‹ La pratique de l'homoeopathie simplifiéeChapitre 82 sur 139 · TREMBLEMENT · texte numérisé non relu

TREMBLEMENT

Affection caractérisée par l'agitation convulsive des muscles avec affaiblissement progressif des forces musculaires. Le tremblement est à la paralysie ce que l'amblyopie est à l'amaurose; il est souvent le premier degré de la paralysie. On lui a donné le nom de paralysie agitante. On l'observe comme symptôme de l'alcoolisme et des empoisonnements par le mercure et d'autres métaux; il se montre dans des convalescences de maladies graves, et alors il n'est qu'accidentel; enfin, il se produit dans la vieillesse; dans ce cas il peut s'allier avec une santé parfaite.

Traitement. — Causticum répond au tremble* ment avec affaiblissement des muscles, et surtout au tremblement sénile — Chamom, China, Phosph»

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répondent au tremblement des convalescents — Nux-vom, Arsenic, au tremblement occasionné par des excès vénériens. — JVt*»-»., Plumb, Cuprum, Mercur-s., sont souvent indiqués dans le tremblement métallique et dans les cas rebelles.

La paralysie est tantôt une affection, tantôt une maladie, c'est-à-dire, qu'elle est ou symptomatique ou essentielle. Elle est caractérisée par la diminution ou la cessation de la motilité ou de la sensibilité, ou par la diminution et la cessation de Tune et de l'autre. On la distingue en paralysie générale et en paralysie partielle, cependant la paralysie générale ne saurait jamais être complète. Les causes de la paralysie sont très-nombreuses : refroidissement, coup, émotion morale, excès, névroses, névralgies, lésions organiques, fièvres graves, etc.

Paralysie générale des aliénés. — Caractérisée par l'aliénation, par la marche graduelle de la paralysie et par une inflammation lente de la surface du cerveau et des méninges. On lui a aussi donné les noms de : paralysie générale essentielle, méningoencéphcUite diffuse, péri-encéphatile.

Traitement. — Il consiste en moyens hygiéniques, qui n'ont rien d'absolu, et en moyens thérapeutiques, qui sont: 1° les médicaments appropriés aux divers symptômes de l'aliénation, des névroses,

des névralgies, des phlegmasies, suivant leur prédominance et leur succession ; 2° les médicaments correspondants à la lésion de l'encéphale : Phosph, Lachesis, Calcar-c, employés successivement, avec des intervalles variés, et alternés quelquefois avec ; Pulsatil, Mercurius-s., Cantharis.

Paralysie de la faee. — Caractérisée par la distorsion des traits, qui sont tirés d'un seul côté avec la langue. Elle accompagne quelquefois d'autres paralysies et l'apoplexie ; mais elle peut survenir d'emblée après l'impression vive de l'air froid sur la figure ; et elle est tantôt étendue à tout un côté de la face, tantôt limitée à une de ses parties.

Traitement. — Quand cette paralysie survient à la suite de l'action du froid : Aconit et Phosph; ou encore : Rhus., Canth, Plumbum — Dans d'autres circonstances ou dans des cas rebelles : Caustic, Nux-vom, Graphit.

Paralysie de la langue. — Maladie peu commune. Elle est caractérisée par une marche progressive, avec extension successive de la paralysie aux muscles du palais, des lèvres, des joues, et par des désordres croissants de la déglutition avec salivation excessive.

Traitement. — Il semble que Nux-vom, Bellad., Lachesis, Aurum, soient indiqués de préférence.

paraplégie essentielle. — Caractérisée par la paralysie de plus en plus prononcée des muscles de la

partie inférieure 'du corps. C'est ce qu'on a appelé paralysie spinale. Elle s'étend aux muscles du tronc, et se complique de la paralysie de l'anus et de la vessie. On l'observe souvent comme symptôme du rhumatisme, d'une lésion, et elle constitue alors la paraplégie symptomatique. Elle se déclare quelquefois à la suite d'une maladie grave et se range parmi les paralysies consécutives. En général, la marche de la paraplégie essentielle est lente; elle présente cependant quelquefois une forme grave, à marche rapide.

Traitement. — Rhus et Pkosph. conviennent au début — viennent ensuite Nux-v, Plumb, Cocculus, (on a aussi proposé Argent-nitr, Zincum et le Sulfure de carbone).

Hémiplégie. — La plus commune des paralysies symptomatiques ; caractérisée par la paralysie de l'un des côtés du corps. Elle est symptomatique de l'apoplexie cérébrale, du ramollissement du cerveau, de l'encéphalite.

