I02 PREMIÈRE ANNÉE [LXXXIII
Louise. Elles laissent ces sottises-là aux hommes. 5 M. Pascal. Oui, cela est vrai. Pourtant, il y a des femmes qui trouvent que la guerre est une belle chose . . . vue^ de loin.^
Mme. Pascal. Et il y a des hommes qui sont là-dessus du même avis.* lo M. Pascal. Parfaitement ! Mais demandons-nous un peu si c'est vrai que la guerre est stupide. Pourquoi fait-on la guerre ?
Louise. Pour régler les différends.
M. Pascal. Bien. Donc la question à laquelle T5 nous avons à répondre est tout simplement celle-ci : La guerre, est-elle un bon ou un mauvais moyen de régler les différends ? Si c'est un mauvais moyen, il faut décider qu'elle est stupide, n'est-ce pas? Eh bien, écoutez : Deux nations, ou, si vous voulez,^ 2o deux petits garçons, se battent. Lequel des deux remporte la victoire ?^
René. Le plus fort.
M. Pascal. Oui. C'est-à-dire, que de deux pays le vainqueur sera' celui qui a les meilleurs^ soldats, 25 les armes les plus perfectionnées, les plus habiles généraux, les troupes les plus nombreuses — qui sait, enfin, le mieux ^ faire la guerre. Et de deux petits garçons, celui qui gagnera la bataille sera celui qui est le plus fort ou le plus brave. N'est-il pas vrai ? y, René. Oui.
M. Pascal. Ecoutez encore. Est-il vrai de dire que la nation ou le petit garçon le plus fort et le plus intelligent a toujours raison,^ et que le plus faible et le plus petit a toujours tort ?
René. Non.