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F5. 451. — Somaliland. Silex. Collection Seron-Karr (Musée de Saint-Germain). 2/3 de la grandeur naturelle.
La figure 447 représente un outil très grossier, de forme irrégulière, taillé à grands éclats, rappelant certains types de l'Égypte, de l'Algérie et
416 PRÉHISTOIRE ORIENTALE k
des Pyrénées faits de silex, de pétro-silex où même de grès, présentant les
mêmes caractères généraux.
Les instruments qui vienaent d'être décrits proviennent tous des ate-
Certrnètres
Fic. 452, — Somaliland. Quartzites. Collection Serox-Karr (Musée de Saint-Germain). 2/3 de la grandeur naturelle.
liers; mais, au GÇomal, on rencontre, disséminés sur le sol, un grand
nombre d’objets paléolithiques.
Fic. 453. — Somaliland. Silex. Collection Seron-Karr (Musée de Saint-Germain}. 2/3 de la grandeur naturelle.
Il en est, parmi ces pièces, qui sont en basalte (fig. 448) et par suite d’un travail extrêmement grossier; d’autres, en silex (fig. 449), présentent
tous les caractères du chelléen ; d’autres (fig. 450), retouchés sur une face seulement, offrent encore & type moustiérien que nous connaissons d’ailleurs en Égypte tout comme en Europe, et qui se rencontre avec les types chelléen et acheuléen.
Viennent ensuite, au Gomal, des formes irrégulières que Serox-Kar, avec raison, je crois, range dans le Néolithique (fig. 451) et des éclats, avec ou sans retouches, les uns, franchement néolithiques (fig. 452), car on y retrouve toutes les formes égyptiennes de cette industrie, les autres (fig. 453) au sujet de l’origine desquelles nous sommes en droit
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Fic. 454. — Silex de Gournah (les deux à gauche) et silex de Thèbes (celui de droite). Collection J. ne Morcax (Musée de Saint-Germain). 2/3 de la grandeur naturelle,
d'hésiter. En Égypte, nous les considérons comme paléolithiques (fig. 454), parce qu’elles se trouvent dans les mêmes gisements que les coups de poing et portent la même patine désertique que ces instruments.
Enfin, viennent, au Comal, les instruments polis; ce sont des grès bruns pour la plupart, à peine dégrossis, des instruments simplement adaptés aux besoins par polissage. Certains (fig. 455) présentent la forme générale des haches néolithiques, d’autres (fig. 455) celle de certains instruments grossiers de l’Asie antérieure, d’autres enfin (fig. 455) sont de simples pierres brutes adaptées.
Nous sommes, au Comal, bien loin de cette admirable industrie néolithique de la vallée du Nil et cependant les matériaux ne paraissent pas
avoir manqué; car certains intruments quaternaires sont faits de silex présentant les qualités les plus propres à la taille.
Cette constatation est de très grande importance en ce qui concerne les origines de la civilisation égyptienne; car certains archéologues, plutôt des linguistes, font venir cette culture de l'Arabie par le Bab-el-Mandeb et l’Abyssinie. Si cent autres raisons ne s’opposaient pas à cette hypothèse, il suffirait de voir combien les peuples de la côte sont demeurés barbares.
Nous ne savons pas quelles pouvaient être les relations des peuples à l’époque où les industries paléolithiques florissaient en Égypte, en Syrie, au Comal, dans toute l'Afrique centrale, et aux Indes, parce que nous ignorons quelle était à cette époque la géographie des continents ; mais il n’en est pas de même pour l’industrie néolithique, le globe était alors, à peu de chose près, ce qu’il est de nos jours et certes les relations entre le Comal, PAbyssinie et l'Égypte n’étaient pas aisées.
Non seulement la {culture néolithique égyptienne n’a pas été inspirée par des peuples venus par la côte de la mer Rouge, mais bien que sur le Nil la civilisation fûttrès avancée à cette époque, elle n’a pas eu la moindre ‘influence sur les pays du Comal, les observations de H. W. Seron-Karr sont concluantes à cet égard.