Traitement. — L'indication principale est fournie par la congestion, l'hémorrhagie, ou le ramollissement du cerveau. La paralysie elle-même réclame remploi de Caustic, Nux-v, Phosph. et Calcar-c.

Amaorose. — Autrement appelée goutte-sereine , cécité. Elle est caractérisée par la paralysie du nerf optique ou de la rétine; c'est quelquefois une paralysie éphémère de l'hystérie; c'est plus souvent une paralysie permanente et lente à s'établir, comme

dans le diabète et d'autres cachexies ; mais elle peut survenir plus ou moins rapidement, seule ou liée à diverses affections paralytiques. Il faut la distinguer de la cécité ou amaurose fausse, due à la simple interception des rayons lumineux par une lésion quelconque de l'œil, avec intégrité du nerf optique et de la rétine.

Traitement, — Les divers troubles de la vue dont il est parlé ailleurs sont la source de précieuses indications. En outre Aurum, Plumbum, Spigelia, Mercur-s» répondent aux accidents paralytiques — Bellad. et Calcar-c. sont indiqués par les accidents congestifs — Sulfur et Phosph. par les troubles de la vision au début.

Paralysies partielles el consécutives. — Les paralysies des muscles de l'œil, des paupières (Blépharoptose, Chute de la paupière) 9 du muscle grand dentelé, de ceux de la gorge, de l'œsophage, de l'anus, delà vessie , de la verge, sont : ou sy mptomatiques de l'hystérie , d'une névralgie , d'une cachexie, d'une lésion, ou consécutives à l'alcoolisme, à la diphthérie, à la fièvre typhoïde, à certains empoisonnements.

Traitement, — Contre les paralysies éphémères de l'hystérie : Cocculus et Phosph, ou encore Ignatia,Platina, Chamom — Contre les paralysies symptomatiques d'une névralgie : Belladona, Phosph, Nuxvam. — Contre les paralysies consécutives, aux fièvres graves : Lachesis, Natrum-m. — A des acci-

dents goutteux, Arsenic, Rhu8> — Après un rhumatisme, Rhu$y Phosph, -— Après la diphthérie, Platina, Stann , — Dans les paralysies de l'alcoolisme et des intoxications métalliques ; et, en outre, pour celles-ci, la substance même donnée à doses infinitésimales, par exemple, Arsenic, Plat. — Contre les paralysies saturnines, Plwnb., Platina.

Emotions morales. — Toutes les émotions , en provoquant une concentration nerveuse ou sanguine sur le cœur, le cerveau, le foie, peuvent avoir des suites fâcheuses, soit par la congestion ellemême, soit par la réaction qui la suit.

Traitement. — Dans les émotions de joie :

Coffea — s'il y a sensation d'angoisse précordiale : Spigelia -— syncope ou prostration : Veratrum.

Dans les émotions de colère : Arnica, Bryon — s'il y a gêne et chaleur dans la région du foie : Chamom — ictère, Nux-vom — persistance de l'embarras du foie, Merc-soL

Dans les émotions de frayeur Opium — avec accablement et malaises ou anxiété : Veratrum — avec stupeur : Opium — suivies de réaction, avec chaleur, mal de tête : Aconit.

Dans les émotions de contrariété ; Chamom, s'il y a irritation morale — Ignatia, calme apparent — Staphys t contention habituelle.

Dans les émotions d'ambition : Byosciam,Platina — avec déception : Mercur-s. Puisât.

Dans les émotions tristes d'amour déçu : Phosph-ac, Ignatia — de jalousie violente : Hyosciam — de jalousie concentrée : Staphysag.

Dans les cas d'émotions suivies de réaction fébrile : Aconit— de convulsions avec fièvre : Ipéca.

Nostalgie. — Le chagrin d'être éloigné de son pays natal, ou le désir d'y revenir déterminent la nostalgie. Elle présente trois degrés : 1° tristesse, défaut d'appétit, palpitations ; 2° recherche de la solitude, découragement, amaigrissement; 3° fièvre lente, consomption.

Traitement. — Moyens hygiéniques et moraux; puis Nux-vom y PulsalU, dans le 1 er degré — Ignatia, Mercur-sol, dans le second — Aurum, Sulfur, dans le troisième. — On traite ensuite les phénomènes de marasme qui se manifestent.

Impulsion an suicide. — Dégoût de la vie, avec impulsion maladive à se détruire. Cette affection s'accompagne d'anxiétés résultant des luttes intérieures.

