PHLEGMASIES DU TISSU CELLULAIRE
des parties pourvues de beaucoup de nerfs, comme aux doigts, il s'accompagne d'un mouvement fébrile souvent intense. La suppuration s'établit au bout de quelques jours, ordinairement avec des frissons, et une douleur fixe pulsative. A mesure que le pus se forme, la tumeur grossit en se limitant, et l'abcès devient sensible par la sensation de fluctuation au toucher.
Cependant le phlegmon présente quelquefois une autre marche; l'inflammation s'étend et la suppuration ne se limite pas; c'est le phlegmon diffus, qui est plus grave, tant par l'abondance de la suppuration que par les vastes décollements qui se produisent. Dans quelques circonstances la peau qui recouvre le phlegmon s'enflamme, c'est Yèrysiplie phlegmoneux.
Traitement.— Le phlegmon ordinaire se traite par Bellad et Merc-sol. alternés, en même temps qu'on recouvre la partie de compresses imbibées d'eau tiède, de cataplasmes féculents, ou même de Collodion. Lorsque l'abcès se forme, on administre Hepar-sulf.
Le phlegmon diffus exige remploi de Arsen> suivi de Silicea, dès que la suppuration s'établit, et après l'action de Bellad et de Merc-s. La compression est quelquefois utile; on l'exerce au moyen d'un bandage méthodique.
Le phlegmon du sein,m<xmmtte, siège tantôt dans la glande mammaire, tantôt autour d'elle, tantôt au-dessous. Le traitement de l adénite lui est en
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tout appliqué. Mais lorsqu'il occupe la glande il se forme ordinairement des abcès successifs qui obligent à revenir à Bellad et Mercsol. Lorsque la douleur est Hrès-vive, Phosphor est très-indiqué, même avant la suppuration. Iodium et Sulfur ont leur place après Hepar-s.
Les phlegmons internes, péri rénal, périutérin, se traitent comme le phlegmon ordinaire ou diffus, selon le diagnostic que l'on a pu porter.
Le panaris, s'il est profond, est excessivement douloureux. Dès le début on peut le faire avorter en recouvrant le doigt de plusieurs couches de Collodion — Silicea peut aussi l'arrêter dans son évolution. — S'il poursuit sa marche, il faut en venir à Bellad et Merc-sol, — puis à Hepar-s 9 dès que la suppuration a lieu; — enfin à Silicea. Les caries qui suivent souvent les panaris se traitent comme il est dit ailleurs.
Dans le panaris superficiel, appelé Tourniole ou mal d'aventure, on peut prévenir la chute de l'ongle par Puisât, et Hepar-s»
Furoncle. — Caractérisé par l'inflammation d'une petite partie de tissu cellulaire qui est frappée de gangrène, et éliminée sous le nom de bourbillon. Le furoncle, appelé aussi clou, constitue une affection gangreneuse, dont la place pourrait être ailleurs si l'on attachait plus d'importance à la classification ; il est simple ou multiple ; le furoncle simple conserve le nom de furoncle ; le furoncle multiple prend celui d'anthrax bénin, pour le distinguer de
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l'anthrax malin qui n'est autre que le charbon. Le furoncle simple n'a qu'un seul bourbillon ; l'anthrax bénin en a plusieurs, il est plus gros et plus douloureux, et les bourbillons sont éliminés par des ouvertures qui se forment au sommet de la tumeur. On observe souvent des éruptions de furoncles par groupes ou isolés, et successifs. Ils sont tantôt pointus et très-douloureux, et de grosseur variable; tantôt plats, d'un rouge livide ; dans ce dernier cas, ils sont une des manifestations du diabète, acquièrent un volume parfois considérable, et s'accompagnent de gangrène de la peau.
Traitement. — Silic. et Thuya sont les médicaments les plus ordinairement utiles — Nux-v. et Arnica conviennent dans les cas de furoncles plus petits et se produisant successivement. — Arsenic et Sulfur, dans les furoncles rouges livides du diabète et d'autres cachexies.
PHLEGMASIES DES NERFS.
