SOLUTRÉEN. — MÉTÉOROLOGIE ET FAUNE
§ 1. ]IIétcorolo«;ie et Climatologie. — L'époque solutréenne a été une tpoque de transformation. L'industrie s'est transformée, soit parle développement du travail de la pierre, qui a pris une remarquable extension et s'est
admirablement perfectionné, soit par Tintrodurlion d'une matière usuelle nouvelle, l'os. Le climat aussi s'est transformé. De très humide qu'il était pendant l'époque précédente, le moustérien, il est devenu beaucoup plus sec. De prime abord, cela n'a l'air de rien et pourtant les résultats ont été énormes.
Le climat étant moins humide, il est tombé beaucoup moins de neige. Les glaciers, dès lorsmanquant d'aliments, loin de continuera s'étendre, ont commencé leur mouvement de recul.
Le climat étant moins humide, les pluies, comme la neige, ont été moins considérables. Les cours d'eau ont donc diminué de volume et d'intensité. La fonte des anciens glaciers y a joint, il est vrai, une certaine réserve du passé; mais cette adjonction s'est faite très lentement, pendant un laps de temps fort long et d'une manière assez régulière pendant toute la durée des saisons chaudes. Il en résulte que les cours d'eau étaient moins forts et plus réguliers, ce qui a mis fin aux grandes dénudations. De fait, depuis le solutréen l'aspect des vallées a peu changé.
Enfin le climat étant moins humide, les brouillards et les nuages ont dû diminuer d'autant, ce qui a augmenté les différences entre les températures extrêmes. Le soleil s'est montré davantage en été, aussi cette saison a été plus chaude. Par contre, l'hiver, la radiation du calorique a été plus grande et le froid s'est accentué.
Placé entre le climat humide, froid et brumeux de l'époque moustérienne, et le climat très sec, avec froids d'hiver très vifs, de l'époque magdalénienne, l'époque solutréenne a joui d'un ciel plus pur et plus ensoleillé que le moustérien, et de froids moins violents que ceux du magdalénien. Le climat était dans son ensemble relativement plus doux.
Très probablement, c'est l'action stimulante des variations de température, dans des proportions convenables,
ainsi que la douce et bienfaisante influence du beau tennps et du soleil, qui ont amené le grand mouvement industriel que nous avons constaté à l'époque solutréenne.
§ 2 Faune générale. — Il est bien difficile d'établir d'une manière exacte la liste de la faune solutréenne, parce que les gisements solutréens sont presque toujours en contact avec des gisements d'une autre époque et que la séparation des ossements appartenant à chacune des assises n'a généralement pas été faite. Je donne ci-contre le tableau des principaux mammifères de huit stations qui serviront au moins de point de départ.
Les deux premières colonnes sont consacrées à la faune inférieure et supérieure de Solutré. Elle a été établie avec soin par M. Arcelin, qui a bien voulu me la communiquer par lettre. Les seules différences importantes à signaler, c'est que l'ours des cavernes ne s'est montré que dans l'assise inférieure et le cerf ordinaire que dans l'assise supérieure.
La troisième colonne contient la faune d'Excideuil d'après M. Parrot. C'est encore une faune exclusivement solutréenne. Aussi le tichorhinus manque-t-il aussi bien ici qu'à Solutré.
Les autres faunes sont des faunes mêlées. A Thorigné, la Bigote et la Chèvre appartiennent au moustérien et au solutréen. La Cave à Margot est encore plus complexe, aux deux époques précédentes vient se joindre le magdalénien. C'est à ces mélanges qu'il faut attribuer la présence du tichorhinus, animal caractéristique du moustérien. Les faunes de Thorigné sont empruntées à MM. Gaudry, Moreau, Maillard, Chaplain-Duparc. J'ai moi-même examiné celle de la Cave à Margot.
Lacanéda nous présente une faune plutôt moustérienne que solutréenne. Je l'ai indiquée d'après Ed. LarteL
Enfin les Baoussé-Roussés sont donnés d'après M. E.