TRE
al
LS
Fic. 444, — Somaliland. Collection Serox-Karr (Musée de Saint-Germain; 2/3 de la grandeur naturelle.
85 milles en ligne drvite au Sud-Ouest de Berbere (2), point où se trouve le meilleur port de la côte et à 74 milles ou quatre jours de marche d’un chameau ‘de Bulhar, point que j'avais choisi pour mon débarquement
comme étant le plus proche du terrain de mes opérations. Le lit actuel de la rivière se trouve à 200 pieds environ plus bas que le gisement ;et aux temps préhistoriques, a pu contenir un cours d’eau de grande importance.
Sur cette colline, à l’abri des actions de dépôt ou de dénudation de la
(4) Cf Revue de V'École d'Anthropologie, (2) Berbère, Somaliland anglais, est situé sur la XX° année, t. IV, pp. 105-128. côte africaine du golfe d'Aden par 45° long, E.
L'INDUSTRIE PALÉOLITHIQUE AU PAYS DES GOMALIS Al
rivière, les stations ont pu demeurer intactes pendant 200.000 ans (1). De çe site, on jouit de la plus belle vue qu'il soit dans tout le district. Vers l'Ouest se voient à l’horizon les districts réclamés (à tort) par le roi d’Abyssinie, à 80 milles est la ligne bleue des monts Golis, hauts de 6.000 pieds, Au Sud la vue est bornée à 20 milles par les falaises bordant la grande plaine sans eau ; et au Nord, on découvre les gorges effrayantes (tremendous) au travers desquelles l’Issutugan trouve passage pour gagner la plaine maritime de la mer Rouge. Cette colline favorisée présente une longueur d'environ 3 milles et est entourée sur trois de ses côtés par les sables des rivières Bolgasham, Dago et Issutugan qui, malgré la sécheresse générale du pays, sont toujours pourvues de bonne eau. Cette colline se compose de calcaire ; mais elle est recouverte d’une épaisse couche de dépôts alluviaux solidifiés et très durs contenant des galets de silex et de quartzite. Ces galets se rencontrent partout mais leur dépôt semble être sur ce point d’une épaisseur insolite ; la plupart des terrains de ce pays montrant les roches à nu recouvertes d’une maigre végétation, Cetteligne de collines semble avoir échappé à la dénudation mais elle à été lavée par les pluies dont l’action a été suffisante pour laisser à nu les instruments qui se présentent généralement par deux ou trois supportés par de petits socles (pillars) de terre, comme les pierres dans les glaciers, où gisent au fond des innombrables petits ravins. La surface se trouve à 3.000 pieds environ au-dessus du niveau de la mer et comme le fait a été établi par le docteur GREGORY, n’a Jamais été sous les eaux depuis la période néocomienne.
« Le colonel A. PaGer et beaucoup d’autres voyageurs auxquels j'ai signalé mes découvertes, leur montrant des spécimens de tes grands instruments de silex et de quartzite, avaient traversé et retraversé le pays en tous sens ; mais ni eux ni moi-même durant mes six premières expéditions nous n’avons rencontré le moindre instrument paléolithique ; ce n’est que dans cette localité que je suis le seul à avoir visitée qu'ils se montrent en abondance.
« Aucune des rivières du Gomal n'’atteint la mer. On peut encore obtenir de l’eau dans leur lit en creusant des puits.
«Le climat de ce pays, depuis les temps préhistoriques, n’a pas varié ; il était comparativement sec, et la surface du sol ne semble pas avoir changé d'aspect depuis l’époque paléolithique.
« Aux alentours on trouve des objets néolithiques. à
« Je n'ai jamais rencontré, au cours de treize voyages au Gomal, d'autre gisement de cette nature. Aïlleurs, partout, on trouve des instru-
(1) Je laisse à l’auteur toute la responsabilité d’une pareille estimation.
ments paléolithiques et néolithiques, mais ils sont répandus à la surface du
sol et, souvent, ont été roulés. »
Je ne partage pas l’ opinion de SEron- Karr en ce qui concerne la permanence du climat depuis les temps paléolithiques dans cette région. De même qu’à El Mekta et à Jénéyen en Tunisie, l’homme ne pouvait vivre et établir des ateliers dans des localités ainsi privées d’eau: je crois qu’à cette époque les paÿs du Nord de l'Afrique, de l'Asie antérieure et de l'Arabie jouissaient d’un climat beaucoup plus humide, que les Oueds avaient
; y, lt. ni do VA