Paris et Fribourg, 1903 (pp. 51 à
de découvertes ù faire. Il suffît d'enregistrer, en les contrôlant et en les coordonnant, les résultats acquis.
P. -F. Dubois venait d'être destitué de ses fonctions universitaires (il occupait alors une chaire de rhétorique à Charlemagne), quand il commença à écrire, nous l'avons vu, aux Tablettes universelles ; en même temps, il traduisit, pour Guizot qui avait entrepris de publier les chroniques de l'histoire de France, VHistoire de V Église de Reims, par Frodoard. On peut se figurer aisément l'état d'esprit d'un jeune homme érudit et ardent, qui à l'École normale avait eu pour camarades Augustin Thierry, Joufrroy,Damiron, — et pour maîtres, Royer- Gollard, Guizot, ViUemain, Cousin. Si, plus tard, l'École normale eut des générations plus brillantes qui s'élancèrent vers le journalisme, — si, de nos jours, elle a formé, avec des méthodes plus scientifiques, des érudits et des savants capables de renouveler par la base la critique historique et littéraire, — on peut croire que jamais promotion ne fut plus chargée d'idées généreuses. Ces jeunes gens avaient vraiment un foyer dans le cœur ; leur gravité est charmante, parce que l'on y sent un effort de la raison pour discipliner l'enthousiasme ; chez eux le scepticisme est respectueux, la perte de la foi est douloureuse et laisse espérer des retours ; persécutés, ils se défendent loyalement, sans taquiner de parti pris un pouvoir dont ils acceptent le principe, et qu'ils veulent seulement ramener à la stricte observation de ses promesses.
Qu'on se représente donc Dubois, regrettant son enseignement actif, s'appliquant pour vivre à des travaux pénibles et obscurs qui ne porteront même pas son nom, et rêvant de coopérer d'une façon efflcace au mouvement des idées. Il voit venir à lui un de ses anciens condisciples du lycée de Rennes, un fils d'ouvrier, Pierre Leroux,
SOl'S LA RESTAURATION' 159
qui lui propose de fonder un journal. Entre 1820 et 1830, tout homme qui avait en tête une idée ou une utopie songeait à fonder un journal ; et Pierre Leroux était déjà ce rêveur qui devait du saint-si monisme passer au socialisme, ce lanceur d'entreprises et de théories qu'il était incapable de diriger pratiquement. Leroux ne voulait d'ailleurs que remplacer une des nombreuses feuilles récemment tombées, et créer* un petit journal composé d'extraits de littérature étrangère dans la forme des journaux de théâtre et de satire et n'ayant qu'une revue sommaire des sciences et des lettres »(1), quelque chose comme la partie bibliographique des Archives ou des Tablettes. Mais Dubois, avec une rare clairvoyance du moment politique, social et littéraire, devina qu'une forme nouvelle et plus large devait se substituer à celle de la veille. « Si cet éminent journal, écrit Vacherot, dut son nom à Pierre Leroux, qui proposa à notre ami d'en faire une feuille d'informations recueillies sur toute la surface du Globe, k Dubois revint l'honneur d'en avoir conçu la haute pensée et le large programme. Il fit mieux encore; il amena à la rédaction du nouveau journal une élite de jeunes gens sortis des rangs les plus divers de la société française pour se réunir dans cet esprit de critique supérieure, qui embrassait toutes les doctrines et tous les partis... » (2)
Une lettredeJouffroy à Dubois, citée par M. A Lair(3). nous éclaire plus encore :
... Voilà, écrivait Jouffroy le 16 août 1824, notre critique littéraire en bonnes mains ; vous la sortirez de l'or-
1. Dubois Souvenirs inédits {passage cité par M. A Lair. Quinzaine du l"' févi'ier 1904).
2. Fragments littéraires de Dubois.... Notice... p. XV. .3 Quinzaine du V' février 1904.
nière sans la dépopulariser et vous prêcherez la liberté littéraire en bon français : deux choses qui ont besoin l'une de l'autre et qui attendaient depuis longtemps. Soyez purement littéraire, et ne descendez pas aux misérables allusions politiques ; cela sent la prison et MM. Jay et Jouy, deux boutiques de mauvais goût et également usées aux yeux du public (Ce conseil ne devait pas être suivi exactement, et nous verrons la politique se faire largement sa place au Globe). Vous avez une belle mission à remplir, honorable, lucrative et sans péril, celle de révolutionner la littérature. Ce n'est pas moi qui vous l'apprends, mais je vous le dis, pour vousdonnerconfianceenvous-mêmes... Vous allez, le premier chez nous, attaquer les règles avec le bon sens et le bon goût qui ne font qu'un et qui ne peuvent appartenir qu'à la jeunesse, car en tout la génération précédente est frappée de discrédit : également incapable, blasée comme elle est, de sentir juste ; sceptique et immorale comme le temps l'a faite, de parler franc ; passée et flétrie par les scandales de trente années, d'obtenir confiance et d'échapper au ridicule...
