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Fic.140.— Tépèh-Moussian.Hachemarteau en pierre polie, roche verte. 2/3 grandeur naturelle.
F1c.141. — Khazinèh. Hache en . pierre polie. Calcaire rose.
1/2 grandeur naturelle
ciseaux, tranchets, ni racloirs. Il semble donc certain que la plaine de
Moussian, tout comme le site de Suse, n’a pas été occupée antérieurement
à la colonisation par des hommes connaissant le métal. Ces conclusions deviennent plus cer-
taines encore quand on examine l’abondante céramique de ce district.
Céramique. — MM. J.-E. Gautier et G.
Lampre distinguent trois sortes de céramique : la première et la plus ancienne, faite à la main sans Le secours du tour, qu’on rencontre à Tepèh-- Mohammed-Djafar à l’état de fragments et dans les couches profondes de Tépèh-Moussian (fig. 142) ; une poterie peinte à pâte fine et une Mu 4 également peinte à pâte plus grossière.
chaïque fait à la main. 1/3 de « Les observations faites dans la région de la érandear 1rele. Moussian, dit Ed. Pottier (1), ont confirmé la chronologie (relative) susienne : au ras de la
plaine, le silex taillé, au-dessus la poterie fine à décor géométrique ; plus
(1) Ep. PorriEr, Mém. D. S. P., 1912, t. XIII, p. 62.
haut, avec le bronze une céramique, de pâte plus grossière, partois poly-
chromée, formant comme une décadence de la précédente. La différence est qu'à Moussian la poterie du premier style et celle du second se trouvent mélées dans les restes des habitations ; la poterie du second style se rencontre surtout dans les sépultures. C’est le contraire à Suse où la céramique du premier style appartient aux tombeaux ; mais cela ne change rien à la chronologie. L'identité des objets recueillis dans les mêmes fouilles, Cylindres, armes et outils de métal, vases d’albâtre, objets de bitume, etc, prouve aussi le caractère homogène de la civilisation répandue dans toute la Susiane.
Tépèhs de la vallée de l’Aftâb-roud au Poucht-é-Kouh (Louristan). — Dans les vallées des rivières qui descendent du Kébir-Kouh et se dirigent vers la Mésopotamie pour se perdre dans la plaine, on rencontre de nombreuses buttes de peu d'importance, il est vrai, par leurs dimensions, comme par les monuments dont elles semblent contenir les ruines, mais fort intéressantes, cependant, car elles renferment à leur base des restes de la première colonisation de ces pays.
En 1891 (1), j'ai eu l’occasion de visiter plusieurs de ces tépèhs. et j'ai constaté que dans les couches supérieures ils contiennent des débris de constructions en briques crues, des tessons de vases grossiers, et des pierres brutes de la grosseur du poing ou de la tête.
A leur base, au milieu de cendres et de débris, mélangés avec des fragments de poterie plus grossière encore que ceile des niveaux supérieurs, se trouvent en grand nombre des silex taillés et des pierres façonnées de main d'homme.
L'un des districts les plus intéressants de ce point de vue est la large vallée dite plaine du Domestique (Dècht-1-Goulam) sur le cours de la rivière Aftàb.
Dans cette plaine, au lieu dit Djébaï-ben-Rouân, est un tell de peu d’importance, autour duquel on trouve des moellons et des fragments de poterie grossière. C’est au milieu de ces débris que, pour la première fois en Perse, jai constaté la présence d’un véritable gisement de silex taillés.
Plus loin en amont, à la butte dite Tépèh-Goulam, est une autre station plus importante que la première.
Dans ces deux localités, très voisines l’une de Pautre, d’ailleurs, Vu trouvé des casse-têtes en calcaire, brisés, formés d’un large disque de pierre percé en son milieu d'un trou pour l’emmanchement. Avec ces masses primitives gisaient sur le sol, en nombre infini, les silex taillés.
{4) J. DE MorGan, Mission sc. en Perse, t. IV, Rech. archéol., 1° partie, 1896, p. 3.
A Djébaï-ben-Rouân et à Tépèh-Goulam, ce sont les mêmes instruments de pierre: massues, très nombreux nuclei, lames retouchées ou non sur les bords, poinçons ou burins, petits grattoirs (?) et éléments de faucilles, Quelques fragments de vases de pierre et des morceaux de meules à main complètent la série.
Les matières employées jadis sont presque toutes indigènes, quelquesunes seulement sont étrangères. Ce sont des silex des couches crétacées du Poucht-è-Kouh, des quartz hyalins qu'on rencontre en filons dans les mêmes montagnes, des jaspes jaunes, rouges ou bruns, qui se rencontrent à l'état de galets dans les alluvions caillouteuses de Dècht-i-Goulam, et enfin des obsidiennes, beaucoup plus rares.