Traitement. — Agir sur le moral. Distraire en intéressant. Travail manuel. Mener une vie utile. — A la suite de chagrins : Puisât et Mercur-s. — d'excès vénériens : Nux-vom., Mercur-s. — d'excès de table, de boissons : Arsenic, Nux-vom — de désastres de fortune : Aurum, PulsatiL, Mercur-s. —

d'espérances déçues, de rêves de grandeur : Lycopod., Rhus, Veratr. — avec lypémanie : Aurum y Puisât. — avec mouvements congestifs à la tête : Aurum, Mercur-s. — avec nostalgie : Aurum, Mercur-s. — avec diverses hallucinations : Bellad., Stramon — avec tendance à des actes de violence : Opium, Veratrum.

Impulsions génitales ou lascivité, — Excitation morbide du sens génital avec impulsion insatiable à des actes lascifs, à l'acte vénérien. Cette excitation est un symptôme fréquent de l'hystérie, de l'épiiepsie, de la démence, des hémorrhoïdes, de diverses cachexies ; elle est aussi occasionnée par l'ingestion de cantharides, et constitue le satyriasis chez l'homme, la nymphomanie chez la femme.

Le satyriasis a trois modes : 1° Yérotisme, ou érotomanie, avec impulsions lassives et recherche de tableaux et de lectures qui les entretiennent ; 2° le satyriasis proprement dit, avec recherche incessante des plaisirs sexuels ; 3° le priapisme, avec érections fréquentes et douloureuses, sans recherches vénériennes.

La Nymphomanie ou fureur utérine est à la femme ce que le satyriasis est à l'homme, avec cette différence qu'elle affecte souvent des petites filles et qu'elle peut durer plus longtemps.

Traitement. — Changement d'habitudes physiques et morales. Sobriété, exercices violents, travail manuel, vie sérieuse et occupée. Les principaux

médicaments sont : Cantharis dans les érections violentes avec ou sans désirs vénériens — Sulfur chez les hémorrhoïdaires — Nux-vom chez les personnes menant une vie sédentaire — Stannum chez celles qui sont nerveuses, en proie aux caprices de l'imagination, avec exaltation de la sensibilité tactile — Phosph. chez les convalescents et ceux qui sont affaiblis. — Chez les femmes, le médicament principal est Platina ( on a aussi proposé Origanum vulgaré).

Anaphrodisie. — Absence ou diminution des désirs vénériens et de la faculté génitale. Elle constitue l'impuissance chez l'homme, la stérilité chez la femme. Cette affection est souvent chez les femmes un symptôme de l'hystérie. On l'observe surtout chez les hommes obèses, chez ceux qui font abus du café, du poivre, du camphre, et chez les libertins.

Traitement. — Affusions froides, hydrothérapie, changement de régime : sobriété chez ceux qui abusent de la viande ; nourriture restaurante chez ceux qui sont mal nourris ; alimentation végétale, lactée, douce chez les personnes irritables et nerveuses ; exercice chez les personnes sédentaires ; climats méridionaux pour les constitutious froides; climats tempérés, humides, pour les constitutions sèches et impressionnables.

China, Phosph, contre la faiblesse suite de grandes déperditions — Ferrwn, à la suite des hémorrhagies — Chamom , Phosph. pour les constitutions nerveuses

— Nux-vom> Stamum, pour ceux qui ont abusé de la fonction génitale. — En outre, plus particulièrement pour l'homme : Sulfur, Graphit.; — pour la femme, Bellad, Platina, si les règles sont excessives ou difficiles avec érotisme — Phosph., Pulsatil, si les règles sont tardives ou trop faibles, avec indifférence pour les rapprochements sexuels. — Sulfur, Stannum, s'il y a leucorrhée abondante.

Nervosité. — Etat habituel d'impressionnabilité et de souffrances nerveuses qui rend pénibles la plupart des impressions des sens et des émotions morales, avec accidents spasmodiques et névralgiques. C'est un symptôme de l'hystérie, appelé d'ailleurs mobilité nerveuse, hystéricisme, et que Ton observe dans d'autres névroses.

Traitement. — Gymnastique, vie occupée, exercices corporels. Coffea répond à l'impressionnabilité, — Chamom, à la faiblesse — Ignatia, à la versatilité des symptômes. — Il faut consulter, selon l'occurrence, les diverses affections qui se produisent.

Analgésie. Anesthésie. — Ce sont des symptômes de diverses névroses, particulièrement de l'hystérie. L'analgésie est caractérisée par l'absence de sensations douloureuses sur certains points de l'organisme : un doigt, une joue, la muqueuse de l'œil, un point de la vulve... U anesthésie constitue un degré plus avancé de l'analgésie; elle a plus de fixité, affecte des parties plus profondes, des muscles

entiers, et détermine des troubles dans les mouvements volontaires, comme ceux de l'ataxie locomotrice.