Cette phlegmasie constitue la névrite ou inflammation du tissu d'un nerf. Elle est très-douloureuse et se confondrait facilement avec une névralgie si elle n'était caractérisée, quand le nerf est superficiel, par une traînée de rougeurs sur son trajet, et par un léger gonflement de ce nerf qui donne au palper la sensation d'un cordon tendu. Les causes de la névrite sont un effort, un coup, une plaie superficielle, l'extension d'une inflammation voisine.
Alexis Espanet. 10
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Traitement. — Pkosphorus et Bellad. paraissent répondre aux symptômes de cette affection assez rare. On débute par Arnica lorsqu'elle est due à une violence extérieure. Mercur-s. et Arsenic, pourraient être utiles en cas d'opiniâtreté de la douleur. L'application de couches de Collodion est un moyen qu'on ne devrait pas négliger.
Note sur le traitement des Névralgies en général. — U a été question jusqu'ici principalement des moyens internes, nous devons indiquer maintenant des moyens externes presque toujours utiles, ne serait-ce qu'à titre d'auxiliaires. Ces moyens" sont : des bains généraux ou locaux avec l'eau tiède ; des lotions, des injections d'eau ou de lait, l'application de compresses imbibées de ces liquides, des cataplasmes émollients, et féculents.
On peut aussi recourir à l'application du Collodion, à l'aide d'un pinceau, par couches successives plus ou moins épaisses, sur la peau de la région affectée. Cette précieuse substance, à peine étendue sur la peau, se dessèche, isole la partie malade en s'opposant au contact de l'air et fait avorter l'inflammation non-seulement externe mais interne et profonde.
7 e CLASSE. HÉMORRHAGIES.
Cette classe de maladies comprend toutes le's effusions et flux de sang, soit qu'il reste entravasé dans les tissus, soit qu'il se répande au dehors. Le sang extravasé mais retenu dans les tissus forme : 1° des ecchymoses, des taches, des pétéchies : telles sont les lésions du purpura, du scorbut, du typhus, d'une contusion ; 2° des tumeurs sanguines ou hématocèîes ; 3° des apoplexies ; nous ne parlerons ici que des apoplexies ou hémorrhagies interstitielles. Lorsque le sang est épanché au dehors, les hémorrhagies sont appelées hémorrhagies externes et prennent le nom de l'organe qui en est le siège. Les hémorrhoïdes et la ménorrhagie ont leur place dans d'autres divisions, bien que ce que nous dirons bientôt des hémorrhagies supplémentaires leur soit souvent applicable.
HÉMORRHAGIES EXTERNES.
Il est question ici des hémorrhagies : de nez (épistaxis), des bronches et du poumon ou crachement
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de sang (hémoptysie), de l'estomac ou vomissement de sang (hématémèse), de l'intestin (mélama), de la vessie ou pissement de sang {hématurie), de la matrice (métrorrhagié) ; leur traitement est également convenable à . toutes les hémorrhagiës de l'œil, de l'orteil, de l'urèthre, du vagin, de la peau, qui, du reste, sont peu fréquentes.
Traitement. — Arnica, à l'intérieur et à l'extérieur (voyez ce mot), répond à toute espèce d hémorrhagie due à une violence extérieure , même à une course ou à un travail immodérés ; — Aconit convient , lorsqu'il y a des frissons , un mouvement fébrile ; — Bellad , lorsqu'il y a des mouvements congestifs vers l'organe siège de l'hémorrhagie , chez les sujets vigoureux; — Bryon, dans les crachements de sang; — Nuxvom, dans les vomissements de sang ; — Nux-vom, dans le pissement de sang, surtout provenant de la vessie ; — Cantharis, si le sang provient du col ou de l'urèthre, avec érections ou ténesme.
Dans les hémorrhagiës qui récidivent : Crocus, Phosph-ac et Secale-cor, sont les médicaments principaux, — Crocus et China répondent plus particulièrement à Tépistaxie, — Phosphor-ac, et Arsenic, à l'hémoptysie et à l'hématémèse, — Phosph-ac et Carbo-Vy au mélaena, — Secale-cor, Chamom, à la métrorrhagié. — Arsenic et China à l'hématurie, — Ferrum à l'anémie suite d'hémorrhagies qui se renouvellent par périodes — China à l'anémie suite d'une perte de sang — Arnica, Ipéca, Ferrum
HÉMORRHAGIES EXTERNES 173
à des hémorrhagies qui se produisent avec congestion, chaleur et mouvements fluxionnaires çà et là.