Joufîroy, dans ces dernières lignes, caractérise avec une singulière justesse, la fausse position des libéraux proprement dits, qui, nous l'avons fait remarquer, ayant occupé presque tous sous l'Empire, des charges ou des emplois, jusqu'à ceux de censeurs, et compromis par conséquent aux yeux de la jeunesse néo-libérale, n'arrivaient dans la Minerve qu'à taquiner le pouvoir, sans pouvoir gagner l'opinion publique. En littérature, d'autre part, les Jay, les Jouy, les Etienne, les Tissot, les Thiessé, étaient ou des auteurs déjà démodés, ou des théoriciens attachés à une sorte d'absolutisme pseudo-classique, en contradiction avec leurs belles phrases sur le progrès. Ajoutons qu'à presque tous, comme à ceux qui avaient de quinze à vingt ans sous la Révolution, il leur manquait cette forte
sous LA RESTAURATION 161
instruction que de plus jeunes avaient reçue clans rUniversité réorganisée par l'Empire, et surtout ces années de travail libre et fécond dont un Dubois, un Jouffroy, un A. Thierry, un Damiron, avaient fait si bon usage à l'École normale. Ces derniers et ceux qui, de la même génération, vinrent se joindre à eux, Rémusat, Ch. Magnin. Thiers, Vitet, Sainte-Beuve, savaient lire et savaient penser, et, — en admettant que cela s'apprenne, — savaient écrire. Ils entraient tous dans la critique avec autant de bonne foi que d'ardeur, décidés non pas à « faire de l'opposition » à tout prix, en politique, — et à condamner toutes les innovations en littérature, — mais à défendre sur tous les points la liberté. « La cause principale du succès du Glohe, déclare Dubois, fut le caractère même de sa rédaction. Elle était jeune et libre de toute attache avec le passé. Il n'y avait pas parmi nous un écrivain déjà ancien et qui eût un nom. Venus, comme on dit, des quatre vents de l'horizon, carhonari, libéraux de toute origine, nous formions avec la variété de nos opinions et de nos esprits une armée absolument neuve. » (1) Sans doute, quelques hommes déjà arrivés donnent des articles au Glohe: Chateaubriand, Guizot, Villemain, Cousin; mais leur collaboration est accidentelle et très rare, et Dubois veut parler des rédacteurs habituels, propriétaires et actionnaires du Glohe de 1824 à 1830.
Quel fut le programme du Globe? Demandons-le à Dubois lui-même qui, en tête du premier numéro, le 15 septembre 1824, expose ses intentions. On va voir que ce prospectus semble annoncer seulement, comme le titre du journal, de la critique littéraire ; toutefois,
1. Dubois. Souvenirs inédits (cité par M. A. Lair. Quinzaine du lor février 1904 .
la littérature est, pour Dubois, tellement liée aux questions sociales, qu'on prévoit inévitablement, rien qu'à lire ce document, la prochaine invasion de la politique dans le Globe.
Depuis dix ans, au milieu des ag-itations politiques, et malgré le dédain dont elle semblait être l'objet, la littérature a prospéré en France. Des poètes nouveaux ont apparu, pleins de verve et de jeunesse; des essais quelquefois heureux ont avancé la réforme du théâtre; un système de philosophie religieuse a fait école; et de grands et sérieux travaux ont ramené l'histoire à son véritable but. Cependant, la critique littéraire a dépéri de jour eu jour, et l'on aurait peine à citer une feuille où elle s'exerce à la fois avec indépendance et vérité. Les journaux politiques ont été obligés de la bannir; les graves sujets de leurs discussions, et les vives inquiétudes da l'attaque ou de la défense, ne leur permettent pas de s'y livrer. Si quelquefois ils s'occupent de littérature, c'est encore pour eux un intérêt de parti : l'homme ou l'ouvrage leur appartient; ils le jug-ent avec leur préoccupation; et dès lors, rien ne s'écrit dans l'intérêt de l'art ou de la justice.
Aussi, continue Dubois, a-t-on fondé des journaux littéraires, mais frivoles, faits « d'épigrarames, ds quolibets, d'anecdotes de coulisses ». Ici le créateur du Globe, trop plein de son objet, oublie que la Revue encyclopédique, fondée en 1819, continuait à paraître, et ne méritait pas un tel mépris; il aurait pu également songer aui Annales de la littérature et des arts qui, depuis 1820, faisaient une large place à la critique et à la bibliographie, et qui durèrent jusqu'en 1829; le Mercure du XIX" siècle lui-même (1823-1831) ne pouvait être confondu avec ces « légers essais » condamnés par Dubois. Mais poursuivons.
