‹ La presse littéraire sous la Restauration, 1815-1830Chapitre 37 sur 182 · La France littéraire, IX · texte numérisé non relu

La France littéraire, IX

2. Félix Biscarat ou Biscarrat, ancien maître d'étude à la pension Gordier, où Eugène et V. Hugo furent élevés. Paul Lacroix attribue à Augustin Soulié les articles signés S.

3. Selon Paul Lacroix et Asselineau, L.-Th.-P. désignerait Théodore Pavie. « Il ne peut être question du célèbre orientaliste de ce nom, dit Em. Paul, car il n'avait que neuf ans à cette épo-

ue. »

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nous avons déjà signalé, comme poète, le pseudonyme Reda).

G. de P. doit être Gaspard de Pons (1). A. de V. est Alfred de Vigny, qui publie un premier article sur les Œuvres complètes de Byron (III, 212), lequel ne fut jamais suivi d'un second.

Enfin, toujours d'après le catalogue Xoilly, « les initiales G. et M. paraissent désigner Ch. de Saint-Maurice (2) ; A. D., Antony Deschamps ; J. L***, Jules Lefèvre (3). Enfin A. -S. Saint-Valry est le pseudonyme de M. A. Souillard (4). » « Nous laissons à d'autres, ajoute M. Emile Paul, le soin de trouver quels sont les rédacteurs de la Revue qui ont signé : D. B., L. D. A., C. D., A. M., L. D. V..., N., D. R., F. de B., etc. >

1. Gaspard de Pons (1798-1S61) a publié en 1819 : Conslant et Discrète, poème en quatre chants, suivi de poésies diverses; en 1824 : Amour. — A Elle (anonyme) ; en 1825 : Inspirations poéti' qaes. Il est compté par Jay, dans sa Conversion d'un romantique, 1830, au nombre des « étoiles de la Pléiade romantique. »

2. Gh. de Saint-Maurice (1796-1865) renonça de bonne heure à la critique pour ftiirc du mélodrame en collaboration avec Grosnier et Jouslin de la Salle, et des romans.

3. Jules Lofèvre-Deumicr (1797-1357) publia, en vers, Le Parricide (1823), le Clocher de Saint-Marc (1826), Ode sur la mort du général Foy (1826), les Confidences (1S33). Poète très distingué, il obtint peu de succès. Ses romans {Sir Lionel d'Arquenay, 1834 ; les Martyrs dWrezzo, 1036) réussirent plus brillamment. Il fut avec A. Houssaye propriétaire de V Artiste et se remit à la critique, en 1848, à la Patrie. Il est mort bibliothécaire des Tuileries. — Gf. la Notice de M. E. des Essarts, 1860.

4. Saint-Valry (Adolphe Souillard de) (1802 -1862). Ami d'enfance de V. Hugo, son père ayant servi sous le général Hugo. En dehors de sa collaboration au Conservateur et à la Muse française, il a publié en 1826 dans les Annales romantiques un poème intitulé Les Ruines de Montfort-V Amaury ; en 1829, Les Fleurs (poésies) ; en 1836, 3/"» de Mably (roman». — Gf. Ed Fournier, Souvenirs poétiques de l'école romantique ; E. Biré, V. Hugo avant ISSO.

D'après Quérard, nous l'avons vu plus haut, CD. désigne Théodore Pellicier. Quant aux autres initiales, nous ne pouvons que souhaiter de les voir quelque jour authentiquement déchiffrées.

En août 1821,1e Conservateur littéraire cesse de paraître, ou plutôt il se réunit aux Annales de la littéra' tare et des arts comme en fait foi l'article que voici, publié par les Annales au verso de la couverture du numéro du 7 août 1821 :

Réunion du Conservateur littéraire aux Annales. Des travaux littéraires commencés depuis longtemps et auxquels MM. Hugo désirent se livrer presque exclusivement ne leur permettant plus de consacrer au journal qu'ils ont fondé le temps et les soins que demande une pareille entreprise, ils nous ont offert de xéunir leur recueil aux Annales et de prendre part avec nos collaborateurs à la rédaction de ces dernières. Les talents de MM. Hugo, l'identité de leurs doctrines politiques et littéraires avec celles que nous professons, nous ont fait accepter leur proposition avec autant d'empressement que de plaisir. Nous avons regretté que les rangs complets de notre rédaction ne nous permettent pas de donner dans \es Annales à tous les émigrants du Conservateur littéraire la place qu'ils méritent d'y occuper. Nous espérons cependant ne pas être privés de toute coopération de leur part et nous comptons bien qu'ils nous aideront à jeter dans notre journal une variété de tons et de matières que les lecteurs ont le droit d'exiger dans un ouvrage qui n'a pour objet que de les distraire.

Mais Victor Hugo écrit le 3 octobre 1821 à son oncle M. Trébuchet, à Nantes, une lettre dans laquelle on ht le passage suivant :

Nous sommes depuis deux mois ouvertement

brouillés avec les Annales, dont le Directeur a ouverte-

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ment abusé de notre bonne foi; nos intérêts ont été froissés d'une manière criante et notre rupture va être enfin décidée par arbitrage. Ce qui nous contraint plus enrore que la lésion de nos intérêts, c'est que plusieurs papiers importants pour nous (entre autres votre intéressante Notice) (1) sont entre les mains du Directeur dans la fidélité duquel nous n'avons pas appris à nous fier. Nous espérons cependant pouvoir vous mander bientôt quelque chose de satisfaisant à ce sujet. Nous remuerons ciel et terre s'il le faut (2).

Tel est le dernier document relatif au Conservaleur littéraire. Mais pour compléter ce document, je ferai remarquer que la brouille des frères Hugo avec les Annales fut de courte durée, puisque, en 1822, les Annales publient : La. Bataille de Denain de Abel Hugo (3), 1,0 u 15 XV H de Victor Hugo (4) ; en 1823, VÉpîire à Molière par Roraie et Victor Hugo (5), Jéhovah (6) et la Mort du duc de Berry (7), de Victor Hugo,

On sait que Victor Hugo réimprima plus tard un certain nombre de ses articles du Conservateur littéraire dans le Journal d'un jeune jacohite... Là, il se vante de les avoir reproduits sans y rien changer. M. E. Biré a discuté, pièces en main, cette singulière prétention; il a

1. Cette notice est sans aucun doute un travail sur les antiquités de la Bretagne dont M.Anne-Marie Trébuchet était l'auteur, et dont il est de nouveau question dans une lettre du 30 du mênae mois recueillie par les éditeurs de la Correspondance.

2. L Amateur d'autographes, 16 février 1902, article de M, Tourneux.

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