PLÉTHORE
la fatigue prompte, l'oppression habituelle — Aconit, quand la peau est sèche — Ferrum, quand le caractère est irascible et s'il se produit des mouvements fluxionnaires ou congestifs çà et là.
Dans les pléthores locales, Ton a ordinairement à traiter des maladies qui les déterminent, et l'on a recours aux médicaments indiqués pour les congestions, ou plus particulièrement : à Cocculus, dans le vertige chez les anémiques — à Ignatia, contre les diverses pléthores locales chez les hystériques — à Nux-vom , dans les mêmes cas chez les hémorrhoïdaires — à Phosphor, contre les palpitations irrégulières — à Spigelia, contre l'anxiété précordiale et pectorale — à Ferrum , contre les chaleurs acres par bouffées, et contre les battements en diverses parties du corps.
Dans la pléthore veineuse abdominale, on traite, suivant les causes : une affection du foie ; un trouble menstruel, hémorrhoïdal, goutteux, hypochondriaque; une tumeur abdominale. En général, Mercursol et Conium sont très-utiles — Sulfur vient ensuite — enfin Carbo-veg. (Quelques nouveaux médicaments ont paru efficaces, tels sont Chelidoniummajus, Ricinus, Hamamelis-virginiana),
Cette classe de maladies ou d'affections est caractérisée, par l'exhalation, à la surface des membranes séreuses ou dans le tissu cellulaire, d'un liquide séreux, dont l'accumulation se fait sans qu'il se produise de symptômes inflammatoires. Les hydropisies sont aiguës ou chroniques. Les premières sont la suite d'une inflammation : arthrite, pleurésie , péritonite, péricardite. Les secondes sont dues, tantôt à l'appauvrissement du sang, comme dans les cachexies; tantôt à un désordre delà circulation avec difficulté du retour du sang vers le cœur, comme dans les cas de tumeur, d'ob* structions avec compression des vaisseaux. Nous diviserons les hydropisies en hypropisies des membranes séreuses et en hydropisies du tissu cellulaire.
: Hydrocéphalie ou Hydropisie du cerveau. — Elle constitue, suivant son siège, l'hydropisie du ven-
tricule ou l'hydropisie de l'arachnoïde. Elle est symptomatique de diverses affections du cerveau. Chez les enfants, l'ossification des os du crâne n'étant pas complète» la collection de sérosité, en dilatant le crâne, peutlui donner des dimensions excessives. Chez les grandes personnes, les os du crâne étant complets, cette cavité ne se prête pas à la dilatation, et la moindre accumulation de sérosité devient promptement mortelle ; en ce cas l'hydrocéphalie constitue une apoplexie séreuse. Celle des enfants se développe, tantôt rapidement, comme dans la méningite, en donnant lieu aux mêmes accidents que chez les adultes; tantôt lentement, en déterminant des symptômes variables, suivant le siège de l'épanchementet sa marche plus ou moins rapide : fièvre, hébétude, convulsions, délire, somnolence, coma, contractures, paralysies.
Traitement. — Les symptômes fébriles réclament Bellad et Mercur-sol, puis Cantharis — Le coma, rhébétude, la somnolence, Opium, Arnica — Les cris, les douleurs, Chamom, À pis mel — Le délire, Stramonium — Les affections paralytiques, Phosphor — lodium, Sulfur, Calcar-c sont aussi des médicaments importants, sur lesquels on insiste dans l'hydrocéphalie à marche lente.
Hydrorachis ou Hydropisie de la moelle èpinihre. — Elle est ordinairement liée à l'existence de l'hydrocéphalie. Chez les enfants elle constitue le spina bijida, tumeur formée par l'accumulation
d'une sérosité qui distend les membranes de la moelle allongée, et se produit sur les lombes ou sur tout autre point de la colonne vertébrale.
Traitement. — Sulfur, Oalcar-c, lodium, forment le fond du traitement ; on les administre tantôt successivement, tantôt alternativement, par périodes de plusieurs jours. Le spina bifida exige, en outre, la compression méthodique exercée avec prudence.
Hydropéricarde ou Hydropisie du péricarde. — Les bruits du cœur sont sourds, les mouvements gênés, les battements intermittents; il y a de la toux, de l'oppression et des accès de syncope.
Traitement.— On puise les principales indications dans la maladie dont l'hydropéricarde est la lésion. Sulfur 9 Iodium, Arsenic, Cantharis sont, en outre, des médicaments très-utiles.
