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RÈGLES DU TRAITEMENT SELON LA RÉGION OU LE SYSTÈME ORGANIQUE LÉSÉS

J'ai dit dans les chapitres précédents comment les spécifiques doivent être administrés pour qu'ils répondent aux différentes phases tant de croissance que de vulnérabilité du microbe, ainsi qu'à l'état de l'organisme créé par le décours des périodes successives de la maladie.

Le présent chapitre doit résumer, en termes nets et précis, l'enseignement tiré de ces principes. C'est la thérapeutique appliquée, c'est l'indication minutieuse, détaillée du rôle du médecin vis-à-vis de telle et telle lésion considérée considérée quant au lieu où elle siège, au tissu qu'elle occupe.

Pour bien atteindre ce but, rien ne vaut le point de vue topographique. Il éclaire singulièrement pour le médecin les éventualités de sa tâche.

En effet : 1° la syphilis n'affecte pas simultanément toutes les parties du corps; 2° à la même période, elle est loin d'offrir la même forme sur toutes celles qu'elle a atteintes; 3° à toute région ne suffit pas indifféremment le même traitement et elle ne se prête pas non plus indifféremment au même mode d'emploi des mêmes remèdes.

Bien que ces différences paraissent au doctrinaire d'importance assez minime, apprendre au jeune médecin à les connaître, à discerner ce qu'elles cachent, à appliquer à chaque lésion l'ordonnance, l'opération, le pansement, la recommandation hygiénique qu'elle comporte, c'est le meilleur moyen d'écarter de ses premiers pas le premier obstacle qui

lliMll ■■ M I . s l l OCAL.

l'arrête, de faire du lecteur attentif un praticien que rien ne déconcerte.

La thérapeutique locale compte un certain nombre d'agents reconnus efficaces : mais comme la manière de les appliquer mérite |>lw< d'attention que le choix à faire entre eux, comme leur emploi varie plutôt selon la région que Belon la lésion, je vais en exposer les règles d'après l'ordre topographique, en procédant simplement de haul en bas :

Région crânienne. — Les croûtes d'acné, au cuir chevelu, ne demandent qu'à n'être pas arrachées par le peigne, ou par les ongles que le malade y porte instinctivement, et avec une ténacité parfois invincible.

Un il«' mes clients, ex-syphilitique, n'avait plus d'autre symptôme que deux plaques de cette acné, <|u'il entretenait obstinément par le grattage. Se croyant toujours vérole tant qu'elles subsistaient, ne po uvi int s'empêcher de les gratter, désespéré <\>x manquer par là un mariage ardemment désiré, j'appris que, après quatorze mois de lutte inutile contre luimême, il avait tranché par le suicide «a- singulier nœud gordien.

Si c»'s croates sont larges, épaisses impétigo, ecthyma, rupia . voici une excellente formule :

\ il. « En se mettant au lit, étendre sur l'endroit malade, après avilie coupé les cheveux au pourtour, une couche de saindoux. Par-dessus, mettre un cataplasme de farine de lin. Le couvrir de coton et le Bxer, de façon à ce <|u il reste en place toute la nuit en conservant sa chaleur.

Le matin, l'ôter. Détacher doucement et sans faire saigner la croûte, qui a été ramollie et ébranlée parce topique. Si uni1 seule application ne suffi) pas pour permettre de déta: cher la croûte sans douleurs ni saignement, il faut la réiti rer une «m plusieurs fois.

1. 1 croûte ' tant enûn enlevée, étendre doucement sur la surface malade, deux lui- par jour, un peu de :

Axonge -30 grammes.

Turbith minéral 3 —

v< S'il y a une ulcération, on pousse jusque clans son fond un peu de charpie enduite de la même pommade.

Les ganglions occipitaux mastoïdiens ne s'enflament que très exceptionnellement, autant dire jamais. S'ils deviennent douloureux, c'est sous l'influence d'un refroidissement; il faut alors appliquer sur toute cette région un petit sacàmoitié rempli de son fortement chauffé, qu'on recouvre de coton el qu'on garde en place toute la nuit. — Je n'ai pas à indiquer les opérations et les pansements que nécessiterait la suppuration très exceptionnelle.de ces glandes, uniquement due à la disposition lymphatique du sujet.

Crâne. — Les tissus voisins d'une gomme suhissent toujours par le fait soit de la présence, soit de l'évolution de celle-ci, un changement de nutrition qui peut aller jusqu'à la mortification. De là les nécroses de l'une ou l'autre table du crâne, par suite des gommes développées dans le diploé. Dans ces cas, si la suppuration persiste, n'espérez pas que l'iodure puisse y mettre un terme. Elle dépend de la présence du séquestre, et c'est à la chirurgie d'intervenir.

Face. — Ce qu'il faut surtout viser ici, c'est la prompte disparition des lésions de cette région, même de celles qui sont le plus insigni&antes comme gravité, car celle disparition d'un stigmate essentiellement compromettant a une importance que l'on comprend aisément. — Sous le rapport de leur impressionnahilité à tel ou tel topique, je divise les lésions du visage en d3rschromaleuses, végétantes et ulcérées.

a. Les plaques circinées, de coloration bistre, café au lait, qui déflorent les joues et le menton des femmes, les squames de la barbe chez l'homme, sont effacées rapidement par les moyens suivants :

N°42. — « Frotter, deux ou trois fois par jour, les plaques avec :

TRAITEMENT LOCAL. "I

Uonge 80 gn les.

Bi-iodure hydrargyrique 6 décigramo

Paire la Friction pendant deux minutes cl assez vivement pour qu'elle irrite la peau.

Si, après deux frictions, faite à douze heures d'intervalle, la peau n'esl pas devenue rouge, sensible, faire ajouter ' déci* grammes de bi-iodure et continuer jusqu'à ce que cel effet se pro luise.

Lorsque L'irritation sera obtenue, cesser les frictions el attendre cinq jours.

Si, au boul de ce temps el l'irritation causée par les frictions ayant passé), la lésion n'est pas tout à fait effacée, la bassiner plusieurs fois par jour avec la liqueur de Gowland. — On peut aussi, quand l'état aigu a cessé, y appliquer, en se couchant, un morceau de sparadrap de Vigo, qu'on gardera toute la nuit.

« Le malin, après avoir ôté cet emplâtre, nettoyer la place avec de l'huile d'olives. »

li. Au pli mento-labial el surtoul en dehors de l'aile du nez, l<'- lésions prennent souvent la for de petites végétations mamelonnées. On en a promptement raison en portanl a fond, sur leur circonférence et dans l'intervalle qui existe entre leurs petits lobes, le bout taillé en pointe d'une allumette trempé dans le nitrate acide de mercure, ou dans une solution, faite à saturation, de chlorure de zinc dans de l'eau. On répète, selon le ''as. cel attouchement, deux ou trois fois, à quatre jours d'intervalle.

-. Les ecthymas de la ligure donnent souvent autant de peine au médecin que de tourment au client. Je recommande, pour en venir à bout, la manœuvre <pii Nient d'être décrite. M lis elle doit varier, selon la période on le mal se trouve lorsqu'on est appel.'. Il importe, avant tout, que le caustique touche et i :he nu certain temps, non pas seulement la superficie de la lésion apparente, mai- le fond même et tout le

iiJ SYPHILIS.

fond de l'ulcère qui la constitue. Si l'ecthyma ne fait que commencer, l'allumette pointue imbibée de caustique et portée profondément, suffit. Mais, au contraire, l'ulcération a-t-elle déjà une certaine étendue? Alors prenez entre les mors d'une pince une boulette de charpie; trempez-la dans le caustique, puis enfoncez-la dans les anfractuosités du fond de l'ulcère, sous ses bords décollés; ne craignez pas d'appuyer; prolongez l'opération pendant une ou deux minutes en mouillant de nouveau la boulette du liquide caustique, jusqu'à ce que toute la surface ait blanchi, et que vous puissiez y pousser de nouveau le porte-caustique sans que le malade sente la brûlure. Au bout de huit jours, si l'eschare étant détachée, quelques parties de la plaie offraient encore l'aspect couenneux, pultacé, renouvelez la cautérisation.

