Carte géol. de Barron, loc. cit., pl. X
qui expire sur le granite à une dizaine de kilom. au sud du O. Feiran.
Le massif du Serbäl est assez bien connu, géographiquement, par les relevés du Survey de 1869. Dans la région plus basse au delà du O. Feîfran, la mieux explorée des lignes géographiques est celle qui s’amorce à l’amont du O. Khamileh, sur le plateau grèseux d'où descend également le O. Oumm Ajraf, et qu'on suit en descendant d'abord ce O. Khamileh, qui se creuse, à l’amont, dans les assises inférieures du grès dévonien et bientôt, plus bas, dansle schistegris noirâtre sur lequelle grès est déposé. Les tables grèseuses, légèrement plongeantes au nord-ouest sont en rigoureuse concordance d’un flanc à l’autre, ce quimontre que la vallée n'estpas le siège d’une faille ; la remarque a son importance parce que l'alignement Suwig (amont)-Khamileh est le commencement d'un sillon à peu près rectiligne formé de vallées et branches de vallées dont les tracés se prolongent, et dont on pourrait être tenté d'attribuer la formation à la préexistence d’une ligne de rupture géologique.
Un coup d'œil sur la carte montrera la disposition du curieux triangle de vallées à l'angle nord duquel descend le O. Khamileh, et dont les côtés sont formés parle Khamileh lui-même, jusqu'à son confluent avec le O. Sig, qui descend à l'ouest dans le Oumm Ajraf, par le O. Sig en amont de ce confluent, enfin par l'ensemble de deux vallons de pente accentuée, opposés par l’amont et descendant, l’un dans le Khamileh, l’autre dans le O. Sig, et portant en commun le nom de O.Sheikh Ahmed : ils continuent l’ahgnement du Khamileh amont. Le sillon est prolongé, au delà, par une importante vallée que l'on considère, l’espace d'un kilom. ou deux, comme étantle O. Sig, et qui porte, en amont, le nom de O. Barak, le O. Sig se détachant droit vers l’est, dans une direction qui le rapproche de la falaise calcaire.
Toujours les mêmes schistes noirs ou grisâtres, dans lesquels commencent à s'intercaler par endroits des granites, La montée du O. Barak aboutit à un col, à plus de 900 m. d'altitude, de l’autre côté duquel on descend sans quitter la direction du sud-est, le long du petit affluent du O,. Lebweh, jusqu'à ce qu'on arrive dans le O. Lebweh lui-même, dont le cours en aval du confluent se détache brusquement à angle droit du grand sillon rectiligne. Cette vallée descendante, qui porte le nom de O. El Akhdar, a
été relevée pour la première fois par Barron (carte précitée), par qui l'on sait qu’elle est la même que le O. Rahabeh, connu à son débouché aval dans le O. Feîran.
On remonte le O. Lebweh, qui s'oppose par le sommet, rigoureusement en ligne droite, avec le O. Berrah; le col, nagh El Lebweh, est à l'altitude de 1.050 ou 1.100 m. Le O. Berrah se creuse rapidement dans un granite gris-rose sillonné des dykes de diorite habituels ; un peu avant d'arriver dans le grand O. El Akhdar, ce granite fait place à un schiste noirâtre coupé des mêmes épanchements dioritiques.
Le O. EI Akhdar dans lequel on aboutit ainsi est une des branches principales du 0. Feîran, dont il se détache à 10 ou 12 kilom. en aval. Un peu plus haut, le Feîran a un autre affluent parallèle au précédent, le O. Esh Sheikh, que plusieurs cols faciles mettent en communication avec le O. El Akhdar, notamment ceux du O. Soleif et du O. Soleïf el Asiat, qui prolonge le sillon du O. Berrah. Ce qui caractérise le O. Esh Sheikh au point de vue géologique, cest qu'ilest le sillon de base de l'énorme montagne de granite rouge qui forme le noyau de la péninsule et se dresse, sur la rive méridionale de la vallée, d'une manière tellement abrupte que pour trouver un chemin d'accès commode vers l’intérieur on est obligé de longer son pied, dans la direction de l’est, en décrivant un vaste quart de cercle.
Le terrain, cependant, ne cesse de s'élever depuis la région du O. Khamileh, comme on voit parla montée croissante des cols de partage entre Barak et Lebweh, entre Lebweh et Berrah, accusant une altitude moyenne non inférieure à 1.000 m. pour le massif schisteux et granitique compris entre le O. Feiran et le sillon Berrah-Lebweh. Comme d'autre part la falaise calcaire de Tih continue à courir parallèlement, au nord-est, à l'altitude constante de 1.000 ou 1.100 m., toujours précédée, à la base, de son large fossé de grès, on voit qu'entre l'alignement Barak-Lebwveh- Berrah (schistes à 1.000 m.) etla zone de la falaise de Tih (calcaires crétacés à 700 m.) doit se prolonger, le long d'une ligne parallèle intermédiaire, la faille qui donne lieu au grand escarpement deSuwig et constitue le bord nord-est du grand horst. Cette faille, même, doit augmenter d'amplitude à mesure qu’on s’avance ausud-est, car le plan supérieur du horst est ascendant dans cette direction, tandis que la falaise calcaire reste à peu près
R. Werrz. — La presqu'ile du Sinai. 4
horizontale ; malgré cela, tout renseignement fait encore défaut sur le prolongement de la faille au delà de la région du Khamileh, et ce n'est que par induction que nous en indiquons le tracé sur la carte. Deux circonstances seulement sont certaines, son existence, et le faitque la lèvre supérieure occidentale s'échancre, enun certain point, pour laisser s'engager dans le massif suré-
levé le O. Sig.