SOl'S I.A RESTAURATION
Est-ce là de la critique littéraire ? N'y a-t-il dans les esprits aucun autre besoin à satisfaire ? Ces générations élevées depuis la Restauration, et tourmentées du désir de s'instruire, trouvent-elles là ce qui peut occuper leur pensée ? On a souvent reproché à la jeunesse sa hâtive impatience de se mêler aux débats politiques. Peut-être, entre beaucoup de causes, n'est-ce pas une des moins puissantes que de n'avoir présenté à son activité d'esprit aucun objet de méditation sérieuse et de saines études : il lui fallait une occupation digne d'elle ; une seule s'est offerte, est-ce sa faute ?
On aie tort, aussi, fait observer Diiliois, de ne voir dans le monde que la France, et dan • la France que Paris (et cela est encore très injuste à 1 égard des feuilles que je citais plus haut, et qui font leur part aux littératures étrangères). Un autre vice « déshonore » les journaux :
La critique est devenue une spéculation d'auteurs, et un commerce de librairie. Chaque coterie a sa feuille ; sous le voile de l'anonyme, chacun y loue son livre ou le fait louer par un secrétaire ou un disciple ; d'autres fois c'est un doux échange de services avec un ami ; le public, qui n'est pas dans le secret, croit à l'éloge où quelquefois la main paternelle, par surcroit de finesse et ruse de calcul, veut bien jeter çà et là une censure de bienveillance qui le relève et fasse valoir, comme on dit.
...Chaque matin, la France est étourdie de certains noms, jeunes ou vieux, qui doivent rappeler la gloire des beaux siècles : et cependant de grandes compositions, des tra- A'aux de conscience et d'utilité publique, obtiennent à grand'peine l'annonce de politesse pour les deux exemplaires ; le jeune homme modeste et inconnu est repoussé dans l'obscurité qui désespère, ou bien on l'enrôle, et il se perd en prenant livrée. Ainsi la justice littéraire est à l'encan, et il faudrait désespérer de la critique, si, par
bonheur, la raison et le goût n'étaient au-dessus des atteintes de quelques traitants, ou de quelques meneurs de parti.,. Le temps est venu pour une réforme qui doit tout à la fois retirer la critique du commerce et des passions politiques, ramener, la justice avec l'indépendance, et satisfaire à cette sérieuse curiosité de l'utile qui travaille tous les esprits.
Telle est la parlie négative du programme, tels sont les considérants qui expliquent le programme lui-même, dont voici maintenant les points essentiels :
... Donner toutes les nouvelles étrangères, littéraires, industrielles ou morales, sans toutefois entrer dans des discussions trop profondes, au moins sur tout ce qui regarde les sciences : voilà ce qui remplacera dans notre feuille le compte rendu des théâtres et les esquisses parisiennes. Le Globe se propose aussi d'exposer Je mouvement des lettres, des arts, des sciences, dans les départements. Enfin, examiner sérieusement et en conscience toutes les productions littéraires vraiment utiles et remarquables; s'occuper du théâtre, quand le théâtre produira quelque nouveauté originale, ou grave ou légère ; quand quelque acteur de talent paraîtra pour la première fois sur la scène, ou s'essaiera dans un genre nouveau ; mais laisser à l'oubli toutes ces pièces qui passent, et tous ces acteurs qui se succèdent, sans aucun bénéfice pour l'art ; en un mot constater les succès, et en montrer la raison, voilà notre but.
