SCENE XVI
LADY ÉVELYN, seule.
Ils sont partis... Ah 1 je ne pouvais plus soutenir leur présence... Pauvre jeune homme!... c'est pour moi , c'est pour remplir le devoir de sa profession qu'il aura'bravé toutes les menaces de sir Arthur... Sir Arthurl... Je crois encore entendre ses paroles: « Triomphez , riez bien à mes dépens , je ne se- •< rai pas toujours ridicule ; si vous gagnez votre cause , on « peut vous faire perdre votre avocat. » Et son geste , l'expression de SCS regards... Si je gagne ma cause... Ah! Dieu I à présent , je ne forme plus qu'un seul vœu, c'est de la perdre. En! qu'importent des intérêts dé fortune auprès de' la vie d'un jeune homme si noble et si courageux ! Air de Téniers.
Pour prix des soins qu'il donne à ma défense,
Quoi ! je ne puis voler à son secours I
Ah ! que je crains sa funeste éloquence .
Si le succès doit exposer ses jours.
Hélas! mon cœur, par une douce image.
Aurait voulu , trop prompt à s'abuser.
Ces jours voués a l'honneur, au courage,
Les embellir et non les exposer.
Mais quoi!... si je prévenais son père... Si, par un secret message... Sans doute il m'a promis de ne pas quitter son fils... Mais il est si loin de prévoir !... Oui... c'est cela... Confions-nous à sa prudence , à sa tendresse paternelle. ( Elle va pour écrire , et aperçoit Duclos qui entre ai>ec un air défait et abattu.) C'est lui... Que vois-je I Ce trouble , cette tristesse... Ah ! je frémis!