V.ilenriennes, 16 iiiay Iliti. — LAn IV de l.i Liberté
« Je suis arrivé icy, Monsieur, hier au soir, 15 may. J'ai vu M. le maréchal de Rochand)eau. J'ai envoyé un courrier à M. de Lat'ayette pour que nous nous concertions avec lui. Il ne me jjarait pas possible d'espérer conserver M. de Rochambeau ; sa santé lui parait un obstacle qu'il trouve insurmontable. Je désirerais au moins qu'il restât à Valenciennes pour}' commander mte partie des troupes^ si nous trouvons utile défaire un mouvement par notre droite...
« Si M. le maréchal de Rochambeau ne se décide pas à rester, il est nécessaire qu'il y ait à Valenciennes un officier général consommé dans son métier et en état de tenir les ennemis en échec dans le cas où j'entreprendrais sur un autre point. J'ai en consé- (juence l'honneur de vous proposer que le même courrier... ordonne à M. de La Morlière de se rendre à Valenciennes le plus promptement et le plus directement possible -^ »
Si l'offre qu'avait faite Luckner à Rochambeau '* de servir sous ses ordres à l'armée du Nord était bizarre, le fait de demander maintenant à l'ancien généralis-
2. Aiihivc'r* historiques de la Ouerre. Armée du Nord, mai 17!l,': Liukiicr à Servaii. Iti mai, ii° it'i.
A. M., ihid.
't. Archives historiques «le la (iuerre. .Vrim-e du Nord, mai 17'Jv. Uoi-liauibeaii à Servaii, ii» !•.'>.
A L \rmi:r nr (M-;ntrk. — a i, akmke du nord 209
sinie (lo coinniantler uni' pdr/içdrs //'r>//y/r.s-, c'ost-ii-diro de servir ;i Valenciennes sous son commandement ii lui, Luckner, n'était pas moins singulier, et Rochambeau trouva d'excellentes raisons pour décliner cette seconde proposition. Il avait remis, sur l'heure, à son remplaçant, une situation de l'armée, de ses emplacements, et les renseignements qu'il pouvait avoir sur les positions de ''ennemi; il l'assura que la discipline allait peu à peu serétablissant,luipromit de demeurer jusqu'à l'arrivée de Lafayette pour l'aider, si Luckner le jugeait a propos, relativement à la conduite des opérations ultérieures ; finalement lui offrit de l'accompagner s'il désirait voir les troupes cantonnées dans les environs. Les deux maréchaux tombèrent d'accord pour aller visiter le jour môme le camp de Famars, à 5 kilomètres au Sud de Valenciennes, et ils s'y rendir,'nt dans la matinée, après qu'on eût envoyé une estafette prévenir do leur visite, pour laquelle rien n'était préparé. En dépit de la surprise de cette inspection inopinée, Luckner trouva les divers régiments sous les armes, parut satisfait de leur aspect, et avait commencé, suivant son habitude, à questionner familièrement quelques soldats, quand un courrier, dépêché de Coudé par le général O'Moran, lui apprit que les Autrichiens venaient de s'emparer de Bavay^, et qu'ils semblaient manifester l'intention de pousser leur succès plus avant. Les troupes de Famars étaient sous les armes, on les avait par conséquent sous la main ; les ordres furent donnés et exécutés instantanément. Pendant (ju'à la tête d'une avant-garde forte de 8 escadrons, de 2 compagnies de grenadiers, 2 piquets ~ et 2 pièces, Luckner et Noailles se portaient