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rites, comme sa monture d’or porterait à le croire; car à ces époques très
reculées, probablement faisait-on déjà en Égypte et dans tout l'Orient des pe. x ® # 4 2 L! , 3 . . :
sacrifices sanglants à la divinité; mais ceci n’est qu'une supposition, car
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F16. 197. — Pointes de flèches. Nécropole d'Abydos. Grandeur naturelle.
nous ne possédons aucune autre indication que celle du culte des morts, sur les croyances des Égyptiens prédynastiques. :
Pointes de flèches. — En Haute-Égypte, la petite pointe de flèche semble être contemporaine des débuts de la première dynastie ; cependant on en a rencontré quelques-unes dans des sépultures, qui paraissent être un
Fra. 198. — Lames en silex jaune. Nécropole d'Abydos. 1/2 grandeur naturelle.
peu plus anciennes, Je parlerai donc ici de ces merveilleuses pointes, d’une grande élégance de formes et d’une facture très soignée. Pour la plupart, ces armes sont en silex, mais 1l en est aussi en cristal de roche (1).Je n’en connais pas en obsidienne.
(M) CF W.F. FuNpers PEeTRIE, Royal Tombs, 4901, part. II, pl. VI, n%5 à) 40.
Objets divers. — Enfin viennent de petits instruments qu’on rencontre communément dans les sépultures d’Abydos et plus rarement dans les sépultures antérieures à la première dynastie; ce sont de petites lames simples; d’autres, retaillées en pointe à l’une des extrémités, arrondies à l’autre (fig. 198); d’autres encore arrondies en forme de grattoir aux deux bouts (fig. 199, au centre de la figure). Enfin des racloirs doubles, parfois dentelés sur leurs bords droits (fig. 50, p. 58), mais le plus souvent tranchants (fig. 200). |
Il sera d’ailleurs question de ces petits instruments à propos du mobilier funéraire de la sépulture royale de Négadah, petits outils que je crois pouvoir désigner comme étant des instruments de toilette.
Bracelets de silex. — Les bracelets de silex, disais-je en 1896, sont à
- coup sûr les pièces les plus curieuses du préhistorique égyptien, et l’on
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Fire. 199. — Couteaux en silex jaune. Localités diverses. 1/2 grandeur naturelle.
se demande avec raison comment il a été possible de tailler par éclats, sans briser l’objet, des anneaux de 0 m. 07 de diamètre extérieur et de 0 m.05 seulement d'épaisseur.
En examinant avecsoin ces bijoux, on voit que l’ouvrier, employant une lame large et mince, l’évida en son milieu, à l’aide de coups n’enlevant que de fort petits éclats, qu’il arrondit l’extérieur par le même procédé et lui donna la forme circulaire; mais la grande difficulté, semble-t-il, dut être de percer le trou initial au milieu de la lame et ‘je suis porté à croire que ce trou fut fait par usure, au moyen d’un bâton pointu et de sable quartzeux.
Depuis que j’écrivais ces lignes, on a trouvé des silex représentant toutes les phases de ce curieux travail. Ce n’était pas d’un grand éclat que l’ouvrier partait, mais bien d’un disque mince taillé à cet effet. Ce disque
était percé, puis traité comme je l'ai dit plus haut, mais nous ne savons pas si la perforation initiale était faite par usure. Quand la taille du bracelet était terminée, plutôt par pression que par
percussion, l’ouvrier polissait sa surface externe, mais on voit encore des
traces de la taille. | Ces bracelets sont très fragiles. Cependant j'en connais un certain
nombre. Presque tous proviennent de la Haute-Egypte; mais SEron-KaARR en signale du Fayoum. Le musée du Caire en possède plusieurs sans
Fi. 200. — Racloirs en silex jaune. Abydos. 1/2 grandeur naturelle.
indication de provenance. J’en ai donné un entier et un fragment au musée de Saint-Germain.
Nous connaissons en Europe un grand nombre de bracelets de pierre et de nacre. On a signalé des anneaux préhistoriques de jade à Java, d’autres substances minérales ont été utilisées au Cambodge ; mais je ne connais pas un seul bracelet de silex étranger à la vallée du Nil, et ce seul fait suffit pour qu’il soit permis de considérer les habitants prédynastiques de la Haute-Égypte comme étant les plus habiles ouvriers dans la taille du silex.
Les mines de silex (1). — C’est à M. Heywood SEeron-Karr (2) que nous devons la découverte de mines de silex en Égypte. Ce grand chasseur des plus redoutables animaux de l’Afrique et de l’Asie était en même temps un amateur aussi avisé qu’enthousiaste des choses de la préhistoire ; c’est lui qui avait découvert les beaux gisements paléolithiques du
(1) Sur les mines de silex de l'Europe, cf. entre autres travaux : M. BouLe, ds. Matériaux, 1884 et 1887 ; À. Briarr, F-Corner et À. Houzeau, ds. Materiau@, 1872. — Cou. A. LANE Fox, Anthrop. Inst., 1875-1876, Mais l'exploitation des matières deslinées à la taille des instruments n'a pas eu lieu seulement dans l'ancien monde. Au Mexique, l'exploitation des gisements d’obsidienne a été d'une extrême activité. M. Holmes a reconnu dans l'État
de Morelos, à Hidalgo, des tas énormes de débris de fabrication des instruments d'obsidienne. L'un de ces las ne présente pas moins de 8.000 à 10.000 mètres cubes d'éclats(cf. Récentes explorations ethnologiques et archéologiques aux Etats- Unis, ds. la Géographie, t. LIT, 1901, p. 207).
