CHAPITRE II
L'obsidienne dans l'Asie antérieure. — Les gisements de l'Arménie russe (1).
A bien des reprises déjà, j'ai signalé l’absence, dans le plateau iranien et la Transcaucasie (2), de vestiges de l’industrie de la pierre, et j’en ai exposé les causes (3). |
Si, pendant la majeure partie des temps pléistocènes, ces pays n’ont pas été habités, c’est qu'ils étaient entièrement recouverts de glaces et denévés (4).
Cet état désertique ne s’étendit pas au delà des temps glaciaires ; car dès la fonte des glaciers, les terres qu'occupaient jadis les neiges devinrent susceptibles d’être parcourues et habitées par l’homme dans certaines parties tout au moins.
J'ai montré aussi pourquoi le plateau persan demeura longtemps désert, malgré la disparition des glaces ; mais les raisons sur lesquelles j'ai appuyé ces déductions n’ont de valeur absolue qu’en ce qui concerne le plateau lui-même et les massifs montagneux ; ces lois cessent d’être applicables lorsqu'on envisage certains districts transcaucasiens et arméniens de faible altitude, pays où les phénomènes post-glaciaires du plateau ne se produisirent pas, où les eaux trouvèrent un écoulement facile et où, par suite, l'assainissement s’opéra en méme temps que la fonte des glaciers et des névés.
(1j Tous les objets cités ou figurés dans cecha- mières Civilisations, in-8°, 1909, p. 174 sq.
pitre sont déposés au musée de Saint-Germainen-Laye (salle des collections de l'auteur).
(2) Cf. J. pe MorGAN, Mission scientifique au Caucase, t. Il. Recherches sur ‘les origines des peuples du Caucise, in-8°, 1889, p. 239. In., Mission scientifique en Perse, t. IV, 1896. Rech. Archéol., 1° partie, p. 1 et sq.
(3) Cf J. ne MorGaw, Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Leltres, 1907, p. 397. Les iravaux de la Délégation scientifique en Perse au cowrs de la campagne de 1906-1907 ; An., Revue de l'Ecole d'Anthropologie de Paris, XVII: année, vi, juin 1907, p. 213 sq.; les Pre-
(4) Le grand Caucase renferme encore beaucoup de glaciers. mais par suite des grandes chaleurs de l'été ils ne descendent plus très bas. Je citerai : le glacier de Tana, long de 7 km., qui s'arrête à 2.148 m. d'altitude; celui de Barton dont le fiont est à 2.351 m., le Karaougom, long de 15 km., qui s'arrête à 1.764 m., le Kkarves, qui ne descend que jusqu'à 2 635 m. Tous, aujourd'hui, se liennent vers 2.000 m. d'altitude e audessus (Cf. V. V. Markovircu, ds. la Soc. Géogr. de Russie, &. XXXIX. Saint-Pétersbourg, 1903 [mémoire en langue russe]).
La Transcaucasie cependant, à la fin des temps pléistocènes, ne vit probablement pas d'habitants et je suis obligé, aujourd'hui, en ce qui concerne les vallées situéés entre les deux chaînes du Grand et du Petit Caucase (1), celle du Cyrus et celle du Phase, d'appuyer plus encore sur ce que je disais à ce sujet en 1889.
« Jusqu'ici, aucune trace de l’homme paléolithique (2), aucun des instruments de pierre éclatée si fréquents dans l’Europe occidentale, n’ont
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