Traitement. — Frictions, massage, douches, applications de la chaleur ou de topiques irritants ; Bellad. et lgnatig sont très-indiqués — Conium et Plumbum le sont ensuite.

Hyperesthésie. — Symptôme de l'hystérie consistant en l'exaltation de la sensibilité sur certains points de la peau (dermalgie), des membranes muqueuses, des nerfs, des muscles. Lorsqu'elle siège sur la vulve elle peut rendre les rapports sexuels très- douloureux, impossibles et déterminer le Vaginisme.

Traitement. — Affusions tièdes, applications du Collodion sur la peau , olfaction ou application du Chloroforme. — Les médicaments qui paraissent avoir une action plus marquée sont : Veratrum, Nuxvomica, Phosph.

Troubles de l'ouïe. — La perception de sons imaginaires, les tintoins,les tintements et les bourdonnements d'oreilles \paracousie) ; la difficulté d'entendre (dysécie) ; l'excessive sensibilité de l'ouïe (hyper cousie), sont des symptômes de diverses névroses, précèdent souvent la surdité, et dépendent de congestions diverses.

Traitement. — Veiller à la propreté du canal auditif. On emploie : Stramon et Sulfur contre la

perception de sons chimériques — Belladon. et Crocus, contre les tintements et les bourdonnements — Spigelia et Nitri-ac. y contre les irrégularités de l'ouïe — Lycopod et Nux-v., contre l'excès de sensibilité de ce sens — Hepar-s, Bryon, Phosph., contre la surdité ou dysécie.

Troubles de l'odorat. — Ils consistent dans la perte de l'odorat (anosmie), ou dans son extrême sensibilité.

Traitement. — La perte de l'odorat, dépendant de l'abus des stimulants , comme le tabac, est rarement curable; dans tous les cas : Sulfur, PhospAor, Mercur-cor, sont souvent utiles. — L'exaltation de la sensibilité de l'odorat , presque toujours symptôme de l'hystérie, cède habituellement à Lachesis, Cantharis, Ignatia.

Troubles de la phonation. — Ils consistent dans l'irrégularité de la voix (fiégay entent); en altération du timbre de la voix (raucité) ; en impossibilité d'articuler les mots (aphonie) ; en omission ou changement de certains mots (apasie) ; et dépendent du spasme des muscles de la phonation, de leur paralysie, de lésions organiques du larynx ou de la glotte et de quelque affection cérébrale.

Traitement. — Raucité de la voix : Aconit , Hepar-s, — Aphonie incomplète, par refroidissement ou autre cause : Carbo-v, Caustic, Drosera — Aphonie complète : Canthar, Lachesis, Phosph., — Apasie : Chamom, fîelladona, Calcar-c, Apis-mel.

Dans plusieurs cas, il s'agit de traiter une laryngite, une névrose, une paralysie.

Troubles de la vue. — Ils constituent des symptômes d'une névrose, d'une amaurose, d'une lésion des organes de la vision. La pftotopsie consiste en sensations de traînées lumineuses, de cercles de lumière, d'étincelles. Les nubécules sont des taches ou des points noirs dans le champ de la vision {mouches), occasionnés par de petits noyaux d'injection de la rétine. La berlue est la sensation visuelle d'objets qui n'existent pas : insectes, images diverses. Le daltonisme ou dyschromatopsie est la perception infidèle des couleurs : on prend l'une pour l'autre, ou l'on ne perçoit pas certaines nuances. Vasthénopie est une faiblesse de la vue qui se rapproche de la presbytie. La myopie est ce vice de la vue qui consiste à ne voir distinctement que les objets plus ou moins rapprochés, par l'effet de la trop grande convexité du cristallin ou des humeurs de l'œil. La presbytie constitue le vice contraire de la myopie et dépend des conditions opposées du cristallin et de la chambre antérieure de l'œil. Uamblyopie, faiblesse de la vue, précède souvent l'amaurose. La diplopie, perception double de l'objet que l'on fixe. Uhêmiopie> perception incomplète de l'objet ; on n'en voit que la moitié verticale ou horizontale. Uhéméralopie, trouble de la vue qui fait qu'on ne voit les objets que quand ils sont éclairés par la lumière du soleil. La nyctalopie consiste, au contraire, à ne voir

les objets que pendant la nuit. La photophobie, excessive sensibilité de la rétine avec perception douloureuse de la lumière, ou môme impossibilité de la regarder. La midriase, dilatation permanente de la pupille, par un vice de conformation ou par paralysie de l'iris ; c'est aussi quelquefois un symptôme de l'helminthiase.