(2) CF Henry O. Forges, ds. Bull, of the Liverpool Museums, vol. II, n° 3 et 4, p. 77 sq., 1900
Somal dont je parlerai plus loin. Aux Indes, il avait fait de très intéressantes récoltes de pièces quaternaires sur la rivière Pénaar; enfin, passant par l'Égypte, entre autres fois en 1896, ilavait laissé ses carabines en repos et s'était mis à explorer le désert. C’est ainsi qu’il a découvert les mines de silex de Ouadi-el-Cheikh et d’Ouadi-Sodjour. Très généreux, M. Seton-Karr a fait profiter tous les musées de ses magnifiques trouvailles, les séries du Caire lui doivent des centaines d'objets de la Haute-Égypte et du Fayoum, le musée de Saint-Germain a été amplement doté de pièces du Somal, et j'ai vu jusque dans le musée de Malte des dons de cet explorateur. Le malheur a frappé Seton- Karr, il a péri dans le naufrage du Titanic.
Qu'il me soit permis de rendre ici hommage au généreux érudit et au gentleman accompli dont je m'honorais d’être l’ami.
Au sud du Caire, jusqu’à Esnèh, sur une longueur de 600 à 700 kilomètres, se trouve, dans Le plateau arabique, une longue vallée, relativement étroite, bordée de collines abruptes plus élevées sur la rive
séoriques.
u ÉEs ‘ar aBes. cé
orientale que sur celle de l’ouest. Ces col- ER SNS ) TPE lines appartiennent, à la base au Crétacé DA f supérieur (Turonien), au sommet à la formation nummulitique (Hocène) dont les bancs sont remplis de couches et de ro-
gnons de silex. Ces coteaux jaunâtres ou
brunâtres qui descendent en maints endroits 16-201. — Croquis topographiques ; k des mines de silex de Ouadi-el-
en grands gradins ressemblent plus aux Cheikh (Égypte), d'après les re
ruines d’une immense ville qu’à des forma- levés de Srrox-Karn.
tions naturelles. Au sud d’Esneh, les cal-
caires disparaissent et font place à des grès jurassiques reposant sur des
roches métamorphiques. Les bancs et nodules de silex se trouvent dans
l’'Éocène seulement, formation qui s'étend äu Caire à Esnèh.
Les mines ou puits d'extraction du silex sont situés dans le Ouadi-el- Cheikh. Ce tributaire du Nil, à sec de nos jours, s’ouvre, venant du Sud- Est, dans la plaine des limons du Nil en face d’El-Fent, c’est-à-dire à mi-chemin environ entre Fechn etMaghagha. Quant aux mines de Ouadi- Sodjour, elles se trouvent à une quinzaine de kilomètres à l'Est de Maghagha et à la même distance environ des mines situées en face d’El-Fent.
En 1896 et 1897, durant l'hiver, M. Seron-Karg est venu camper dans le Ouadi-el-Cheikh à une quinzaine de places différentes, a étudié les mines, recueilli des collections considérables et relevé le plan de ce
Fic. 202. — Mines de silex de Ouadi-el-Cheikh, d’après ne photographie de H. W. Serox-Karr.
curieux site. Un coup d'œil sur cette carte (fig. 201) donnera une idée de la grande activité avec laquelle les Égyptiens prédynastiques ont attaqué les gisements de silex. Pour la plupart, les puits ont été creusés à droite du vallon sur les gradins inférieurs et moyens (fig. 202).
Afin d'éviter des transports difficiles, les silex étaient débités sur place et dégrossis seulement. Il y avait donc là de vastes ateliers de taille sommaire.
Ces instruments dégrossis étaient alors exportés et achevés dans les divers centres de population de la vallée du Nil. Il est à penser qu'à cette époque le
Fic. 203. — Puits d'extraction du silex à Mur-de- : M NE ES re Barrez (Aveyron). D'après M. M. Bouce (Matér., 1887, Ouadi-el-Cheïkh n’était Pie p. 8). encore asséché comme :l
l'est de nos jours, peut-être retrouvera-t-on sur les rives de l’ancien ruisseau les restes des villages dans lesquels demeuraient les carriers et les tailleurs de silex. Une telle découverte serait fort importante, paree que, grâce aux fragments de poterie qu'on y rencontrerait, il serait possible de synchroniser mieux encore
que par l'aspect des ébauches l’époque de l'exploitation des mines avec celle des cultures diverses dont les kjoekkenmæddingers et les sépultures nous révèlent l'existence.
Les puits n’ont en général pas plus de 0 m. 60 ou 0 m. 70 de diamètre: leur profondeur, variable d’ailleurs, n’est que de quelques mètres. Ces