Narines et fosses nasales. — Pour les plaques érythémateuses, exulcéreuses ou ulcéreuses de l'entrée des narines, je prescris :

N° 43. — « Prendre, tous les matins, un bain de la partie, d'un quart d'heure de durée, (en y reniflant) dans un bol d'eau tiède, pour détremper les croûtes.

« Les détacher alors doucement, sans faire saigner (en se mouchant d'un seul doigt, à la façon des gamins de Paris), puis introduire dans la narine un petit tampon (fait en attachant avec un fil un peu de coton autour du bout d'une allumette), enduit de la pommade au turbith. Se guider — c'est le client qui opère lui-même — se guider, d'après la sensation éprouvée, pour le porter, avec précision, sur le ou les endroits malades. Et, quand on sent qu'il y est arrivé, frotter doucement en roulant le tampon au lieu de le faire tourner sur lui-même. »

En dedans de la narine, tout à fait sous le bout du nez, derrière la jonction de l'aile du nez avec la cloison, il y a un petit cul-de-sac (fosse naviculaire des narines), qui est le siège

TRA1 n \li\ l LOCAL, t43

de prédilection des lésions syphilitiques. On les 3 guérit aisé ment, en prescrivant de :

N 14. — « Tous les Boirs, appliquer loco dolenti un petil morceau d'emplâtre de Vigo, de la (grosseur d'un grain de Mr. L'enfoncer dans ladite cavité <mi le pressant assez, avec le bout du petit doigt, pour qu'il reste en place pendant la nuit. •>

Contre la rhinite calarrhale, purulente ou ulcéreuse, accompagnée ou non de Formation de croûtes, de Baignement, il faut, outre L'emploi de l'iodure à l'intérieur :

\" 15. — aspirer doucement, matin et soir, par les na rines, la vapeur d'une pincée de poudre de cinabre, jetée en plusieurs fois sur une plaque de Fer rougie.

En outre, ou subsidiairement, aspirerpar les narines un peu de la solution iodurée ou de liqueur de Labarraque, versée dans le creux de la main, pure ou étendue d'eau. L'aspirera fond, de manièreà la faire revenir par le pharynx et la rendre par la bouche.

« Éviter d'arracher les croûtes soit .ivre les doigts, soit eu se mouchant trop Fortement. »

On peut aspirer ou priser trois Fois par jour une pincée de :

l.\ copode , »

.1:1 s grammes.

Calomel I

Enfin, comme auxiliaire du traitement et pour parer à la Fétidité qu'engendre cette maladie, on Fera des injections d'eau phéniquée à grand courant, au moyen d'un irrigateur, de Façon a ce que, à l'aide du procédé connu, ce liquide poussé dans une narine ressorte par l'autre.

Œil. — G'esl i'-i lecasde résumer les règles générales de traitement que réclament les inflammations des milieux oculaires

Avant tout, tenir le malade dans une température chaude et lixe; pros< rire tout travail de I œil et même I abord de la

lumière, tout excès de boisson, de contention d'esprit, même de conversation. — L'emploi de la pilocarpine (0,02 de chlorhydrate, en une injection hypodermique par jour) provoque ou maintient l'état de diaphorèse utile h la résolution des tissus phlegmasiés.

Quant aux spécifiques, remplir d'abord l'indication principale par deux ou trois pilules par jour de a centigrammes de proto-iodure de mercure; puis en outre, faire sur le front et les tempes, malin et soir, une friction d'onguent napolitain belladone. ■ — Si le danger presse, y joindre le calomel employé à doses réfractées, en vue de provoquer la salivation, effet sur lequel on peut compter sûrement comme sur le meilleur remède des inflammations oculaires. — S'il y a coïncidence d'eclhymas, d'albuginite, de rhinite, en un mot de lésions appartenant à la période tertiaire, ajouter l'iodure de potassium à A ou 6 grammes par jour. — Les organes digestifs se montrent-ils réfractaires aux spécifiques administrés par la bouche. Les frictions avec l'onguent napolitain et les injections hypodermiques de sublimé ou de peptone hydrargyrique un d'huile grise doivent èlre mises en œuvre à assez court intervalle.

Une émission sanguine locale, au moyen de six ou huit sangsues appliquées sous l'oreille, est quelquefois nécessaire et ne sera jamais nuisible, à condition qu'on ne fasse pas un fond trop exclusif sur le résultat à espérer de cette médication.

C'est aussi comme antiphlogistique qu'agissent les instillations de sulfate neutre d'atropine (à 10 centigrammes sur 30 d'eau) répétées deux fois par jour. Mais leur principal effet, celui qui en commande l'emploi en pareil cas, est, en rendant cette membrane mobile, d'empêcher la production des adhérences de l'iris.

Après une iritis, après une choroïdo-rétinite, il faut toujours redouter une récidive, par conséquent tenir le ma-

I HUIT Ml. VI LOCAL. I > i

lai le averti el se tenii soi-même prêt a reprendre le Lrnitemenl dès le premier indice venanl .1 ?e manifester, el * • 1 1 ne négligeant pas d'uliliser, pour le choix des remèdes & mettre alors en uBage, l'expérience qu'on a acquise Burleur efficai ité, Bur l'efficacité spéciale 'I'1 lel ou tel d'entre eux, pendant la première attaque.

Oreille. — Les diverses syphilides siègent, se comportent

ri -uni traitées au pavillon de l'oreille c nu' ailleurs. Dans

lr conduit auditif, elles deviennent parfois végétantes, et nécessitent alors des cautérisations réitérées avec le crayon de nitrate d'argent, et ensuite, pour prévenir la récidive, L'emploi d'un bourdonnel de charpie enduil de pommade mer curielle laissé à demeure.

L'otite moyenne peut être seule un coexister avec une lésion de la trompe, lésion consécutive elle-même à des sy philides pharyngiennes. Une surdité, aisément curable par l'usage interne des spécifiques, est la suite il<' cet état qui, lorsqu'il B'accompagne d'une inflammation «lu périoste, cause dr vives douleurs, (tu l'a vu produire la perforation du tympan : aussi est-il indiqué, si lr- signes d'un abcès de la caisse se manifestent, de ponctionner la membrane Lympanique.

