Le Roux de Lincy, I, 76. 7. Le Roux de Lincy, II
— Garnen Thésaurus, 371. — Garneri Thésaurus, 359.
218 DE LA PRECELLENCE
des proverbes qui nous monstrent à quels médecins principalement devons nous adresser : puisque nous ne voulons pas faire en sorte que nous n'en ayons point (ou bien peu) faute, par le moyen de la sobriété, car un est qui dit, Bon est le médecin qui se sçait guérir *. comme nous advertissant de choisir tousjours un tel médecin, plustost qu'un autre : j'enten, qui ha ce bon heur de se sçavoir guérir soymesme. Aussi nous conseille ne laisser un vieil pour un jeune, ou nouveau, comme il l'appelle, quand il dit qu'il fait le cimetière bossu. Et par mesme moyen nous advertit touchant le jeune advocat. car le proverbe est tel. De jeune advocat héritage jjerdu, et de nouveau médecin cimetière bossu^. En ce qu'il dit, nouveau médecin^ et non pas jeune, il faut considérer que nouveau s'estend plus avant, car un mesmement qui n'est pas jeune, peut bien estre nouveau en cest art, voire plus nouveau qu'un qui sera beaucoup plus jeune. Et pour la mesme raison pourroit-on dire, D'advocat nouveau : et est croyable qu'il ait esté premièrement ainsi escrit.
Il faut aussi noter que nous avons des proverbes qui respondent à ceux des Grecs, ou des Latins, ou bien à tous deux : estant toutesfois ordinairement l'origine Greque.
1. Le Roux de Lincy, I, 265. 2. Le Roux de Lincy, I, 365% — Gaimeri Thésaurus^ 453. 11,115. — GarnenThesaurus,!^.
Je commanceray par cestuy-ci, Au premier coup ne chetpas l'arbre^ : carie Grec dit, Pollaisiplr^gais dry s macra damazetai : le Latin, Multis ictibus dejicitur quercus ^
Le second sera cestuy-ci (en les mettant par ordre selon que ma mémoire me les fournit), Entre bouche et cuillier vient souvent encombrier ^, ou chet souvent, comme il se lit en un vieil exemplaire. Et ce chet respond mieux au Grec, Polla metaxy petei^ylicos^ai cheileos acrou. Car je soustien qu'il faut escrire petei, non pas ^^e/ei, comme tous escrivent ordinairement, comme aussi il-y-a grande apparence que cesteescriture-là, noncesteci, ait esté suivie par celuy qui anciennement interpréta ainsi ce proverbe Grec, Multa cadunt inter calicem siipremaque labra *. Au proverbe François, pour encor)ibrier aucuns disent destourbier.
Celuy auquel je donneray le troisième lieu, est de fort bonne grâce, pource qu'il contient une sentence sous une fiction iEsopique (c'est à dire qui sent la façon d'Esope), en particularisant aussi, au lieu de parler généralement. Le loup alla à Romme, et y laissa de son poil, et rien de ses coustûmes ^. Car c'est ce que dit Horace, Cœlum non animum mutant qui trans mare currunt ^.