même manière.
Dans tous les cas de gangrène : charbon ou anthrax malin, pustule maligne, inflammations gangreneuses de la diphthérie, du diabète, de la compression par décubitus prolongé, etc.... on doit soutenir les forces du malade par de bons consommés, une nourriture restaurante, du vin généreux, et veiller à la propreté; il est surtout utile de lotionner la partie affectée avec de l'eau froide contenant une dose de Arsen.
6 e CLASSE.
PHLEGMASIES.
Les phlegmasies ou inflammations sont des affections caractérisées par l'inflammation d'un organe, avec ou sans fièvre, par la prédominance des symptômes de cette inflammation, et par une marche généralement aiguë. On peut les diviser en phlegmasies : de la peau, des membranes muqueuses , des membranes séreuses, des vaisseaux lymphatiques, des glandes , des vaisseaux sanguins, des viscères, des os, du tissu cellulaire, des nerfs.
Toute inflammation accessible aux sens se manifeste par la rougeur, la douleur, la chaleur et le gonflement de la partie ; et elle se termine : 1° par résolution, en se dissipant sans laisser de traces; 2<> par métastase, en disparaissant d'une partie pour se porter sur une autre *, 3° par suppuration, en déterminant un abcès ou une production de pus aux surfaces lésées ; 4° par induration, en provoquant des exsudations plastiques.
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