Cavité buccale. — Réceptacle lr plu- ordinaire des lésions les plus sujettes a récidiver, el 1 récidiver pendant tout lr cours de la maladie, cette cavité mérite L'attention particulière du spécialiste, el cela a un triple titre : I" ses Lésions soûl contagieuses, el en fait, elles contagionnenl très souvent a cause de la pari prépondérante, parfois exclusive, que prennent aux rapports sexuels les organes qui sonl le siège de ces lésions : -2 ' elles sont insidieuses, en raison d'abord de leur indolence relative, puis de la profondeur de quelquesunes d'entre elles el de leur situation en dehors des points où l'œil nu de l'observateur peul atteindre; 3° enfin, n'étant quelques-unes du moins justiciables que de la médication lo-

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cale, elles en exigent d'autant plus impérieusement l'application hâtive, exacte, méthodique, réitérée. — Divisons-la, pour faciliter l'étude, en plusieurs sous-régions, savoir :

a. Bouche proprement dite. — Les plaques muqueuses y sont la lésion la plus fréquente, et les endroits où on les rencontre ordinairement, où il faut d'abord les chercher, sont : en dedans des lèvres supérieure et inférieure (surtout à deux points symétriques, de chaque côté, correspondant aux canines) ; les bords et la pointe de la langue; la commissure labiale (où elles offrent la forme de fissure, souvent recouvertes d'une petite croûte), et un point de la joue situé immédiatement en arrière de la commissure; les côtés du filet de la langue ; le dos de la langue vers le milieu (là sous forme de végétations sèches, psoriasis lingual); les côtés de la voûte palatine ; derrière ainsi qu'en dehors des dents de sagesse.

Il suffit, pour guérir ces lésions, d'un attouchement avec une boulette de charpie imbibée de nitrate acide de mercure. Mais il le faut prolongé, fait en appuyant sur les points les plus ulcérés, en réimbibant, s'il est nécessaire, la boulette et la réappliquant jusqu'à ce que toute la surface ait blanchi '. — Si le client doit s'absenter, ou s'il préfère se traiter lui-même, je mets à sa disposition un caustique moins énergique, le suivant :

1. Au lieu d'une boulette de charpie, j'emploie avec avantage, pour certains endroits, l'extrémité d'une allumette. Avec cet instrument, qui se trouve partout, on peut appliquer fortement le caustique sans craindre que, en appuyant, ou ne le fasse couler sur les parties voisines comme lorsqu'on se sert de la boulette. Taillé en pointe ou à plat, il peut s'insinuer partout, attaquer les fissures les plus étroites; lui seul permet de cautériser efficacement le bord décollé des gencives (eu'lc prenant à revers), et surtout les ulcères si fréquents d'une partie de gencive qui déborde et recouvre un peu la couronne de la dernière dent. En faisant subir à l'extrémité de l'allumette une^fractwe incomplète, ou lui donne et elle garde la forme d'un crochet, et son bout imprégné du caustique peut ainsi être porté perpendiculairement sur les végétations du dos de la langue, qu'il importe de cautériser avec un instrument qui, au lieu de glisser à leur surface, pénètre directement entre leurs mamelous.

ruuïi.Mi.vr LOCAL.

\ 16, rroia jours de suite, toucher les endroits ma

lades .i\ ec un pinceau mouillé de :

Eau distillée 15 gi imaii

Alcool 2 —

Sublimé 5 décigr,

« Quelque >"ii le liquide employé, il faul bien égoutter le pinceau sur le bord du Qacon, avanl de B'en servii

Il e>i un étal de la langue hyperplasie érosive des papilles peu décrit mais digne d'attention, en raison de l'incommodité qu'il cause el de sa résistance aux remèdes. Il attaque les bords el surtout la face dorsale de cet organe, 1 1 en converti! les plis naturels en autant d'ulcères superficiels à forme de fissures. Os ulcères, par l'inflammation qu'ils produisent, déterminent la tuméfaction des saillies qui, à l'état normal, constituent les bords des plis. Aussi les petits ulcères riant douloureux et les petites tumeurs gênantes par leur volume, il en résulte, quand la maladie occupe une certaine étendue el affecte une certaine intensité, que le moindre contael exercé soi! sur la langue, Boil par la langue, cause de la souffrance : la prononciation est altérée, empâtée el par suite le timbre de la voix parait rauque et sourd.

Contre cet étal extrêmement pénible, j'emploie avec quelque avantage car je ne me flatte pas de toujours le guérir] les moyens suivant- :

N 17. — « Tous les trois jours, et à trois ou quatre reprises seulement, toucher le fond de toutes les fentes ulcéi\ ec le bout taillé à plal d'une allumette trempé dan- la solution de sublimé voy. ci-dessus, n° 46 .

« Tenir presque continuellement dan- la bouche soit un morceau de gomme, soit une gorgée de décoction de guimauve el de tète de pavot.

Éviter de boire el de manger rien de trop chaud potage et café . rien de trop sale, acide, alcoolique, épicé

- ibstenir de déguster^ el surtout de fumer, « prescription

ils SYPHILIS.

de rigueur », ce mal affectant de préférence les syphilitiques forts fumeurs.

D'ailleurs, toute cause simplement irritante peut, sur les syphilitiques, provoquer aux points où elle agit le retour des plaques muqueuses. Ainsi, il n'est pas rare de voir ces plaques récidiver ou persister sur des endroits du bord de la langue qui se trouvent en contact avec des aspérités de dents cassées ou déviées. Tout autre accident syphilitique a cessé depuis longtemps: celui-là subsiste seul. Prodiguez le mercure ou les cautérisations : rien n'y fera. Mais aplanissez d'un coup de lime la saillie qui irrite mécaniquement : la lésion disparaîtra dès lors tout de suite et sans retour. — En vue de la même prophylaxie, recommandez au client de ne pas céder à la tentation de porter machinalement, à chaque instant, contre les dents ou sur le palais, la partie malade ou sujette à redevenir malade, de la langue.

b. Voûte palatine. — Menacée, atteinte, dénudée par les processus ulcéreux ou destructifs qui affectent soit la pituitaire, soit la muqueuse buccale, cette mince cloison osseuse est très souvent perforée. Dès qu'on y aperçoit, du côté de la bouche, une ulcération, il importe de limiter celle-ci aussi promptement que possible, car plus elle progresse, plus large sera le segment osseux qui, étant dénudé, sera ou peut être voué à la mortification. Pour cela, il faut enfoncer l'allumette qui porte le liquide caustique jusqu'où l'on sent le décollement des bords. — Dans un cas de perforation étroite et trop sinueuse, pour qu'on pût y introduire le porte-caustique, je réussis de la manière suivante à faire parvenir dans tout le trajet l'agent médicamenteux : je plaçai et maintins sur l'orifice buccal de la fistule un bourdonnet serré de charpie imbibée d'une solution de sublimé ; cela fait, j'engageai le malade à fermer les narines, puis à aspirer vivement par le nez en reniflant.

TRAITEMEN I I OCAL. 440

Contre la perforation réalisée divers obturateur mécani ques nui été imaginés. En voici un très Buffisanl el qu'on peul improviser. Prenez el superposez deux rondelles égales de caoutchouc vulcanisé, de forme ronde ou ovalaire un peu plus larges que la perforation; unissez-les .1 leur centre par un point «le couture. Saisissez-en alors une entre les deux mors d'une pince à pansemenl ; ainsi pliée, elle représente un corps allongé, terminé en pointe, Qexible sans l'être Irop, que, avec la pince, vou6 pouvez aisément introduire dans la fosse nasale. Arrivée là, et la pince ayant été retirée, la plaque nasale se déploie d'elle-même par un mouvement subit et l'appareil reste dès lors en place avec la même solidité que réalise le mécanisme du double bouton de chemise.

c. Isthme du gosier. — Etendez-vous spécial des plaques muqueuses, s'il n'y en a qu'une seule sur tout le corps, c'est là que vous la trouverez; et, bien rarement une vérole se termine sans qu'il y en ail eu, <■! récidivé, sur la face interne des amygdales. Mais la région est profonde; elle est, à l'état normal, sillonnée de plis, creusée de cavités qui en fendent l'exploration difficile. De plus, dès qu'on vent y regarder, la langue s'élève instinctivement el en masque la surface. De là l'importance des règles minutieuses que je vais tracer pour bien faire l'exploration de l'arrière-bouche.