Traitement, — Photopsie : Phosph. , Cocculus, Puisât. — Nubécules : Phosph, Sepia, Mercur-cor.

— Berlue : lgnatia, Suif., Hyosciamus. — Daltonisme : Aurum, Bellad., ou encore Phosph., Digital.

— Asthénopie : Drosera, Cina, Phosph. — Myopie : verres concaves à divers degrés; Coni, Sulfur, Phosph. — Presbytie : verres convexes à divers degrés : Drosera, Moschus, Calcar-c. — Amblyopie : Natrum-m, Bellad., Sulfur. — Diplopie : Bellad., Digital, Secale-cor. — Hémiopie : Aurum, Lycopod. — Héméralopie : Veratr., Puisât., Mercur-sol. — Nyctalopie : Aconit, Nux-vom, Phosph. — Photophobie : Belladona, Arsenic, Apis-mel. — Midriase : Opium, Belladona.

Vertiges. Mal de mer. — Le vertige est caractérisé par une sensation de tournoiement ; on le distingue en vertige simple et en vertige ténébreux. Le premier est symptomatique de congestions, d'anémie, de névroses ; le second est un symptôme de l'épilepsie, de la maladie hémorrhoïdale, et va jusqu'à la perte de connaissance et à la chute du corps, mais rapide, avec retour instantané à l'état habituel. Le mal de mer est, un état vertigineux

avec vomissements, angoisse et indifférence morale.

Traitement. — Vertige simple : Arnica, Cocculus, Lachesis. — Vertige ténébreux : Sulfur, Nuxvom. 9 Niiri-ac. — Mal de mer : Cocculus, Arsenic (on a conseillé Tabacum).

Insomnie. Cauchemar. — L'insomnie est fébrile, congestive ou nerveuse. Elle est plus ou moins simple et dégénère parfois en anxiété. Le cauchemar est caractérisé par un réveil anxieux, à la suite d'une sensation de pression sur Fépigastre et de divers phénomènes accessoires et variables. Il est souvent le résultat d'une digestion laborieuse.

Traitement. — Contre l'insomnie fébrile : Coffea 9 Bellad., (Gekeminum). — Contre l'insomnie congestive : Bellad., Opium. — Contre le cauchemar : Nux-v., PuUatil. On doit recommander de manger peu le soir. Quelquefois un verre d'eau pure avalé au moment de se coucher procure un sommeil calme.

Léthargie. Garas. — La léthargie est un sommeil profond qui peut se prolonger au delà de plusieurs jours, et dans lequel le malade entend et parle lorsqu'on le réveille, mais sans en garder le souvenir et pour se rendormir aussitôt. Le carus est un sommeil plus profond, pendant lequel le malade n'entend pas et ne parie pas. Ces deux affections sont ordinairement des symptômes de l'hystérie.

Traitement. — Contre le sommeil lourd, excessif : Opimn, Conium. — Contre la léthargie dans une convalescence : Nux-vom., Chamo. — Contre le carus : Opium, Arnica.

Le sommeil est un acte physiologique, souvent insuffisant, léger, troublé, ou trop lourd, ou provoqué par le travail de la digestion. Contre le sommeil léger, troublé : Pulsatil. , Crocus. — Contre le sommeil lourd ou prolongé : Cina, Digital. — Contre la somnolence après les repas : Arnica, Nuxvomica, aidés de la sobriété.

Délire. Coma. — Le délire est un symptôme fébrile; il est tantôt aigu, actif, tantôt furieux, tantôt tranquille et passif. Dans les fièvres graves, le délire passif est désigné sous les noms de subdelirium, de coma vigil. Le coma succède ordinairement au délire, il consiste, comme le délire, dans la perte de connaissance, et, de plus, dans une immobilité et un assoupissement dont le malade ne sort que s'il est excité. A un degré plus prononcé il se confond avec le carus.

Traitement. — Dans le délire aigu avec idée fixe : Aconit. — Avec crainte de la mort : Aconit, Mercur-s. — Avec idées effrayantes, hallucinations : Belladon., Hyosciam. — Avec actes de violence : Stramon. — Dans le délire passif ou subdelirium, s'il y a paroles inarticulées : Arsenic, Cttatnom. — Hébétude : Rhus. — Loquacité incohérente : Ignatia. — Dans le coma : Opium.

Toux. — H est question ici de la toux comme symptôme dominant de plusieurs affections. Elle est tantôt convulsive, tantôt sèche et fatigante, ordinairement par quintes, parfois provoquant des congestions et des maux de tête.

