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OBJETS DE PARURE

Fibules. — La grande abondance des fibules (Hig. 324), dans les nécropoles de lOsséthie caractérise ces tombeaux. Toute sépulture d'homme ou de femme contenait, dit E. Chantre, une fibule pour le moins, par- | ; fois jusqu’à six de

ces bijoux. Ce‘sont, pour la plupart, des

fibules à are simple” Fie. 323. — Poignards de (üg. 324, n° 1 et 2), fer, Koban. parfois ornées de reliefs (fig. 324, n°3), généralement couvertes de fines ciselures géométriques très simples. On trouve plus rarement des broches figurant un serpent (?) (fig. 324, n° 5), et aussi (fig. 324, n° 4), certaines formes se rapprochant beaucoup des bijoux de l’industrie hallstattienne et de celle de la Tène. Ce dernier type, cependant, ne paraît pas devoir être considéré comme aussi ancien que la fibule à arc simple (1). Il se rencontre dans toute l’Europe jusqu’en Scandinavie.

Nous avons vu que les fibules à arc pic. 324 —— Fibules de No semblent ne pas exister dans les sépultures Koban. du Tälyche et qu’elles sont rares dans l’Arménie russe, (Cheithan-Thagh); par contre, cette forme est extrêmement

(1) CE E. Cuanrre, op. cit, t. IL, p. 65, fig. 53. Hautes-Alpes (Musée de Lyon).

abondante, dans toute l’Europe, en Italie, en Allemagne, en Carniole, en Dalmatie, etc. ei

Épingles. — Ce bijou, à Koban, ne joue pas ce rôle très important que nous lui avons reconnu en Arménie russe, tant dans les sépultures autochtones que dans celle des étrangers, et d’ailleurs les motifs en sont complètement différents parce que leur usage n’était pas le même dans les deux pays. Alors qu'en Arménie l’épingle joue le rôle de fibule et sert à maintenir liés deux pans d’étoffe croisés sur la poitrine,-en Osséthie c'est un ornement de chevelure (fig. 325) de formes variées, absolument

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Fic. 325. — Épingles de bronze. Koban.

étrangères aux pays transcaucasiens, mais dont les types quelque peu modifiés se retrouvent en Europe (Autriche, Italie, Allemagne, etc...). Dans l'Asie antérieure et en Égypte il n’existe aucune forme d’épingle comparable à celles de Koban. Certains de ces types, les grandes épingles à tête plate, se trouvent aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Monde.

Colliers. — Les colliers, tout comme en Transcaucasie, se présentent sous deux aspects, les torques, qui abondent dans tous les pays du Nord et de l'Occident, et les chapelets de perles. Ces derniers sont de beaucoup les plus intéressants par suite des matières employées.

Iln'ya rien à dire au sujet du jayet, de la cornaline, de l’agate, des Cypraea moneta, des incisives de Cerf qu’on rencontre soit dans les nécropoles, soit dans les ruines de villes de tout l'Orient ; mais il en est autrement pour l'ambre baltique, qui, je l’ai dit, ne semble pas avoir, vers le sud, franchi la grande chaine caucasienne.

Les perles de verre et de pâte de verre sont bien certainement Sons étrangère et je serais porté à croire qu’elles proviennent de la Phénicie ou du monde égéen, etil en est de même pour un scarabée (fig. 326, n° 5, 5°) que E. Chantre (1) donne comme étant d’origine assyrienne, Sans exposer

les raisons qui le portent à émettre cette opinion.

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Fi. 326. — Objets divers. Koban.

Certainement les Assyriens ont été, depuis le xe ou le xrr° siècle avant notre ère, en relations avec la Syrie et l'Égypte; mais jamais ils n’ont adopté l’usage du scarabée qu’ils remplaçaient par le cylindre. Il s’ensuit que le scarabée dont il est question, s’il est passé par l’Assyrie, n’en est

(1) Op. cit., t. IT, Atlas, pl. XXVIIT, n°‘ 14 et 2 (légende de la planche).

pas moins venu soit de Phénicie, soit du monde égéen, et il est plus rationnel de supposer que, comme les perles de verre et de pâte, il a été importé par le Pont-Euxin. Nous avons vu d’ailleurs que les tombes tâlyches du fer renferment des cylindres du type chaldéo-assyrien. Il y a donc tout lieu de croire que l’expansion des usages et des objets ninivites s’est produite dans les pays du nord de la Perse et dans l'Arménie, alors que la Circaucasie était soumise à d’autres courants, comme le montre la présence de l’ambre dans la nécropole de Koban.