Le malade étant assis Bur une chaise basse, en face du jour, sa tête laissée entièrement mobile, abaissez la langue avec le manche d'une cuillère; mais pour cela, au lieu de porter d'emblée, comme il est usuel, ce manche le plus en arrière possible, appuyez-le d'abord sur le tiers antérieur de la langue, et, l'organe étant ainsi assujetti, refoulez à lafois le tout langue et cuillère) en arrière par un mouvement d'ensemble^ Par ce simple perfectionnement de manœuvre, vous évitez les spasmes el nausées qui rendenl ce temps préalable de l'exa* men si difficile pour vous, si pénible pour le patient. Afin de mieux découvrir certains points qui se dérobent à la vue^

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tirez fortement en dehors la commissure labiale du coté opposé, la droite, si c'est l'amygdale gauche que vous voulez voir. — La face interne des amygdales, chez certains sujets, regarde directement en dedans, quelquefois même en dedans et un peu en arrière. Pour l'apercevoir, pressez directement d'avant en arrière avec le bout de l'indicateur en dehors du pilier antérieur; vous faites ainsi basculer l'amygdale et amenez sous votre rayon visuel sa face interne, qui se soustrayait à l'examen. — Beaucoup de lésions se dérobent à l'exploration sous un pli, surtout en haut de la loge amygdalienne, ou derrière le pilier postérieur. Invitez le malade à inspirer brusquement, avec force, tout en ouvrant largement, démesurément la bouche; l'isthme du gosier exécute alors synergiquement le même mouvement d'ampliation que l'orifice buccal, et cet artifice vous découvre des régions inaccessibles, sans lui, à vos regards. — Parfois le malade accuse une douleur, vous indique le point où il souffre, et cependant à l'œil nu vous ne pouvez rien y apercevoir. Alors je porte le bout du doigt profondément, je l'appuie assez fortement sur l'endroit désigné, et, après l'avoir retiré, je demande : « Est-ce bien là que je vous ai fait souffrir? » Mais comme ces parties sont très sensibles, à l'état normal, je ne me pro-^ nonce pas, d'après cette réponse, sur l'existence d'une lésion, sans avoir exécuté comparativement la même manœuvre sur le point correspondant du côté sain et avoir constaté qu'elle n'y a éveillé, celte fois, aucune douleur.

L'endroit malade étant ainsi mis à découvert, pendant que de la main gauche armée d'une cuillère vous tenez la langue abaissée, portez vivement de la droite sur la lésion le tampon caustique (bien exprimé). Vu la sensibilité, parfois excessive, des malades, ceci doit être fait à la volée, comme par surprise ;oubien, si l'on a affaire à un sujet plus tolérant, on mainlientle caustique en contact pendant trois ou quatre sec ondes. Aussitôt après, commence une douleur d'abord obtuse, mais

TRAITEMENT I OCAL.

qui va en augmentant pendant près d'un quart d'heure, puis diminue mais persiste encore une partie de la journée. Il convient d'avertir, après coup, de ce qui vase passer le* lient qui, - inscela, B'effrayerait de la progression de la douleur. -Deux fois en quarante ans et chez deux étudiants en médecine j'ai

\ h la cautérisati le l'arrière-bouche [faite cependant

comme à mon ordinaire être immédiatement suivie de Buffocation, avec sensation angoissante de constriction aux attaches du diaphragme; cet état, d'une durée et d'une intensité inquiétantes, ne put être calmé «pi'' par l'ingestion continuée un quart d'heure d'eau glacée et de morceaux de glace.

Malgré la douleur qu'elle cause, cette cautérisation est le remède par excellence des plaques muqueuses, toujours si tenaces, du gosier. Répétées deux, au plus trois fois, à quatre ou cinq jours d'intervalle, elle en opère à coup sûr la guéri* son, si le malade >/'■ fume pas.

Plus d'une fois, sentant parfaitement avec le doigt un endroit douloureux, mais ne pouvant, vu sa profondeur, le voir, je l'ai cautérisé avec la pulpe de mon doigt trempé dans le caustique. Ayant trouvé commode ce procédé de cautérisation, avec lequel on est dispensé de l'abaissement préalable de la langue, je l'applique souvent, surtout aux sujets pour qui cet abaissement est difficile, douloureux, répulsif.

1).' même aux malades qui appréhendent par trop la cautéi isation, je prescris :

\ 18. — Tous les matins, porter de chaque côté du gosier le bout du doigt mouillé, puis chargé de :

Poudiv de lycopode. . ) „ a

- decalomel | " 8 grammes.

Mêlez.

Et dans la jourri i gariser deux ou trois fois, avec

une gorgée de :

Eau distillée 350 grammes.

Sublimé 15 centigrammes l.

Alcool de menthe 8 grammes.

Mêlez.

Voici encore un mode d'auto-cautérisation. Lorsque je ne puis ni voir ni toucher la lésion gutturale, mais que le malade dit la sentir, je l'engage à saisir ma main, (que j'ai armée du porte-caustique), et de la faire parvenir là où il sent le mal. Ainsi c'est lui qui dirige et c'est moi qui brûle. Ma main n'est là en quelque sorte que le prolongement — mais un prolongement intelligent — du porte-caustique.

(I. Pharynx. — Les ulcères profonds, assez fréquents sur la face postérieure du pharynx, doivent être traités sans tarder; car ils produisent parfois consécutivement l'adhérence de ce voile avec la paroi postérieure du pharynx. On les guérit rapidement en y éteignant, successivement, deux, boulettes de charpie bien imprégnées de nitrate acide de mercure.

Uuant aux lésions du voile du palais, on reconnaît ordinairement à la rougeur et à la tuméfaction localisées en un point de sa face antérieure, qu'il existe sur sa face postérieure une ulcération dans l'endroit correspondant. Alors serrez, à angle droit, au bout d'une pince à pansement, un fragment d'allumette long de 1 centimètre. Imbibez-le de caustique, et portez-le par derrière, puis sur le voile palatin.

Fixée vers l'orifice postérieur des fosses nasales, la rhinite, purulente ou ulcéreuse, se trouve bien d'une médication, dont j'explique ainsi le mécanisme au client.

Prenez une solution phéniquée à 1 p. 200 ou une solution de sublimé à 1 p. 1,000. Après avoir reniflé de cette solution, s'appliquer à la faire couler dans la bouche. Après s'en être gargarisé, s'appliquer à la faire revenir dans le nez. Dans

1. 11 importe de ne pas dépasser cotte dose. Une solution plus concentrée noircit 1rs dents, qu'on ne peut plus alors rendre h leur blancheur première qu'avec de l'acide chlorhydrique diluéj au prix par conséquent de la perte d'une partie «1'' l'émail.

l'un puis l'autre cas, il se livre alors une sorte de combat, donl la mêlée se passe au fond du gosier, el < 1 < » 1 1 1 l'effet esl

de porter, n'importe co lent mais à coup BÛr, le liquide

médicamenteux sur le point malade.

