Hatin. Bihl, p
Il faut distinguer deux séries dans les Tablettes universelles. Jusqu'en ianxier 1823, c'est une sorte de répertoire très touffu, composé de quatre parties: l. Histoire; II. Sciences, Littérature y Beaux-Arts ;lll. Bibliographie ; IV. Mélanges) correspondance, modes, nécrologie, annonces). Sous cette première forme, les Tablettes sont très intéressantes à consulter, mais fournissent des dates, des titres, des faits, bien plutôt que des jugements ou des théories. Voici, d'ailleurs, un fragment de l'introduction :
. . . Rassembler dans un cadre qui ne soit ni trop borné ni trop étendu, la série complète des faits historiques, scientifiques, littéraires, que l'espace de chaque mois offre à la méditation de tous les esprits éclairés ou qui aspirent à l'être ; présenter dans l'ordre avantag-eux d'une classification simple et naturelle, les résultats honorables des travaux de nos savants, de nos artistes, de tous les genres d'industrie ; concentrer enfin, dans un foyer unique et central tous les rayons de lumière qui s'échappent à la fois de divers points de la France et du monde ; tel est le but utile et vaste que les auteurs des Tablettes universelles se sont proposé de remplir.
. . . Tout se tient, tout est coordonné dans un gouvernement représentatif.
... Le gouvernemen t constitutionnel est celui des lumières ; plus chacun des citoyens apporte en tribut à la masse générale, plus la prospérité publique doit s'accroître. Sous ce régime, instruire le peuple, distribuer des lumières à toutes les classes, c'est servir utilement la société ; c'est se montrer ami des lois constitutionnelles ; c'est bien mériter de son pays.
Il est un autre but que tout bon citoyen doit se proposer. Si l'amour de la patrie est un sentiment énergique et fécond, n'oublions pas que tous les peuples sont frères; n'oublions pas que les arts et les sciences sont un lien
sous LA RESTAURATION
fraternel dont le charme a souvent adouci la rigueur des inimitiés politiques.
Mais en janvier 1823, à la suite de circonstances que nous ignorons, Gouriet cède la direction des Tablettes à Coste qui, dit Hatin, « de simples annales qu elles étaient, en fait un journal des plus vifs, autour duquel il groupa les forces vives de la presse, les jeunes écrivains, très nombreux, de cette époque, disséminés dans tous les journaux. Jusqu'au 21 janvier 1824, les rédacteurs sont MM. Coquerel, Gauchois-Lemaire, Dubois, Thiers, Rémusat, Mignet, Alph. Rabbe, Fr. Bodin, Sylv. Dumon, etc. Amorties par le ministère à la fin de janvier 1824, elles furent rédigées depuis par MM. Adair, Regnault-Warin et Jules Maréchal (1 ). »
On reconnaît dans cette liste, à côté de libéraux comme Gauchois-Lemaire, Rabbe (2) et Bodin, les noms de quelques jeunes gens qui allaient bientôt fonder le Globe, — dont les Tablettes, les Annales, les Archives, le Lycée, sarableut avoir été autant d'esquisses ou d'essais, — et qui devait rester le type du périodique doctrinaire. Rémusat, dans un article sur Jouffroy, écrit : « Un recueil s'était fondé, un moment remarqué, oublié aujourd'hui, les Tablettes universelles. Il disparut bientôt, brisé par les difficultés légales qui alors entravaient la presse. Ghacun se reprit à chercher de