Traitement. — Toux provoquée par des picotements dans la gorge, et déterminant des efforts de vomissements ou des vomissements, durant les quintes ou à la fin : Drosera. — Toux petite, saccadée , avec sécheresse ou picotements à la gorge : Bellad., Caustic. — - Toux violente, sèche, avec congestion à la tête : Bellad., Nux-vom. — Toux avec sensation d'ardeur ou d'excoriation'et de constriction à la gorge : Cuprum, Canthar., Caustic. — Toux avec sensation d'ébranlement et de brisement des muscles abdominaux : Bellad., Puisât. — Toux violente avec sifflement rauque : Cupr. y Hepar-s. -— Toux violente avec suspension de la respiration : Veratrum, Tartar-emet.

indigestion.— Affection de l'estomac caractérisée par l'arrêt de la digestion, et par des phénomènes variables, suivant que l'indigestion est simple ou grave. L'indigestion simple ou de forme commune est accompagnée d'anxiété et se termine par le vomissement. L'indigestion grave s'accompagne de congestion cérébrale.

Traitement. — La première indication est de provoquer le vomissement en titillant l'arrièregorge, en faisant avaler de l'eau tiède; Ipéca, et

Digitalis conviennent ensuite, dans la forme commune. — PuUatU., s'il y a anxiété avec frissons et accablement. — Ghamom, s'il y a agitation et soif. — Dans la forme grave, la congestion cérébrale indique Ipéca., Tarlar-emeL, puis le traitement du coma. — Lorsque l'indigestion a été causée par l'ingestion d'eau froide, de glace, de fruits, on donne Arsenic et Veratr. — Par l'ingestion de substances graisseuses, huileuses, pâteuses : Putsatil. — Par l'ingestion de lait : Veratr. , Calcar-c.

Anorexie. Abstinence morbide. — L'anorexie, ou simple perte de l'appétit , est tantôt un symptôme d'une maladie, tantôt purement nerveuse, ou gastrique; elle est rarement en pareil cas une source d'indications. V abstinence morbide est un symptôme de plusieurs névroses, surtout de l'hystérie ; elle est caractérisée par l'aversion pour la nourriture et par l'impossibilité de manger sans vomir. Cette abstinence peut durer des semaines et des mois.

Traitement. — Dans l'anorexie nerveuse :

Chamo., Nux~v. 9 Suif. — S'il y a pointillement rouge de la langue : Digital., Graphit. — Dans l'anorexie gastrique : Ipéca., Puisât, Nux-v. — S'il y a répugnance pour la nourriture : Tartar-emek — Soif : Veratr. — Absence de soif : Pulsatil., Plumb. — Goût amer : Nuœ-vom., Drosera. — Goût métallique : Gakar-c.y Thuya., Natrum-mur. Les indications pour le traitement de l'abstinence morbide se tirent de la maladie principale et des affections concomitantes.

Boulimie ou faim canine. Besoin de prendre une quantité d'aliments beaucoup plus grande qu'à l'ordinaire. Cette faim dévorante s'accompagne d'une puissance de digestion extraordinaire.

Traitement. —. Boissons lactées, mucilagineuses, émulsionnées. Aliments gras et huileux; ou quelquefois sucre, aliments sucrés. Bains tièdes. Sommeil prolongé. Les meilleurs médicaments sont : Phosph. et Nux-v. 9 chez les sujets vigoureux ou irritables. — Cina et Iodium, chez les sujets pâles, amaigris. — Chamom., Sulfur, chez les sujets maladifs, faibles. — Calcarc, Phosph., chez les sujets obèses ou lymphatiques.

Pica. — Perversion du goût caractérisée par l'aversion pour les aliments ordinaires et la recherche de substances non nutritives : le malade mange du plâtre, de la cendre, du bois, des chiffons. Cette affection est aussi appelée Malade. Elle est un symptôme de diverses névroses et de la croissance maladive, et conduit quelquefois à la consomption.

Traitement. — Combattre les affections concomitantes. Recourir aux moyens hygiéniques convenables tels que les voyages, l'hydrothérapie. Pour les médicaments adaptés à la perversion de l'appétit, les principaux sont : Coniwn, Bryonia, Silicea que Ton administre successivement et à distance de plusieurs jours.

Acidités. Pyro»ku— Les acidités de l'estomac se manifestent par une sensation désagréable d'ardeur avec renvois acides et régurgitations d'un liquide acide. Le pyrosis est caractérisé par des acidités et par la sensation de brûlement à l'estomac, d'où le nom de fer chaud. ..