Au Comal, comme en Égypte, nous ne trouvons pas trace des industries archéolithiques. La conclusion qui s’impose est qu'après le dépeue plement de cette région, alors que les habitants en étaient à la culture paléolithique, le pays est devenu désert et qu’il n’a été repeuplé que beaucoup plus tard par des tribus polissant la pierre, peut-être même connaissant l'usage du métal. Il est à noter également que dans les séries rapportées du ,Comal par le voyageur anglais et provenant des ateliers de l’Issutugan, les formes chelléenne, acheuléenne et moustiérienne sont mélangées, tout comme dans la plupart des gisements de l'Égypte, de la Tunisie et de l'Europe occidentale.
Une exploration méthodique de ce district amènerait probablement la découverte des foyers, découvertes qui, si vraiment les trois formes sont successives, permettraient de définir d’une manière précise ces industries, car il se peut fort bien que ces ateliers de taille aient conservé leur activité durant toute la période à laquelle correspond la culture paléolithique et que de ce fait les intruments des divers âges soient mélangés à la surface des affleurements du silex.
Nous ne voyons pas paraitre au Comal les instruments paléolithiques de type solutréen, ni les pointes pédonculées qui abondent en Algérie dans les gites de cette industrie. |
Non loin du Somal, en Abyssinie; on a retrouvé également bien des
vestiges des temps pleistocènes. A l’époque quaternaire, toute la vallée
de la Podi et celle du cours inférieur de l’'Omo (Abyssinie) étaient cou-
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TErAMETÉS
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F1e. 455, — Somaliland. Grès jaune. Collection Serox-Karr (Musée de Saint-Germain).
vertes par Les eaux et formaient probablement un lac très étendu; on re-
trouve dans les alluvions de cette région de nombreux vestiges de sa faune
pleistocène : Poissons, Crocodiliens, solipèdes voisins du Zèbre, nombreux Pachydermes, Éléphants, et autres Mammifères de grande taille, fombreux Hippopotames, Phacochères, Antilopes en grande abondance. Mais aucune trace de l’homme n’a encore été rencontrée dans les alluvions, les silex taillés recueillis l’ont été à la surface (1).
Dans son voyage au pays des Aroussi (Ethiopie méridionale), M. nu Bourc pe Bozas a trouvé, aux environs de Harar, à Ouarku, un grand nombre de silex taillés, ainsi que des ossements de différents Mammifères quaternaires, dans une sorte de diluvium argileux gris; puis des restes d'industries plus récentes, dans les’ alluvions de l’'Ogaden ; là à la partie inférieure de ces bancs, il a découvert un foyer où avec les silex taillés étaient des fragments de poterie. Les roches employées pour la fabrication des instruments étaient le quartz, le silex, des grès durs, l’opale et l’obsidienne. Là, comme au pays des Somalis, comme en Egypte, il y aurait done eu hiatus entre les dépôts paléolithiques et les restes néolithiques (2). ?
Avant de quitter cette partie de l’Afrique, je dois faire remarquer que les instruments polis qui ont été rapportés du Somal par M. Seron-Karr (fig. 455) sont d’une extrême barbarie et ressemblent plutôt à des adaptations de cailloux ramassés sur le sol, qu'à des outils façonnés. Ces instruments prouvent, par leur présence à l’extrémité de l'Afrique, qu’il n’a jamais existé dans ces parages, voire même dans le massif abyssin et le Haut Nil bleu, de culture ayant été apte à fournir des enseignements à É Égypte prédynastique.
D'ailleurs les récentes découvertes dans le Soudan égyptien nelaissent aucun doute quant à l'isolement dans lequel s’est trouvée l'Égypte, par rapport à l’Abyssinie, jusqu’à la fin du premier empire.