Il n’est pas nécessaire que j’entre dans plus de considérations au sujet de ces gisements qu’en 1891 je pensais appartenir à la culture néolithique ; ils sont, à peu de chose près, contemporains de la première ville de Suse et témoignent de la colonisation de ces districts par des hommes de l'industrie énéolithique, alors que jusqu’à cette époque ils étaient demeurés inhabités,
Bender-Bouchir. — L'ile de Bouchir contient un petit tell, le tépèh de Sabzäbâd, restes d’un établissement élamite qui, après avoir été sommairement examiné par un Allemand, le docteur Andréas, qui, d’ailleurs, n’a rien publié à son sujet, a été revu en 1913 par M. Pézard (1). Cette butte a fourni des briques aux noms de Hubanmana, Choutrouk-Nakhounta, Koutir-Nakhounta, et Chilhak in Chouchinak, rôis de Suse, et dans les couches profondes d’abondants tessons de céramique peinte (2) du second style accompagnés de silex taillés (3) parmi lesquels je citerai quelques haches grossières, en pierre polie, des pointes de flèches (?) en losange d’un travail très rudimentaire et, fait beaucoup plus important, des éléments de faucilles (4) et des scies doubles semblables à celles dont il a été question plus haut.
Les couches supérieures du tell ont donné un certain nombre d’objets métalliques (5) parmi lesquels une lame de poignard et une tête de lance sont d’un modèle très ancien, mais leur date ne peut être précisée.
L'industrie énéolitique en Chaldée. — Jusqu'à ces dernières années, c’est à Suse, qu'avaient été rencontrées les traces les plus archaïques de la vie humaine post-diluvienne dans le sud de l'Asie antérieure. La première ville de Suse nous avait livré les vestiges d’une“culture néolithique déjà
(1) Maurice PÉzARD, Mission à Bender Bouchir. (8) Zd., p. 95, pl. VIT Suite aux Mém. de la Délég. Sc. en Perse, t. XV, (4) Zd., p. 28, pl. VII, fig. 17. 1914. (5) Zd., p. 29, pl. VIIL.
(2) Zd., p. 14 sq, pl. IV et pl. VI, fig. 1 à 8,
très avancée (1). Or voici que cette même civilisation, M, H. R. Hall, du Musée britannique, vient de la reconnaître sur la rive occidentale du bas Euphrate, en pays de Choumir, à Moughair (Our) et à Tell-Abou-Chahrein (Eridou), dans les sites considérés comme étant le siège de la plus ancienne eivilisation sumérienne (2),
Tout comme à Suse, on rencontre à la base du tell d’Abou-Chahrein une couche contenant des instruments de pierre polie, de silex taillé, d’obsidienne, de cuivre pur, sans mélange d’étain et,en même-temps, bon nombre de tessons de vases, ornés de peintures, semblables à ceux de la seconde période de la céramique susienne. Une colonne est ornée d'une sorte de
DA
Fic. 148. — Instruments de silex. Yakha (Chaldée). Récoltes de J. ne Mor&aw, au Musée de Saint-Germain.
mosaïque pareille à celle qui couvre les autels portatifs de Tépèh-Moussian (3).
L'identité est aussi parfaite qu'il est possible, en raison des différences ethniques qui séparent les Sumériens des Élamites; mais la priorité reste encore à la première ville susienne, car, jusqu'ici, l’on n’a pas rencontré en Chaldée la moindre trace de la céramique primitive de l’'Élam.
Depuis longtemps déjà l’existence de couches à silex taillés à la base des tells chaldéens avait été signalée par les voyageurs. Taylor et Thompson en ont reconnu dans les ruines d'Éridou et, il y a quelques
(4) Cf. Mém. Délég. en Perse, t. XIII, 1912. déc. 199. (2) Cf, Proceedings of the Soc. of Antiquaries, (3) Cf. Mém, Délég. en Perse, t. VIII.
années, la même constatation a été faite à Nippour. En 1899, je faisais la même remarque au tell de Yokha, ruine située au nord du Chatt-el-Haï.
Yokha, dans l'antiquité, se nommait Ouh ou Ouhhou ; elle faisait partie d’un petit royaume renfermant trois villes très proches l’une de Pautre : ce sont aujourd’hui les tells de Yokha, El-Hammam et Oum el’Agareb. Ces trois cités ont été ruinées par Hammourabi deux mille ans avant notre ère et ne se sont jamais relevées. Ces ruines sont considérables. A la base du tell de Yokha est une couche fort épaisse de cendres où abondent par milliers et milliers les silex taillés, les nuclei (fig. 143, n° 1 à 3) et les percuteurs (fig. 143, n° 14); les instruments sont tous fort petits par