Traitement. — Conium, s'il y a régurgitation de glaires avec acidités — Sepia, Nux-v, constipation — Carbo-v, flatuosités — Sulfur, soif — China, Arsenic y selles faciles (Sulfuris-acidum, Curare et Nux-moschata, ont aussi été conseillés).

Merycisme. — Affection caractérisée par la régurgitation du bol alimentaire pendant la digestion, et par une espèce de rumination. C'est souvent un symptôme de gastrite chronique.

Traitement. — Alimentation sèche, ou du moins se prêtant à une mastication parfaite. Thuya, Nuxvont, et Phosph., sont très-indiqués.

Flatulence. Météorisme. — La flatulence est caractérisée par la production de gaz dans le tube intestinal. C'est un symptôme de la dyspepsie et de diverses névroses. Lorsque les gaz ne sont pas expulsés et qu'ils circulent dans l'intestin, les bruits qu'ils occasionnent s'appellent borborygme*. Si les vents incarcérés distendent l'intestin, il y a ballonnement; et si cette distension est excessive il y a météorisme. Le météorisme est un symptôme des lièvres graves à leur dernière période. On lui donne aussi le nom de tympanite, tympanisme.

Pour un ouvrage didactique la flatulence serait une division de la Pneumatose, affection caractérisée par un développement ou une accumulation de gaz dans les tissus ou dans une cavité. Dans le tissu cellulaire c'est Y emphysème; dans la plèvre, le pneumo-thorax; dans le péricarde, le pneumo-péricarde; dans l'utérus, le physomètre; dans le scrotum, le pneumatocêle : dans l'intestin, la flatulence. Au point de vue de la pratique, nous devons nous borner à la flatulence et à Y emphysème du poumon. En traitant de la gangrène nous caractérisons l'œdème emphysémateux.

Traitement.—- China, Chamom, Sulfur, répondent à la flatulence chez les convalescents, les personnes affaiblies. — Ignatia, Nux-vwn, Chamom. à la flatulence de la dyspepsie, des névroses. — Bryonia, Cuprum aux borborygmes avec vomiturations ou crampes. — Nux-vom. Carbo-v. au ballonnement. Carbo-v. Phosph-a. à la tympanite. Les frictions chaudes et l'application de la chaleur sont d'excellents auxiliaires.

incontinence d'urine. — L'incontinence d'urine consiste dans son émission involontaire. On l'observe surtout chez les enfants, chez les vieillards et les femmes enceintes. Chez les enfants, l'urine paraît être expulsée par excès de contractilité de la vessie. Chez les vieillards l'urine sort par affaiblissement de cette contractilité. Chez les femmes enceintes, elle coule par la pression des viscères abdominaux. Aussi l'incontinence d'urine est-elle

nocturne chez les enfants (pissement au lit), diurne chez les vieillards, et se produit-elle au moindre effort chez les femmes enceintes.

Rétention d'urine. — Elle est occasionnée par des lésions, des calculs, des obstacles mécaniques, par l'inflammation de la vessie, un spasme, une paralysie. Elle reçoit le nom de Dysurie ou difficulté d'uriner quand elle est incomplète; d'Ischurie, lorsqu'elle est complète; de Strangurie, lorsque la difficulté d'uriner est très-grande, et accompagnée de vives douleurs, principalement quand elle est due à un rétrécissement du canal.

Traitement. — L'incontinence d'urine chez les enfants exige de prime abord Bellad. — Thuya et Plumb. alternés, sont souvent très-efficaces. — Dans les cas opiniâtres : Sulfur et Calcar-c* 9 suivis de Bellad. et Mercurs. — Canth et Thuya ont réussi chez des jeunes filles pubères. Chez les vieillards : Nux-vom. et Cantharis répondent à l'incontinence d'urine, s'il y a ténesme. — Phosph, Caustic. s'il y a atonie. — Sulfur, Nux-v. conviennent aux cas rebelles.

La rétention d'urine présente les indications du spasme de la vessie, delà cystite, d'une paralysie, de la pierre... On est quelquefois obligé de recourir au Cathétérisme ou introduction de la sonde creuse dans la vessie.

ictère ou Jaunisse. — Affection caractérisée par la coloration jaune, d'abord des urines, puis du blanc

des yeux et enfin de la peau. Elle peut être due au spasme des voies biliaires dans un accès de colère, d'émotion, de frayeur, ou à leur obstruction, à certaines affections du foie. L'ictère, outre cette forme simple ou commune, présente une forme grave caractérisée par une fièvre ardente et des hémorrhagies multiples.

Traitement. — Dans l'ictère simple : Mercurs.

— à la suite d'émotions morales : Chamom., Nuxvom. — après un accès de colère : Bryon, Mercurs.