Laryn r. — Les affections syphilitiques du larynx Boni justiciables, pour leur diagnostic et la thérapeutique locale qu'elles réclament, des procédés de la laryngoscopie. Cepen dant la dysphonie, qui se déclare assez Bouvenl vers le sixième mois de la syphilis, cède bien plutôt à un traitement interne qu'à l'emploi des topiques; ce qui autorise à penser que, dans la plupart descas au moins, elle provienl plutôt «l'une lésion de l'innervation, tout au plus d'un érythème en plaques isolées, que de véritables plaques muqueuses, les quelles, on I'' sait, résistenl à l'action exclusive 'lu traitement général. On guéri) presque toujours cette dysphonie par l'administration, durant quatre ou cinq semaines, du proto-iodure hydrargyrique ; mai- il esl parfois nécessaire d'en élever jusqu'à 13 centigrammes la dose quotidienne.

D'autres fois on a affaire à des érosions qui oui leur siège sur l'épiglotte, sur les cordes vocales et qui coexistent avec un état de turgescence, d'hyperhémie de la muqueuse. De la purface érodée peuvent s'élever des proliférations qui prennent l'aspect de véritables végétations.

Dans les laryngopathies précoces, qui n'ont cédé qu'en partie aux spéciûques, comme dans celles qui appartiennent à une période plus avancée, mai- qui ne nécessitent pas d'opérations proprement dites, 1<' praticien a à -a disposition deux procédés thérapeutiques, les attouchements, les Fumigations.

Pour l'attouchement, prenez un morceau de baleine long

de Om,l'i. Courbez-la, à angle obtus, à 3 centimètres de l'un de

ses bouts ce qui s'obtient en lui donnant peu à peu, pendant

qu'elle est tenue au-dessus m1 la Qamme d'une bougie, une

ire qu'elle gardera ensuite Fixez h ce bout un petit

morceau d'épongé ; imbibez-la d'une solution de nitrate d'argent, ou de teinture d'iode. — Alors, le patient tenant la tète en extension, introduisez vivementjusque derrière le fond de la langue l'instrument ainsi chargé, et tâchez qu'il accroche et soulève l'épiglotte. L'éponge étant, par cette pression, exprimée de son liquide, il en tombe un peu dans le larynx. Vous en êtes averti par la sensation passagère de suffocation que le malade ressent : et la manœuvre thérapeutique est terminée.

Pour les fumigations, sur une plaque de fer rougie (pelle à feu , fourneau de cuisine) laissez tomber, en six ou huit fois, une pincée de poudre de cinabre, en ayant soin, à chaque dégagement de fumée blanche, qui s'élève alors, de l'aspirer doucement mais d'un coup sec et net, par la bouche. — Les aspirations de vapeurs émollientes, astringentes, résolutives (avec la vapeur d'infusion aqueuse de fleurs de sureau, vineuse de roses de Provins) se font de la même manière.

On se trouve bien de boire, le matin, lentement, par petites gorgées, un demi-verre de lait bouillant, coupé avec un demiverre d'eau Bonnes. J'engage le malade à en aspirer d'abord la vapeur, puis à s'en gargariser et à ne l'avaler qu'en dernier lieu. Ce tripleusage, fait successivement, du même remède est très avantageux au malade, surtout s'il le répète pour chaque gorgée.

Indiquons par leurs noms seulement, les autres prescriptions utiles dans ce cas : silence, flanelle, frictions stimulantes, badigeonnages sur le devant du cou avec la teinture d'iode, vésicatoires à la nuque.

Tronc et membres. — Ces lésions occupant en général les points que cachent les vêtements, peuvent être abandonnées à l'influence exclusive du traitement interne. S'il en vient de visibles, au cou, aux poignets par exemple, on les traite comme celles de la face. Si elles sont très étendues, deux fumigations générales de cinabre par semaine en bâtent la dis-

TRAITEMENT i 01 M-.

I ia rit m m. — J'ai souvenir d'un conscrit, couver! de syphilides maculeuses, qui, devant passer prochainement devant le conseil de révision, fui habillé par Elicord d'une sorte de pantalon de I igo : réminiscence spi ciale forl opportune de la manière habile el heureuse donl Serres el Garicl appliquaient leur méthode ectrolique de traitement de la variole.

lésions ulcéreuses seront traitées comme je l'ai <lil ci-dessus pour celles «le la face.

Quant aux lésions des muscles, le tremblement, les crampes, la contracture, les lassitudes, l'impotence, guérissenten même lemps que les autres altérations syphilitiques coexistantes el par le même traitement, ioduré, mercuriel ou mixte sans que la médication locale soit appelée ù intervenir.

Seules, les lésions des tendons el de leur gaine ainsi < jue des articulations se trouvent l>ien, en outre, de quelques révulsifs vésicatoires, frictions .ivre la teinture d'iode . Plus lard, les douches de vapeur ou douches écossaises, le massage el surtout l'électricité servent à restituer b s mouvements, >i prévenir ou combattre l'atrophie, complication fréquente, très précoce et très tenace de toute maladie un peu longue de la trame musculaire.

Les Lésions osseuses, celles surtout de la diaphyse, dont les membres sont le principal siège, offrent à l'iode son indication par excellence. D'abord il cal les douleur-, et cela

avec une promptitude et une efficacité telles que, pour qui sait le manier, tous les autres agents locaux de sédation (opium, belladone, vésicatoires morphines ou non, injections hypodermiques de morphine, cataplasmes, etc. deviennent absolument inuti

L'iode, en second lieu, réduit — el presque aussi rapidement — les intum» ses, celles du moins 'p récentes, qui résultent d'une fluxion subaiguë, dans lesquelles, par conséquent, l'élément pathologique qui, plus tard, for-

niera l'exostose, se trouve encore à l'état rudimentaire, disséminé, par conséquent susceptible de résolution.

Enfin, c'est encore sur l'iode qu'on peut compter pour enrayer, atténuer du moins le processus morbide spécial qui tend à la carie ou à la nécrose.

On le voit, l'indication de l'iode dans ces cas est constante et en même temps perpétuelle, oserais-je presque dire. Dans toutes les affections syphilitiques du système osseux, il faut donc s'arranger de manière à pouvoir le continuer longtemps, aussi longtemps que l'on voit le mal progresser.

Quand il ne reste plus qu'à tarir les foyers, fermer les sinus, assister ou travailler, selon le cas, à l'élimination des séquestres, alors c'est à la chirurgie d'agir, et je dois lui céder le pas.

Pseudo-chancre primitif. — Au pénis, à la vulve, l'évolution d'une gomme ulcérée peut donner lieu à deux méprises, dont la première, la plus importante, a été justement signalée par Fournier. A l'état d'ulcération récente, elle affecte souvent une forme arrondie ; et comme le fond en est doublé d'un tissu dur, comme d'ailleurs les malades regardent tout ulcère venu à la verge comme étant causé par une contamination récente, le médecin, tombant lui aussi dans cette erreur, diagnostiquera chancre induré ; et, si le client lui dit alors qu'il en a déjà eu un quelques années auparavant, il diagnostiquera chancre induré de réinfection. — Il est cependant des moyens d'y voir clair, de distinguer entre la gomme ulcérée et le chancre de réinfection. D'abord si l'on possède des renseignements sur le début, il faut se rappeler : que le chancre commence par une érosion qui va ensuite en s'indurant, tandis que la gomme commence par un noyau, une nodosité qui va ensuite en s'ulcérant (Fournier). Secondement, et par contre, si, au moment où la lésion dont il s'agit est soumise à notre examen, il n'y avait pas eu depuis longtemps, et qu'il n'y ait pas actuellement d'autre symptôme de l'infection

rilMTKMI NI LOCAL.

ancienne; si l'ulcère s'est développé vingl ou vingt- | jours

un coït suspect : --'il B'accompagne <lr l'adénopathie classique; si quarante ou cinquante jour9 après le débul de cel ulcère paraissenl d< a accidente ayanl les caractères, soi! objectifs, soi! d'évolution, propres à ceux de première poussée, toutes circonstances qu'il m'a été donné d'observer réunies : alors, quelque rares qu'en soient les exemples, on doit bien admettre qu'il y a eu là réinfection.