Pendeloques. — Ces ornements appartiennent à deux groupes très différents et qui, peut-être, ne sont pas de même origine : 1° les disques’ (fig. 326, n° 4) et les pendeloques en forme de clochette (fig. 326, n° 3) rappelant les formes des autochtones de l’Arménie russe, et 2° lés pendeloques figurant des hommes (fig. 326, n°° 1 et 2) et des animaux dont nous avons déjà signalé la présence dans les nécropoles du fer dans le Tàlyche russe et persan

Les figurines humaines sont assez rudimentaires. Quant aux représenta-

tions animales, tout en étant des produits fondus généralement sans re- Fic. 327. — Ornements de bronze ajoutouches, elles n’en offrent pas moins hrs Koban:

les caractères fort bien rendus des su-

jets. On reconnaît le Mouflon (fig. 336, n°* 2,13 et 7}, la” Ghèvre. de montagne (fig. 336, n° 1), le Cerf (fig. 336, n°* 4 et 5), l'Ours (fig. 336, nes 6 et 8), le Renard (fig. 336, n° 9), le Cheval (fig. 336, n° 10), des Oiseaux (fig. 336, n°’ 11 et 12), une jambe humaine (fig. 336, n° 12), etc.

Bracelets, bagues, boucles d'oreilles. — Ces bijoux sont abondants dans les nécropoles de l'Osséthie. Ils présentent presque tous des enroulements en spirale que ne connaissent pas la Transcaucasie et le Tàälyche. Certains bracelets sont de simples. anneaux ouverts (fig. 329, n°4 et 5), ornés de quelques traits ciselés, puis vient le barillet (fig. 329, n° 3), connu dans l'Arménie russe, bien qu’il y soit rare; le bracelet formé d'un large ruban orné de côtes (fig. 329, n° 2), aminci aux extrémités et ter-

miné en spirales, puis le grand bracelet (fig. 329, n° 1), formé de l’enroulement d’une tige de bronze à section triangulaire et terminé à chacune des extrémités par une spirale soit plate, soit héliciforme. Les deux premiers types se rencontrent non seulement en Transcaucasie, mais aussi

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Fic. 328. — Bracelets de bronze. Koban.

dans l’Europe centrale, occidentale et méridionale; quant au troisième, on le trouve aussi bien en Pologne, qu’en Allemagne et en France. Le premier est fort connu de Hongrie, on le voit jusqu’en Scandinavie.

Les bagues rappellent les formes des bracelets à enroulement terminés par des spirales ; quant aux boucles d’oreilles, ce sont soit de

F1G. 329, — Bracelets de bronze. Koban,

simples anneaux ornés ou non d’une perle, soit le type déjà connu de l'Arménie russe. | LL)

Ceintures. — On ne trouve pas, à Koban, ces larges ceintures du Lelwvar couvertes de fines ciselures, de représentations des actions courantes de la vie. Mais, par contre, les agrafes qui n’existent en Arménie russe qu'à l’état d'exception sont en Osséthie la pièce capitale de la parure.

Ces agrales sont des bandes épaisses de bronze (fig. 331) fondu, munies d’un crochet à la partie inférieure, couvertes de dessins très variés à la partie supérieure. Ce sont soit des figures animales ciselées (fig. 331, n° 2), soit des ornements géométriques de fer incrusté dans le bronze.

Ce genre de bijou est, semble-t-il, spécial au pays caucasien et n’existe ni dans l’Asie antérieure ni en Europe.

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Fre. 331. — Férmoirs. Koban.

Je ne puis passer sous silence une très curieuse pièce de la collection Olchewski, publiée par E. Chäntre (1), quoiqu’elle m'inspire de sérieux

(1) Op. cit., t. II, Atlas, pl. XI, fig. 5.

doutes quant à la localité d’où elle provient et à son âge. Ge bijou (fig. 332), fait de bronze, est le milieu d’une ceinture de métal orné d’un large cabochon saillant entouré d’un cercle enrichi de spirales. Tout d’abord, je ferai observer que ce cabochon ne rappelle en rien les goûts des gens de Koban, ensuite que les filigranes dont il est décoré exigeaient de la part du joaillier qui l’a fait la connaissance de la soudure;

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