Aristophane, Plutus, 600. iretaetc, oùô' t^v 7ret<jYiç
Mais, après avoir respondu aux objections qu'on pourra faire contre moy, touchant ce que j'ose entreprendre de traitter de La precellence de nostre langage, je tiendray aussi ma response preste à celles qu'on fera contre luymesme. Elles consistent en deux poincts : l'un, Que je loue tant un langage, lequel nousmesmes ne sçavons en quel lieu de France nous devons prendre, pour l'avoir bien entier et nayf *. L'autre poinct, Que quand bien nous serons d'accord de ce lieu, nous ne pourrons nous accorder de l'orthographe.
Quant au premier, je les rendray bien-tost contens, en leur faisant ce plaisir de leur enseigner non le lieu, mais les lieux, et généralement et particulièrement. Pour response au second, je leur confesseray que quelques-uns disputent non simplement de la manière de l'escrire, ains de la meilleure manière : mais je leur nieray que tout ce qui se met en dispute, demeure incertain. Et quant à ce que nous escrivons autrement que ne prononceons, je leur monstreray bien que nous ne sommes pas les premiers.
Apres ceci entrant en matière, je diray que je
{. Voir la préface des Hy- la pureté de la langue « n'est pomneses et les Lettres d'E.PdiS- restrainte en un certain lieu quier, II, 12 : Quelle est la m^aie ou pais, ains esparse par toute naifveté de nostre langue et en la France ». Cf. Thurot, Proquels lieux il la faut chercher, nonciation française depuis le Pasquier condamne la langue commencement du XF/® siècle^ des courtisans. Il est d'avis que Introduction, lxxxvii-civ.
34 DE LA PRECELLENCE
pensois avoir assis les fondemens de cest œuvre, par le livre que je mis en lumière il y a environ douze ans *, De la conformité du langage François avec le Grec. Car tout-ainsi que quand une dame auroit acquis la réputation d'estre perfaicte et accomplie en tout ce qu'on appelle bonne grâce, celle qui approcheroit le plus près de ses façons auroit le second lieu : ainsi, ayant tenu pour confessé que la langue Grecque est la plus gentile et de meilleure grâce qu'aucune autre, et puis ayant monstre que le langage François ensuit les jolies, gentiles et gaillardes façons Grecques de plus près qu'aucun autre : il me sembloit que je pouvois faire seurement ma conclusion, qu'il meritoit de tenir le second lieu entre tous les langages qui ont jamais esté, et le premier entre ceux qui sont aujourd'huy. Mais comme pour exalter la beauté d'une dame il ne faudroit alléguer qu'elle approcheroit plus que toute autre de la beauté d'Helene, sinon à ceux qui l'auroyent veue (je di qui auroyent vu Hélène), ainsi je confesse que les fondemens dont j'ay faict mention, n'auront esté assis par moy, sinon pour ceux qui ont telle congnoissance de ceste langue Grecque, qu'ils peuvent juger si la nostre luy est tant conforme. Et puis qu'ainsi est, je protesteray ne vouloir m'aider de ce mien traitté, sinon ainsi que d'une pièce