‹ La presse de 1848Chapitre 43 sur 118 · Le perdu chêne de la ttévolution · texte numérisé non relu

Le perdu chêne de la ttévolution

—- Sous ce titre ridicule, nous avons une feuille honnête et modérée qui donne d'excellents conseils aux ouvriers. En voici un extrait :

« Tandis que les passions hurlaient dans la rue, que la révolte agitait son rouge étendard et tachait de sang le pavé de notre malheureuse cité; tandis que Tépouvante et la terreur régnaient en bas, tout était calme en haut. Vit-on jamais ciel plus pur, plus transparent? Jamais nuits plus étoilées éclairèrent-elles de plus terribles luttes, de plus affreux déchirements?

t Noos venons de parcourir les campagnes voisines de Paris; les moissons dorées ondulent au loin dans les plaines et promettent au travailleur le pain à bon marché^ cette grande question qu'il ne dépend que de la nature de résou-

dre. Les vignes s'annoncent sous le plus bel aspect. La Champagne, la Bourgogne, le Bordelais voient se dérouler sur leurs coteaux les riches espérances de la récolte. Partout Tabondance des biens de la terre ; partout la main de la divine Providence s'étend sur ce sol de la France qu'elle aime, et auquel elle a départi cette année des richesses inaccoutumées.

a Français, rendons hommage au divin Créateur de toutes choses ; remercions-le de tant de bienfaits, et surtout de cette protection invisible qu'il déploie sur nous. Ne jetons plus un défi insensé à la Divinité par nos passions coupables, par nos haines vivaces, par nos ambitions implacables, dont le tableau se déroule depuis quatre mois sous les yeux du monde épouvanté. Livrons enfin nos cœurs à l'espérance ; il semble déjà qu'un meilleur avenir vient éclairer notre bien-aimée patrie. Cruellement ébranlée par tant de secousses, la confiance renaît de toutes parts.

a La dispersion des ateliers nationaux, cette mesure vigoureuse et sage du pouvoir exécutif, cette mesure qui a dit à la révolte : a tu n'iras pas plus loin, » a déjà fait refluer les travailleurs vers les ateliers de l'industrie privée. Les manufacturiers reçoivent d'hnportantes commandes qui vont ranimer nos relations commerciales avec les pays étrangers, un moment interrompues par la cessation des travaux et la perturbation jetée au sein des classes ouvrières par d'imprudentes utopies.

« Paris, il y a dix ou quinze jours, ressemblait à une de ces villes de l'Asie^» ineure, où la peste, pareille à l'ange de la mort, décima les populations. Comme là, à peine quelques rares passants circulaient au milieu des rues assombries par une morne tristesse; comme là, les voitures qui sillonnent toujours le pavé avaient cessé de rouler. Chacun se regardait avec inquiétude, défiance et effroi. D'indicibles murmures frémissaient autour de nous. Le deuil était dans tous les cœurs, car nous nous occupions d'enterrer les morts de la guerre civile Cette grande ville, si riante, si peuplée, paraissait un tombeau. Ses habitants formaient un camp armé livré à l'agitation fiévreuse des combats. Aujourd'hui, tout renaît, la circulation a repris son activité, et grâce au général Cavaignac et au conseil énergique qui l'a secondé, Paris est redevenu Paris. »

Rédacteur-gérant : A.-F. Lacroix, rue Constautine, i8.

IM

BULLETIN DE GENSOfOIL

305. Ls Bontem m rAiw* place des Vio- 1 Unres, 4. Rédacteur: A. Devillers. ^ On y trouve un article ngné G. V. (aaas doute Casimir Vannasse, dit Mitraille) ; un autre, signé P. V. (peut-être Paul Véry).

Voici Tarticle signé G. V., littérature, genre biblique, poitrinaire ou I^mennais :

« Le yent siffle, le tonnerre gronde, la grêle tombe à ilôts ; un ¥oyageiir, couvert de haillons, grappe à la porte d'tme chaumière; on ouvre avec précaotioB.

« — Qui es-tu?

« — Voyageur.

« — Arrière! bohémien, zingari, gitanoe, égyptien, maudit! Le toit hospitalier d'un hoanête homme ne peut abriter renneaû du genre humain.

« — Frère ! le temps est mauvais, les hommes d'armes me poursuivent. Au nom de EHeu 4{ue vous aimes, aceordes-moi rhospitalilé ; je suis comme vous un enfant de Dieu, et je vous aime comme moi-même.

« — Va donc, que Taro-en-eiel le serve de cravate! plutôt que de voir un ehien, un voleur, un incendiaire, un pillard assis à mon foyer...

«Seigneur! Seigneiir! pendant que Torags gronde, une voix de la t^rre me crie : ven*geance! mais ta voix divine^ dominant le bruit de la tempête, me crie : espère! A moi uçpurtimt la sainte juetiee; aimes-vous les uns les autres.

d Seigneur I je suis le peuple insoumis à Farbitraire, le peuple (pu cfaerclie la voix du juste et qui tend à réidiseroe grand symbole : liberté^ égMlé, fnUenUU. »

Quant à M. Paiii Véry, Fami de M. Mitraille (dit VennasM), voici oe qu'il pense :

« 1« Attribuer à M. Prondhon k pensée de ruiner clasdestinement k propriété, c'est méoonn^tre $e$ decirtnet et «on «nred^rt.

â*" Si le énit mi trmiml, ee droit sacré, imprescriptible, est le caMHVMisMS, ou, œ qui revient au même, si le communisme n'est que le droit au Iravail, c'est assurément rendre à Téeole commimiste k plus beau de tous les hommages, etc. »

Pourquoi les auteurs de toutes ces sottises nV senft-iis pas se montrer, se nommer en toutes kttres ? Qu'(mt-4k à craindre des modérés ? Ah ! si je n'avais d'autres ennem» à redoutei' que cenx que l'on nomme maintenant réactiomiaiies, comme je signerais des deux mains : Wallon.

A quoi bon les révolutions, si ce n'est pour don* ner du courage à tous les peureux de k vetlk et du kndemain.

306. — Lb p*s« nu pkuplb. — Journal liel>domadaire de Mâcon, dit la Phytioncmie de la Pmê9y qui est venu se réfugier à Paris, rue Groix-des-Petits-Ghamps , 27. Démocrate modéré, légèrement socialiste. G'est bien du même crû que le Bien public, son frère. Gérant : Jacquet.

307. — L'dntté nationale, fonmer de la chambre. — Gette feuille est du 28 juillet ; elle donne deux éditions par jour également insigni- Oantes et réactionnaires. Rue de Chartres, i 2. Gérant : Domercq.

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