— Sulfur se donne intercurremment dans les cas opiniâtres (Chelidonium majus a été aussi recommandé). Dans l'ictère grave ou malin, Aconit, Bel" lad., répondent à la fièvre. — Lachesis, Phosph. aux hémorrhagies.

Asphyxie. — Etat de mort apparente par suspension de la fonction respiratoire, soit directement par obstacle à la respiration, soit indirectement par cessation momentanée de Faction cérébrale. On observe des symptômes d'asphyxie dans le choléra, les maladies graves du poumon, du cœur ou du cerveau, dans certaines névroses telles que le tétanos, et toutes les fois que le sang, n'étant pas complètement oxygéné dans l'acte de la respiration, passe dans les artères à l'état de sang veineux ; il produit alors une stase sanguine dans les vaisseaux capillaires, avec rougeur noirâtre des extrémités (cyanose) et diminution de la chaleur animale jusqu'au refroidissement (algidité).

L'asphyxie occasionnée par la submersion, par

Alexis Espankt. 14

la strangulation, et par l'introduction dans le poumon d'un gaz non respirable, s'accompagne souvent de congestion cérébrale.

Traitement. — Dans l'asphyxie des maladies graves et des lésions du cœur ou du poumon , les indications sont fournies par ces maladies et ces lésions. Dans les autres cas, le traitement consiste à faciliter l'introduction de l'air dans le poumon, et à réveiller la sensibilité. Les noyés sont débarrassés de leurs vêtements, et couchés sur le côté gauche. On nettoie la bouche et les fosses nasales, on frictionne fortement la surface du corps, on l'enveloppe de couvertures chaudes.

Pour ceux qui ont subi la strangulation, on coupe leurs liens, on les couche sur le dos avec la tête élevée, on les frictionne, et on fait sur leur corps l'application de corps chauds et irritants.

Pour* les asphyxiés par un gaz, par exemple l'acide carbonique, on fait des aspersions d'eau froide sur la peau, on frictionne le corps, on frotte les narines de vinaigre.

Dans tous les cas, on presse la poitrine et le ventre légèrement et avec méthode, pour simuler le mouvement respiratoire; on insuffle de l'air dans la bouche ou même dans le larynx avec précaution; et ce n'est quelquefois qu'après plusieurs heures de persévérance, dans ces manœuvres, que l'on parvient à ramener un asphyxié à la vie..

Sitôt que le malade donne quelque signe de vie,

on administre Carbo-v. On suit les progrès de la réaction, que Ton modère par Aconit, si la chaleur et la fièvre s'élèvent, ou que Ton excite par Opium, s'il y a stupeur ou hébétude.

Congélation. — Lorsque le froid a déterminé la congélation du corps ou d'une partie du corps, on pratique des frictions avec de la neige, et on surveille la réaction pour l'activer ou la modérer, comme dans l'asphyxie. — Quelquefois à la suite de l'action du froid il se produit une paralysie, à laquelle on a donné le nom de Béribéri, on lui oppose Rhus et Phosph.

consomption. — Affaiblissement progressif des forces avec amaigrissement, anéantissement de la nutrition et flux colliquatifs. Les diverses formes de la consomption ont pris les noms de marasme, fièvre hectique, étisie, et caractérisent la dernière période des cachexies, des lésions organiques, de certaines névroses. Dans une autre forme de la consomption, il se produit une ostéite vertébrale, elle est particulière aux jeunes gens onaniques, et a reçu le nom de tabès dor salis.

Traitement. — Des modifications hygiéniques sont ordinairement très-importantes pour le physique et le moral. Arsenic répond à l'amaigrissement, à la diarrhée, aux divers phénomènes d'irritation des muqueuses des yeux, du nez, de la gorge; — Ignat et Phosph-ac sont indiqués par les désordres

de la caloriflcation, les bouffées de chaleur acre mêlées à des sensations de froid ; — Chamom et Silicea par la chaleur fébrile, la rougeur des pommettes, l'ardeur des mains. On traite en môme temps les lésions.

11 e CLASSE

Les névralgies sont des affections douloureuses siégeant sur un ou plusieurs nerfs, dont elles suivent le trajet, en se fixant sur un ou plusieurs points, d'où la douleur parait se propager. Leur marche est irrégulière et quelquefois intermittente, telles sont : la migraine, le tic douloureux de la face, la névralgie cervicale et ses divisions, l'otalgie, la pleurodynie, la gastralgie, lentéralgie, le lumbago, la sciatique, les névralgies des viscères et des glandes, l'odontalgie, la céphalalgie*

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