A une période plus avancée, l'ulcération gommeuse peul en imposer pour une chancrelle phagédénique. Celle-ci étant réinoculable au porteur, on pourrai! bien, en cas de doute, recourir à ce moyen pour établir !<■ diagnostic. Mais il esl plus simple de donner pendant quelques jours de l'iodure à la dose quotidienne de 2 ou 3 grammes. Ainsi en peu de temps, el -an- appel, sera jugée la question, l'iodure améliorant rapidement ce qui est syphilis, et laissant au contraire l'ulcère qui ne serait que chancrelle suivre son cours régulier.

Mains. — Presque toute la pathologie spéciale de cette région esl dans l'affection squameuse qui attaque la face palmaire de la main et des doigts; affection fréquente, tenace, sujette à récidive, et qui parfois, el en dépit «1rs traitements les plus actifs, survit à la maladie éteinte depuis longtemps partout ailleurs.

D.'iix causes lui donnent si gravité spéciale : d'abord l'épaisseur et la sécheresse de l'épiderme palmaire, obstacle à l'action locale des remèdes; puis la pression e1 Les mouvements que cette parti.' Bubil par L'effel du travail journalier et des habitudes sociales. Ainsi les squames s'observenl surtout .■i surtout persistenl chez les personnes qui manient un corps dur, comme les repasseuses, les chapeliers, les cochers. Ainsi on ne les voit résister qu'à celle des deux mains qui a à empoigner ces corps. Aussi il suffit souvent d'obtenir la < lion de ce travail ou de ces habitudes, d'obliger, par exemple, nu client à ne plu- porter de canne, pour que les squames

cessent de se reproduire. Ce qui prouve, à côté de celle de la pression directe, l'influence pathogénique des mouvements, c'est que l'on ne voit guère les squames siéger que sur les plis normaux de la région : ceci est surtout remarquable aux doigts. — Ajoutez à ces causes la presque irrésistible propension que tous les malades ont à porter incessamment les ongles sur ces plaques pour en arracher les lambeaux épidermiques encore adhérents, à couper avec un canif la peau morte.

Faisant bénéficier la thérapeutique de ces observations, je prescris :

N° 49. — « Une ou deux fois par jour, prendre un bain des mains, tiède, s'il est possible, et d'un quart d'heure de durée, clans :

Eau 1 litre.

Sublimé 1 gramme.

« En en sortant, frotter les plaques avec un peu de :

Axonge 3G grammes.

Bi-iodure hydrargyrique 7 décigr.

Après la friction du soir, mettre des gants qu'on garde la nuit.

« Faire ces frictions assez vivement pour que, au bout de deux ou trois jours, elles aient irrité la peau. Quand cet effet sera produit, cesser les frictions; (on les recommencerait de la môme manière, mais en les continuant cette fois plus longtemps, si, quinzejours après qu'on les a cessées, laguérison n'était pas ou complète ou très avancée.)

« Ne pas manier habituellement de corps durs. — Tenir avec les doigts plutôt que serrés dans la main ceux dont on est forcé de faire usage.

« Éviter de couper, gratter, écorcher les parties malades. Pour mieux vaincre cette tentation, ou prévenir l'acte incons-

TU M TK Ml. M LOCAL.

.•iriit exécuté pendant le Bommeil, s'assujettir .1 porter pendanl la nui) des gants de lil. ■<

Si l'on préfère une action plue lente, on emploie la pommade au turbith ou l'onguenl citrin. Quelques sujets ne peuvent pas s'abstenir de gratter, de lenii quelque chose dans la main. Je les autorise alors, utilisant l'habitude vicieuse au profil du traite ni. à pétrir, à leur gré, un

peu de :

Mastic de \ itrier ;i<i gra lea.

Sublimé j décigrammes,

en leur recommandant seulement d'appuyer cette pâte principalement sur les points malades.

I.' - bandelettes de sparadrap > !-• Viim tardées pendant la nuit réussissent surtout quand le mal siège aux doigts, où il est aisé de serrer un peu, ce qui, en rendant le contact du remède suffisamment intime, en assure l'action.

Parfois, mais toujours après le bain préalable, on se trouve bien de faire une fumigation 'le poudre de cinabre comme il a été dil ci-dessus p. 154 , en tenant étendues audessus de la plaqu 1 se brille le cinabre, les main- recouvertes d'une flanelle, afin d'y concentrer la fumée qui se dégage pendanl l'opération.

Lorsque l'épiderme qui forme les ('Tailles est très sec et très épais, et qu'on ne peut L'humecter assez pour le rendre perméable au remède, qui doit agir sur la partie malade gous-jacente, un excellent moyen d'attendrir I" peau consiste à porter pendant la nuit une plaque, au besoin '1rs gants de caoutchouc. Ce topique pourlanl a-t-il échoué, ou le mal réclame-t-il une action plus énergique? Il n'y a qu'à enlever L'épiderme au moyen d'un vésicatoire. On place autant de petits vésicatoires qu'il y a de plaques rebelles, et de la môme dimension qu'elles; on les fixe avec une bande ou des bandelettes, et quand ils ont mi- à nu le derme, on panse avec

iiid SYPHILIS.

l'une des pommades mercurielles désignées ci-'dessus, d<' préférence, celle au turbith.

Si la lésion initiale, au lieu d'être une squame, était une" pustule, il en résulte ultérieurement des fissures, qu'on panse avec la pommade ou que, pour abréger, on touche au nitrate acide. — Quelquefois il n'apparaît, au premier coup d'oeil, qu'une squame ; mais en regardant bien, on découvre à son centre un point plus brun, légèrement déprimé ; c'est l'orifice persistant de la pustule initiale. Enfoncez-y avec force, à fond, une allumette taillée en fine pointe et humectée du caustique; enfoncez-la sans vous laisser arrêter par la douleur ni la résistance du malade. Parvenu au fond, appuyez un instant en tournant; l'opéré se récrie de plus belle : mais c'est fini, et vous pouvez lui promettre dès à présent la guérison... de cette plaque-là.

Ce traitement s'applique avec le même succès aux décollements ulcéreux, quelquefois très profonds du corps de l'ongle.

Les squames de la pulpe des doigts et les onyxis sèches sont particulièrement difficiles à guérir : j'ai, pour ces cas rebelles, la prescription suivante :

N°o0. — «Pétrissez une partie d'emplâtre de Vigo avec de l'huile d'olives en quantité suffisante pour qu'il en résulte une bouillie peu épaisse. Faites couler quelques gouttes de cette bouillie dans le fond d'un doigt de gant en peau.

« En vous couchant, enfoncez votre doigt malade dans le gant ainsi garni; le lendemain matin, nettoyez avec de l'huile. »

Je rappelle que les pilules au bichlorure sont plus efficaces, dans ce cas, que celles de proto-iodure.