Hydrothorax ou Hydropisie de poitrine. — Ordinairement consécutive à la pleurésie. La collection de sérosité occupe la cavité des plèvres, en refoulant le poumon. Elle est plus ou moins considérable, et quelquefois limitée par des fausses membranes, surtout quand elle est une lésion de la pleurésie. Il s'y mêle quelquefois du pus, ce qui constitue Yempyème; d'autres fois de l'air, des gaz, ce qui constitue Yhydro-pneumo-tliorax. La gravité de l'hydrothorax dépend du volume de l'épanché-
ment , des lésions concomitantes et de la maladie principale.
Traitement. — Hepar-s. est indiqué s'il y a des fausses membranes et du pus — Cantharis convient dans tous les cas, surtout contre l'épanchement de sérosité — Sulfur et Arsenic répondent à la lésion avec lièvre, anxiété, syncopes. Le traitement de cette affection est toujours lié à celui de la pleurésie ou d'une cachexie.
Hydrophthalmie on Hydropisie de Vœil. — Elle est due à l'augmentation de volume des humeurs de l'œil, qui en est distendu au point de faire saillie.
Traitement. — Coffea-c. et Spiyeîia répondent aux douleurs — Sulfur, Canthar. à la lésion. — On a ensuite recours à Phosphor. et à d'autres médicaments indiqués par les troubles de la vision.
Hydrotite ou Hydropisie de Coreille interne. — Elle
fait suite à une inflammation ou à une lésion des os, avec obstruction du canal auditif.
Traitement. — Sulfur et Mercur-s, ont donné de bons résultats. — On doit recourir surtout aux médicaments indiqués par la lésion et la maladie principale.
Hydarthroseou Hydropisie articulaire. — Elle siège dans une articulation, et est ordinairement la lésion
d'une inflammation, d'une affection métastatique goutteuse, rhumatismale, blennorrbagique.
Traitement. — Cantharis, Arnica, Sul fur, Iodium et même Silicea sont employés successivement avec plus ou moins d'insistance. La compression méthodique, les douches, le massage, sont quelquefois des auxiliaires précieux.
Ascite ou Hydropisie du ventre. — Elle accompagne diverses affections du foie, du péritoine, des ovaires; elle est parfois un symptôme de X albuminurie , de la plupart des cachexies , des lésions organiques du cœur. L'ascite se déclare quelquefois avec fièvre à la suite d'un refroidissement La collection séreuse occupe la cavité du péritoine, et distend plus ou moins l'abdomen.
Traitement. — Lorsque Pascite se déclare brusquement après un refroidissement, on donne Aconit, s'il y a mouvement fébrile prononcé ; — dans tous les cas, Bryon et Mercs. — Lorsqu'elle tend à se prolonger, on se comporte comme dans l'ascite chronique, pour le traitement de laquelle on tire des indications importantes de la maladie principale et de l'affection concomitante. En général Digitalis, Canlharis, et Suîfur, sont d'une grande utilité — Arsenic répond à la soif, à la rareté des urines et à la sécheresse de la peau — China, à la faiblesse générale et aux déperditions d'humeurs antérieures — Iodium , à la faiblesse avec œdème,
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pâleur mate de la peau, faim exagérée — Apèfrmel r à des engorgements abdominaux, à la tension excessive du ventre. Le régime lacté exclusif compte des guérisons nombreuses. Le régime végétal s'est aussi montré efficace. Le suc d'ognons, les ognons cuits, les poireaux ont été justement préconisés, à condition qu'ils constituent le fond de l'alimentation. Enfin, les sueurs provoquées et l'hydrothérapie sont d'excellents auxiliaires.
Hydrocèle ou Hydropisie du testicule, — La collection séreuse occupe l'intervalle des deux feuillets de la membrane séreuse qui enveloppe le testicule, comme un sac sans ouverture, que la sérosité distend plus ou moins en lui faisant prendre la forme d'une poire, dont la grosse extrémité est en bas.
Traitement. — Suîfur et Cantharis doivent être donnés avec insistance ; puis viennent Silicea % Digitalis, Phosphor. Les douches, les lotions d'eau froide, sont souvent utiles.
Hydpopisies du rein et de l'ovaire. — Elles sont toujours liées aune lésion de ces organes, et n'offrent d'autres indications que celles fournies par cette lésion et par la maladie principale. Du reste, on leur applique les médicaments appropriés h Vhydrocèle.