I n'y à pas eu, à proprement parler, d'âge de l’industrie du cuivre et du bronze au Soudan. Il semble que les populations du Haut Nil sont passées directement de l’industrie de la pierre à celle du fer. Dans la province de Méroë on rencontre partout les traces d’une très active métallurgie du fer. Les pharaoniques du Moyen Empire, lorsqu'ils ont pénétré en Éthiopie nilotique, se seraient trouvés en contact avec des populations qui en étaient encore à l’industrie neo: (3).
I résulte de ces observations qu’on ne doit pas faire remonter les industries du fer de l'Éthiopie, au delà de l’époque à laquelle le fer a fait son apparition en Égypte, comme métal industriel, c’est-à-dire aux environs du xri° siècle avant notre ère. Le territoire de Meroë a-t-il été l’un
(1) Mission pu BourG pe Bozas, dans la Géo- (3) Cf. I. J. Garsranc, Second interim Report graphie, 1903, t. VII, p. 108. on the Excavations at Meroë in Ethiopia. The (2) Cf. Za Géographie, 1902, t V, p. 401 sq. Historicul Results, par A. H. SAyce.
des foyers de l’invention du fer, nous n’en savons rien; mais il futun centre très actif de production, qui certainement fournit de métal l'Égypte des derniers temps pharaoniques. Le Soudan formait un monde à part, et l’on voit aujourd’hui bien clairement qu’il n’a pas joué de rôle dans la culture égyptienne pré-pharaonique. La connaissance du cuivre n’est donc pas parvenue jusqu’au confluent des deux Nils, c’est là un point très important quant aux origines de la culture égyptienne. A Meroë, comme dans la majeure partie de l’Afrique, la civilisation néolithique aurait survécu plusieurs milliers d'années à l’arrivée de la civilisation énéolithique dans la
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TABLE DES FIGURES DANS LE TEXTE
— Coup de poing en silex jaune, vallée des Reines (Gournah) .
. — Silex en forme de hache, éclaté par la chaleur solaire et ne portant
aucune trace de taille intentionnelle. Toukh.
. — Coup de poing chelléen en silex blanchâtre ramassé à la Atirte ‘du
sol. Toukh .
. — Pointes chelléennes en ACL ts Toukh É Abydoe :
— Éclat chelléen et racloir chelléen en silex jaune recueillis à la rie du sol. Toukh.
Coup de poing chelléen en Hi ne Dértant de bAtes Hétnent par la chaleur solaire. Toukh.
— Racloirs chelléens en silex jaune recueillis à Là obtÈte du au LOU
. — Coups de poing en silex jaune recueillis à la surface du sol. . — Coups de poing chelléens : en quartzite jaune (Kawamil) et en silex
brun foncé (Kom-Achim). . . . Fr — Croissants de pierre. Silex brun HS La) ci silex ia ol — Coup de poing chelléen recueilli à la surface du sol (Abydos)
. — Coup de poing chelléen en silex jaune (Abydos).
— Coup de poing chelléen en silex jaune (Abydos) — Coup de poing chelléen (Dimeh) et pointe chelléenne (Abydes) en Kiess recueillis à la surface du sol .
. — Instruments de silex trouvés par le profésseur A. d n SiYes dois des
alluvions du nord-est d’El-Kab
. — Instrument de type acheuléen de la Haute- Ée vb . — Silex de Thèbes, récoltes Hexrr ne Morcax.
. — Silex recueilli à Esneh par Henrt DE MorGan .
. — Silex recueilli à Esneh par Henri De Morcan
— Hache en pétrosilex brun, Akaba-Abou-Suraï, rébéite He DE INton RSS
. — Silex blond à patine désertique d’un brun rouge. Ouadi-el-Guerroud,
récolte Henrr DE Mona.
. — Plaque de silex avec patine dsctique FOURS Mets Habôn: fécaite
Henri DE Morcax .
. — Quartzite jaune. RÉ ADAAO NE Sur Re His DE ge
— Silex récolté à Esneh.
Fic. 25. — Silex recueilli à Thèbes . : , Fic. 26. — Silex recueilli à Thèbes, dans la Sale des foi par avai DE Mas ;
Pages:
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