Dans les cas complexes, on tire quelques indications : 1* de la manière dont se fait l'écoulement du sang : Arnica, Ipéca, par jet continu — Ferrum, China, par nappe — Nux-v. t Puisât, par gouttes ; 2° de l'état du sang : Arnica, Ferrum, Ipéca, sang rouge, se caillant promptement — Canth, sang brun, acre, irritant — Phos-ac, sang noirâtre et liquide — Crocus , sang noir et poisseux — Secale-cor, sang aqueux avec caillots — Ferrum, Carbo-v. sang pâle et liquide — Aconit, Platina, sang rose, liquide , ou avec caillots bruns. ( Mille folium et Thlaspi-bursa-pastoris sont depuis quelque temps préconisés contre toute espèce d'hémorrhagiea. quoique leur pathogénésie soit incomplète et peu connue.)
HÉMORRHAGIES INTERSTITIELLES OU APOPLEXIES.
Ces hémorrhagies se produisent dans le tissu d'un organe important et prennent le nom d'apoplexie, de coup de sang. On distingue l'apoplexie pulmonaire, l'apoplexie cérébrale, l'apoplexie rachidienne.
Apoplexie pulmonaire. — L'épanchement sanguin a lieu dans le tissu du poumon, soit sur un seul point, soit en plusieurs noyaux hémorrhagiques. Il peut être lent ou rapide, abondant ou faible; et
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les symptômes varient d'intensité dans ees divers cas; ils consistent en : toux, oppression, crachement d'un sang rouge, quelquefois visqueux et noirâtre.
Traitement. — Arnica et Bryon, en premier lieu — ttosphori-ac et Sulfur, si le crachement de sang est peu considérable et répété — Nux-v. et Ferrum sont quelquefois nécessaires ensuite.
Apoplexie cérébrale. — L'épanchement de sang a lieu dans la pulpe cérébrale. Cette hémorrhagie est ordinairement causée par une disposition particulière des goutteux, des rhumatisants, des hémorrhoïdaires , par le ramollissement du cerveau, ou l'endartérite déformante. Les symptômes sont : Chute, du corps avec perte de connaissauce , et paralysie qui varie suivant l'abondance de Thémorrhagie et son siège. Lorsque l'épanchement de sang est suffisant pour comprimer le cerveau de manière à en faire cesser l'action, le malade tombe foudroyé et la mort est prompte.
Il peut arriver que l'épanchement se fasse entre les feuillets des membranes du cerveau ou de la moelle épinière, ce qui constitue l'apoplexie méningée-cérébrale ou méningée-rachidienne.
Traitement. •— Dans tous les cas, Arnica est le médicament essentiel, pour détourner le molimen hémorrhagique et pour faire cesser l'épanchement interne. On l'emploie à l'intérieur et à
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l'extérieur (V. Arniea). Plus son emploi est prompt, moins les accidents sont graves ; — Belkkd. convient ensuite , généralement après quelques heures, dès que les symptômes sont stationnaires ou amendés ; — Opium est ensuite indiqué contre le coma, le stertor ou respiration bruyante; — Nux-vom, contre la constipation, quand l'amélioration des symptômes cérébraux est prononcée ; — Phosph. et Nux-vom, contre les phénomènes paralytiques consécutifs ; — Caustic. contre le tremblement paralytique, les contractions et les rétractions musculaires ; — Plumb. contre la lourdeur de tête et des membres non paralysés, et contre la douleur dans les parties plus ou moins paralysées.
Apoplexie rachldlenne. — - L'hémorrhagie a lieu dans la moelle épinière ; les symptômes varient suivant la partie qui en est le siège, et suivant l'étendue du foyer hémorrhagique; ils consistent ordinairement en paralysie des membres inférieurs, en éclampsie, en contractures, en coma*
Traitement. — Arnica en fait la base ; — Nuxvom. et Lachesis viennent ensuite, ainsi que les
médicaments indiqués par les affections concomitantes.
La similitude qui existe entre les symptômes d'un épanchement séreux ou d'un arrêt de l'action cérébrale par une affection nerveuse, et ceux de l'épanchement sanguin, placent naturellement ici :