‹ La préservation des jeunes enfants contre les gaz de combatChapitre 10 sur 22 · PROTECTION INDIVIDUELLE DES TOUT PETITS · texte numérisé non relu

PROTECTION INDIVIDUELLE DES TOUT PETITS

Il en est tout autrement par contre de la préservation individuelle des tout petits beaucoup moins étudiée au début, mais qui commence à retenir l'attention.

On conçoit sans peine que le tout jeune enfant ne puisse supporter le port du masque facial. Sous celui-ci, on ne tarderait pas à voir apparaître colères, crises de larmes, cyanose, hypersalivation : on risquerait ainsi de voir s’obturer les soupapes d'expiration et d’inspiration; on s’exposerait somme toute à l’asphyxie de par le simple port du masque.

On a pu préconiser certains moyens de fortune : recouvrir le berceau ou la voiture d’un drap mouillé qu’on saupoudrera de chlorure de chaux; maintenir sur le visage de l’enfant un bâillon constitué par des couches superposées d’ouate hydrophile, de charbon végétal, de bicarbonate de soude, d’hyposulfite de soude, tous procédés n'ayant qu’une valeur relative difficile à réaliser pratiquement, dangereuse par la fausse sécurité qu’ils peuvent doner et qu’il n’y a, à notre avis, aucun intérêt à répandre dans un public peu éclairé. Nous devons cependant signaler avoir vu de telles réalisations obtenues grâce à l’activité d’une direction compétente, presque parfaites, à défaut d'autre chose, dans des collectivités d’enfants, crèches ou autres.

Mais la protection du jeune enfant doit être d’un autre crdre, elle doit allier efficacité certaine et simplicité d'emploi. Evidemment elle repose sur des principes un peu différents de ceux qui sont appliqués à l’adulte.

Ne pouvant recourir à la collaboration du sujet, le

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constructeur est amené à envisager un appareil entrainant l'intervention d’une personne adulte ou de tout autre source d’énergie.

C’est ainsi que, dans l’état actuel des réalisations, le dispositif destiné au tout jeune enfant se rapproche de «l'abri miniature, abri portatif (1) > à la mise au point duquel s’appliquent les règles classiques qui s'imposent pour le maintien de la vie en milieu étanche ». (Médecin général Cot.)

Ainsi la construction de l’appareil pose-t-elle le double problème : éfanchité absolue; alimentation en air respirable.

1. Pour éviter toutes confusions, précisons que nous n’euvisageons pas ce terme comme devant s’appliquer uniquement aux appareils en milieu confiné.

ETANCHEITE

Les appareils que le public peut se procurer dans le commerce doivent répondre aux modalités prescrites par les services techniques du département de la guerre et par le cahier des charges du ministère de l’Armement; ils n’ont reçu leur agrément et leur licence de fabrication qu'après vérification et essais à la poudrerie du Bouchet, constatant que les conditions requises sont bien réalisées. Celles-ci se résument de la facon suivante :

Possibilité d'emploi : rapidité de la mise en œuvre du dispositif, transport facile, poids de l’appareil vide inférieur à 15-16 kgs, teneur en oxygène ne tombant jamais au-dessous de 19 %, teneur en gaz carbonique

ne dépassant jamais 1,5 %, élévation de température ne dépassant pas 5°.

Etanchéité : totale pendant une heure dans une atmosphère contenant 1 m° de chlore, protection propre en cas d'arrêt de fonctionnement d’au moins 5 minutes.

Visibilité permettant de distinguer le visage et d’apprécier les mouvements respiratoires de l’enfant.

Solidité : résistance mécanique à une traction de 20 kgs.

Imperméabilité des parties souples : durée de résistance au passage des vapeurs de bromure de benzyle : 15 heures, durée de résistance à l’ypérite : 4 heures.

Conservation à l'humidité.

En cas de récipients filtrants, ceux-ci devront satis-

faire aux épreuves habituelles des appareils filtrants des masques d'adultes sur lesquels nous n’insisterons

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pas; les constructeurs recourant tous alors aux filtres ordinaires (1).

On voit la sévérité de ces conditions, qui ressort plus particulièrement de l’exigence d’un taux de gaz carbonique ne dépassant jamais 1,5 %, alors que des doses beaucoup plus importantes peuvent être facilement tolérées; les premiers symptômes un peu sérieux d’asphyxie ne commençant à se manifester qu’à partir de 10 à 12 % de CO2. (Médecin général Cot.)

De même, il semble qu’une résistance de 15 heures au bromure de benzyle et de 4 heures à l’ypérite, laisse une marge de sécurité importante.

Nous ne discuterons donc pas la réalisation de l’étanchéité, celle-ci devant exister du fait de l’homologation. On ne saurait d’ailleurs critiquer la sévérité des services techniques, car on ne doit pas oublier qu’en cas de bom- 2ardement par avions, les appareils considérés ne peuvent guère servir qu'à l’utilisation de produits persistants, du type ypérite par exemple, qui seuls semblent offrir une efficacité certaine, à cause de l’impossibilité relative (excepté dans les cas de projection massive) d'obtenir, en un même point, une concentration utile d’un toxique fugace (ce qui n’est évidemment pas le cas de l’artillerie dont les projectiles tombent au même endroit).

1. Pour plus de détails voir notice du 25 mars 1938 sur : Agrément par les services techniques du département de la guerre des matériels pour la défense contre les gaz de combat. (Charles Lavauzelle et C°, éd.)

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