Quand il y a un ulcère péri-unguéal, ou si l'ongle tombé laisse à sa place une large ulcération, le pansement avec une solution au vingtième de nitrate d'argent a des effets vraiment merveilleux. J'ai guéri ainsi, en quinze jours, des doigts

<( qu'en avait pris jour pour amputer! Mais le pansement dnii être répété deux ou trois foi» par jour el fail avec le plus md soin. Les Faisceaux de charpie, imbibés de caustique, doivent être mince» et courts, afin qu'on puisse les enfoncer sous le bord décollé de l'ulcère s'ils Bont trop longs, à mesure qu'on enfonce dan- la 1 » ■ 1 1 1 . • une de leurs exiivmités, l'autre en sort . Il faut aussi varier le degré de concentration <lu liquide, el cela non seulement chez 1»'- divers sujets selon leur degré de sensibilité, mais chez le même sujet progressivement, afin d'éviter l'accoutumance. — Les pansements a\ ec la poudre d'iodoforme sont aussi très justement accrédités pour ce cas.

/' /. — Rien de différent d'avec ce qui concerne la main, si ce n'est la plaque muqueuse interdigitale, qu'on distingue d'avec le corde la même région en ce que celui-ci exhale la mauvaise odeur spéciale de chaque individu, tandis que la plaque muqueuse a sa fétidité sui generis. On les guérit rapidement en interposant, trois fois par jour, entre les orteils de la charpie enduite de pommade au turbith.

11 faut aussi distinguer les squames plantaire- des callosités que produisent la chaussure et la marche. Ces dernières sont indolentes, sans rougeur ambiante; la syphilide cornée plantaire, au contraire, n'existe pas sans un peu d'inflammation.

Il faut obtenir, dans ce cas, que la forme, l'ampleur, la souplesse de la chaussure soient de nature à annihiler ou amortir les pressions et les frottements irritants. Il est des ulcères du milieu de la plante du pied, dont je n'ai pu obtenir la cicatrisation qu'en faisant adapter en dedans delà semelle, deux rondelles de liège correspondant l'une au talon, l'autre à la tête du premier métatarsien : parties qui, dès lors, supportant seules le poids du corps, permettaient la marche sans que l'endroit ulcéré eût à subir de pression

Région ano génitale. — Les plaques muqui uses y abon-

dent, surtout à l'anus cl à la vulve. Une médication infaillible autant qu'expéditive est celle que nous devons à Ricord : N° 50. — « Deux fois par jour, bassiner les parties malades avec une boulette de charpie, mouillée de :

Liqueur de Labarraque 00 grammes L

« Il faut porter ce liquide à plusieurs reprises et exactement jusqu'au fond des plis de la région.

« Immédiatement après cette lotion, appliquer avec le bout du doigt ou à l'aide d'un pinceau sur les endroits, sur tous les endroits où elle vient d'être faite, un peu de :

Poudre de calomel 15 grammes.

Cette formule, véritable trésor, m'a valu, et vaudra à tous des succès remarquables. En la remettant au malade, promettez-lui sa guérison à huitaine, au plus tard. C'est Ricord qui garantit; et, quelque superflu que cela soit, bien volontiers je contresigne.

Les cautérisations, les frictions avec la pommade au turbith, les tamponnements du vagin, les applications de cbarpie dans le repli balano-préputial, procèdent des mêmes indications, motivent les mêmes règles que celles qui ont été détaillées ci-dessus, au sujet de lésions similaires d'autres régions.

A la marge de l'anus, il semblerait que l'érosion syphilitique doive engendrer les symptômes, les incommodités caractéristiquement douloureuses et rebelles de la fissure. Il n'en est rien cependant. L'érosion syphilitique guérit là en huit jours, comme ailleurs, par les lotions chlorurées suivies de l'application de calomel, soit en poudre, soit en pommade.

1. 11 faut que la solution chlorurée soit assez concentrée pour produire une cuisson légère mais sensible, pour mordre un peu; en se con-

for ni à cette indication, on vérifiera que le traitement réalise à la

lettre le cita et jucundè.

lii\li KMI NT i OCAL

n'es! que bien rarement qu'on voit chez un syphilitique, a l'occasion de lésions secondaires à L'anus, apparaître le cordes Bymptômes classiques de la fissure. Lorsque cela ■■ lieu — et il y faut, je crois, une prédisposition - guérissi i d'abord par les moyens spécifiques ce qu'il y a, dans le mal, de spécifique; puis traitez la fissure comme si elle existait chei un sujel sain.

i. lésions ulcéreuses de l'orifice anal exigent un pause* ment régulier fail avec quelques brins de charpie portés soigneusement au fond de chaque fente. Il importe d'user en même temps de laxatifs donnés tous les deux jours, afin que jamais la sortie d'un cylindre stercoral trop consistant ne vienne agrandir L'ulcère ou déchirer la cicatrice qui était en de formation,

Scrotum et testicule. — La plaque muqueuse des bourses a un Biège d'élection : c'est, sur la partie latérale, le poinl le plus saillant du sphéroïde que cette partie représente. La notion topographique éclaire L'étiologie et dicte le traitement. Si, en effet, cet endroit est celui qui, sous l'influence de la syphilis. B'excorie le plus ordinairement, c'esl parce qu'il supporte le maximum de pressions, 'le frottements, de contact incessant el intime avec la face interne de la cuisse, avec "ii sans L'intermédiaire de la chemise. Aussi, en même temps qu'on exécute le traitemenl local appropriée la lésion un Linge enduit de pommade au turbith), faut-il, pour guérir et Burtout pour empêcher la récidive, remplir l'indication supplémentaire, c'est-à-dire réaliser l'isolement de la partie malade et la soustraire aux pressions et frottements : ce qui ne s'obtient exactement qu'en portant pendant le jour un suspensoir que, vu la qualité irritante des sécrétions de la

-ion, on aura soin de changer, ou tout au moins de laver fréquemment.

En ce qui concerne le traitemenl de la maladie désignée s li nom de syphilitique, à moin- qu'elle ne se

présente chez un tertiaire avancé, il est très difficile, je le confesse, en face d'une lésion de ce genre, de discerner d'ores et déjà si c'est le mercure ou l'iode, ou le traitement mixte qui conviennent le mieux. Essayez donc l'un ou l'autre selon que le cas vous paraît appartenir plutôt à la période tertiaire ou à la période secondaire. Votre incertitude sera bientôt dissipée; car nulle lésion ne s'amende aussi vite que celle-ci sous l'effet de la médication, une fois qu'on a trouvé le remède qui lui est approprié1; il est par conséquent empiriquement mais formellement indiqué d'en changer si, au bout d'un mois, on n'a pas ohtenu d'amélioration notable.

Mais il faut également savoir que cette affection récidive aussi facilement pour le moins qu'elle cède. Je garde le souvenir d'un homme de quarante ans, chez qui la maladie s'est reproduite trois fois, quoiqu'il eût subi, chaque fois aussi, un traitement où le protoiodure hydrargyrique, administré par moi concurremment avec l'iode, avait été poussé au point de causer — non intentionnellement de ma part, — lors de chaque traitement, une stomatite ulcéreuse d'assez forte intensité, qui dura quinze jours.

Tl est donc indiqué, une fois le premier coup porté, une fois la tumeur réduite de volume et devenue à peu près indolente, de procéder par une médication modérée et prolongée, plutôt que de prétendre en finir par de hautes doses qui ne finissent rien, et par l'intolérance qu'elles sont exposées à susciter, mettent obstacle à la continuation suffisante du traiment nécessaire.

Les topiques ne servent guère ici qu'à calmer la douleur. Si elle résulte du poids de la masse morbide, un bon suspensoir ou quelques couches de collodion suffisent. C'est dans

I. Les cas de sarcocèles syphilitiques donnés par quelques auteurs

comme réfractaires aux spécifiques, étaient ou des cancers commençants,

ou plus souvent des tubercules, avec lesquels la confusion est assez

facile à commettre s'ils se sont développés chez des sujets à antécédents

lilitiques.

ce même bul qu'on peul nlors ponctionner une hydrocèle symptomati(|iic qui au rail atteinl un certain volume. — La douleur dépend-elle, au contraire, du pi p ithologique

lui-même? Le traitemenl interne spi - 1 seul en mesure

de l'apaiser. Défiez-vous des emplâtres el des coi mercuriels qui ne servenl qu'à irriter la peau: le repos et ut) bon cataplasme de Farine de lin onl seuls le pouvoir do donner quelque soulagement. J'y joindrais, en cas de douleur localisi e très vive — ce qui, dans ce cas, esl extrêmement rare — l'application de chloroforme, le badigeonn avec un mélange de 1 huitième d'extrait de belladone dans l'eau de laurier-cerise, ainsi que des quarts de lavemenl laudanisés.

Traitement des lésions du système nerveux. — A tous égards, une place hors rang esl due à cette partie de la thérapeutique, en raison de la gravité des lésions auxquelles elle s'adresse, el disons-le aussi, à cause du peu de prise que ces lésions offrenl à nos efforts médicateurs.

Avec M. Fouroier, auquel j'aime a emprunter la plupart des préceptes de cette médecine, je conseille l'emploi hâtif du mercure el de l'iodure donnés simultanément el d'embli haute dose — traitemenl d'assaul pour porter un premier coup el assurer dès lors la sécurité ultérieure. l)u?e quotidienne : ".l11 à n.l.'i de protoiodure de mercure, ou 8 à l" grammes d'onguent napolitain en friction; el de '■> à •"> grammes d'iodure.)

Après leux ou trois mois de cette médication ininterrompue, alterner l'emploi de ces deux facteurs du traitemenl mixte, en ordonnanl durant vingl à trente jours le mercure seul, puis durant vingl à trente jours l'iodure seul. < In peut, durant celle période, accorder de temps en temps, selon la tolérance des organe? et l'effet produit sur le mal, quelques jours de répit complet.

DlDAT.

Un an de ces médications alternées doit, dans la plupart des cas, être considéré comme un terme de durée minimum.

Il y a lieu aussi de se départir quelquefois des règles strictes, et suivant ce qu'on observe, de prolonger un peu plus l'administration de l'un des spécifiques que celle de son congénère, et parfois même de revenir au traitement mixte,

Certains auxiliaires peuvent et doivent être concurremment utilisés, savoir :

L'hydrothérapie, les douches froides, ceci surtout dans la forme ou contre la complication épileptique ;

Le bromure de potassium, dont l'action est éprouvée envers les phénomènes d'excitation nerveuse ;

Les révulsifs cutanés : un exutoire profond à la nuque aide à la résolution de l'inflammation du pourtour des foyers morbides; un vésicatoire volant appliqué loco dolenti fait justice delà douleur crânienne prémonitoire ainsi que d'une céphalée persistante.

J'emploie avec succès, surtout lorsqu'il y a myélite, immixtion d'accidents épileptiformes, un vésicatoire volant, long de 20 à 30 centimètres, large de 3, appliqué le long du rachis, à partir de la nuque.

Il faut songer aussi, selon les préceptes de la vieille médecine, à rappeler les fluxions habituelles qui auraient disparu : l'utilité de cette règle est surtout manifeste lorsqu'il s'agit des dartres, ano-génitales, des hémorroïdes, sueurs des pieds.

Mais, si habilement combiné soit-il, tout cet appareil médicamenteux fonctionnera en pure perte, s'il n'est secondé par la suspension des fonctions de l'organe. Souvent c'est lesurmènement, intellectuel ou moral, qui a été cause déterminante. Eh bien, c'est à l'état, c'est à l'excès contraire de réparer ce que cet excès-là a produit. Faire reposer le cerveau, éloigner du malade tout sujet d'émotion, d'anxiété, toute surprise même : telles sontj en ce qui concerne cette hygiène, les conditions essentielles de succès,

TU.MTIMKN F LOCAL.

Quand faul il cesser le Iraitemenl spécifique '

l..i question doil être examinée à deux points de vue, nu, pour mieux dire, par rapport à deux périodes différentes do la maladie.

Premièremenl il peut se Faire qu'au moment <»u l'on est appelé .:t agir, l'étal anatomique <l 'où dépend le trouble des fonctions soil déjà définitif, ou bien «pi'il n'y ail plue à combattre que la phlegmasie ambiante. Dans l'un el l'autre de ces cas, le traitemenl spécifique esi radicalement impuissant. Par conséquent lorsque, après l'avoir administré pendant environ trois mois consécutifs, s'étant assuré d'ailleurs qu'il ;> été pris exactement et sans que rien en ait pu entraver l'effet, lors, dis-je, qu'on constate que ce traitement ne détermine aucun amendement, qu'il ne mord pas sur les symptômes, il est permise! il est prudent de le discontinuer.

A l'autre terme, lorsqu'au contraire on a obtenu du traitement une modification pleinement favorable, quand et c

ménl faut-il le cesser? Problème des plus délicats el dont maint i i si j 1 1* • accompagne la solution. San- doute, dans l'hypothèse où je me place, on peut dire que si le traitemenl ne faitplusde bien, c'est qu'iJ n'a pas pouvoir d'en faire davan II. pour toutes les autres lésions de la syphilis, quand l'altération perceptible s'esl dissipée, quand le médecin a, pu- surcroit, fait un complément de traitemenl afin d'éteindre à côté, autour de l'altération de tissu apparente, celle qu'on peut el doil supposer, il peul désarmer en toute sûreté de conscience. Mais ici, ce n'est plus une difformité, une gêne de fonctions plus ou moins importantes qu'il y a à traiter : quand le cerveau est enjeu, esl l'enjeu, il s'agit de la vie; et d'autre part, dans cet ordre de lésions, les récidives menacent incessamment. Vussi, avant de renoncer à l'appui de la médication, doit-on tâter le terrain avec discernement avec méticulosité, en procédant par suspensions, dont le moment sera m cliqué par l'observation attentive plutôt que

dicté au nom d'une régularité systématique, et toujours prêt, au moindre appel, — auquel on prête une oreille vigilante, — à reprendre les arme?.

Ces interruptions de traitement comportent d'ailleurs une règle dont l'exacte observance contribuera à leur conférer l'innocuité. Le malade qui relève d'une épididymite blennorrhagique aiguë ne choisit pas, pour essayer s'il peut se passer de suspensoir, le jour où il a une longue course à faire. De même, choisissons pour laisser sans traitement notre exencéphalopathe, une période où son cerveau, non seulement n'ait pas à redouter de travail, mais, littéralement, puisse chômer. Sachons même lui créer, en vue et pour le temps de cette périlleuse épreuve, une quiétude que rien ne puisse troubler. Quand latitude entière m'est donnée à cet égard, je tiens mon homme à la campagne, isolé, sans correspondance, sans journaux, avec un volume de Chateaubriand, de Ch. de Bernard, d'Ohnet (selon les goûts) en compagnie d'un parent, — hors du degré successible, — qui intercepte toute communication, toute nouvelle impressionnante, tout importun, surtout le voisin qui vient tenir compagnie, le fermier qui demande un sursis, le locataire dont les cheminées fument; et comme mon client, je puis alors, moi aussi, m'endormir tranquille avec la satisfaction du devoir accompli.

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