Ce plan, on le voit, n'est pas très différent de celui qu'on a pu lire dans quelques-uns des Prospectus déjà cités. C'est un trait commun à tous les critiques de la Restauration que cette curiosité pour les littératures étrangères ; d'ailleurs, ils étaient sûrs de plaire par là, et à ceux qui avaient parcouru l'Europe à la suite de Napoléon, et aux émigrés qui y avaient séjourné long-
sOUS LA RESTAUKATION l65
temps, et ù tout le public qui s'était habitué à porter ses regards et ses vœux au-delà des frontières. De même, on trouve à peu près dans tous les prospectas le même intérêt pour le mouvement des sciences et de l'industrie. Ajoutons que déjà plusieurs revues avaient réduit leur compte rendu théâtral à ceux des ouvrages qui paraissaient originaux. La nouveauté du Globe n'est donc pas.sil'on peut ainsi dire, dans la lettre ; elle est toute dans l'esprit. Voici en effet ce que l'on n'avait encore lu dans aucun programme de journal :
... Il nous reste à parler de nos doctrines littéraires. Deux mots suffisent : liberté, et respect du goût national. Ni nous n'applaudirons à ces écoles de germanisme et d'anglicisme, qui menacent jusqu'à la langue de Racine et de Voltaire ; ni nous ne nous soumettrons aux anathèmes académiques d'une école vieillie, qui n'oppose à l'audace qu'une admiration épuisée, invoque sans cesse les gloires du passé, pour cacher la misère du présent, et ne conçoit que la timide observation de ce qu'ont fait les grands maîtres, oubliant que les grands maîtres ne se sont ainsi appelés que parce qu'ils ont été créateurs. Le devoir de la critique, à juger du moins par ce qu'elle a été de tous les temps, n'est pas d'interdire, mais de provoquer les essais : car ce sont les essais heureux qui lui donnent ses règles ; elle ne fait jamais loi qu'après coup. Laissons donc tenter toutes les expériences, et ne craignons de devenir Anglais ni Germains. Il y a dans notre ciel, dans notre organisation délicate et flexible, dans notre goût si juste et si vrai, assez de vertu pour nous maintenir ce que nous sommes.
Dubois termine, en assurant le public de la compétence et de la bonne foi de ses collaborateurs. « Si nos formes, dit-il, ont quelque chose de dogmatique, c'est
habitude de conviction ; mais nous n'avons ni intolérance ni préventions obstinées.. . »
Ainsi, la doctrine littéraire du Globe, c'est une sorte de libéralisme que nous étudierons de plus près quand nous comparerons entre elles les diflTérentes définitions du romantisme.
Nous avons dit que la politique se glissa bien vite dans le Globe. C'est que ses rédacteurs, à commencer par celui qui l'avait fondé, ne séparaient pas les mœurs d'avec les lettres ; pour eux, le principal et presque le seul intérêt d'un ouvrage, est dans les idées, dans les théories, et dans leur conformité ou leur opposition à certains principes généraux. Tout est ramené, dans leur critique, — et c'est ce qui en fait la grandeur, sans doute, mais aussi l'insuffisance, — à une sorte d'utilitarisme philosophique et social. On est vraiment surpris de ne trouver, dans ce journal littéraire, presque aucun sentiment de l'art. Ni Dubois, ni Rémusat, ne semblent avoir été sensibles, dans le style, à autre chose qu'à la correction. 'Ei quand on pourra plus loin comparer leurs jugements à ceux des pseudo-classiques ou des jeunes ultras, il deviendra évident, je pense, que les caractères essentiels de la renaissance romantique leur ont, plus qu'aux autres, échappé. Magnin, seul, semble faire exception.
N'aurait-on pas exagéré leur influence, puisque, après tout, ce n'est point dans le sens où ils le voulaient orienter que le romantisme s'est développé ? De leur théories jus/e-mt/j'eu ne sont issus ni Dumas, ni Hugo, ni Michelet. Ils ont admiré C. Delavigne et Béranger plus que Lamartine, Hugo et Vigny.
Que reste-t-il donc, comme part d'influence réelle, au journal Le Globe ? H lui reste surtout d'avoir été, de 1824 à 1830, un lieu de réunion et de coopération
sous LA RESTAURATION 167
pour un certain nombre de jeunes esprits très ouverts, libéraux du lendemain et non de la veille, vivement pénétrés du besoin de réformes et de nouveautés, mais désireux d éviter ou d'enrayer toute entreprise téméraire et compromettante. Il lui reste d'avoir contribué, plus que tout autre journal, à discréditer ce qui était, et à préparer la route libre à ce qui venait. Ses efforts répétés contre le pseudo-classicisme ont abouti à la ruine des vieux genres ; et, assurément, les genres nouveaux n'ont pas été ce que les rêvait la critique doctrinaire, c'est-à-dire le drame historique à la Manzoni, ou le lyrisme politico-philosophique ; mais tout de même on peut croire que l'école du Globe a formulé cinquante ans trop tôt les principes d'une littérature à la fois psychologique et rationaliste qui devait, vers 1848, commencer à éclore. Il reste enfin au Globe de constituer, pour un historien de l'opinion publique, un témoignage d'une incomparable valeur. Tout y est sincère et probe. Pas un grain de ce charlatanisme qui gâte les feuilles romantiques ou libérales. Point de réclame ni de complaisances. On y a l'impression vraiment pénétrante d'un constant souci de la vérité ; et tel est le charme immortel de la bonne foi, qu'à trois quarts de siècle de distance, on sent palpiter à travers les feuillets de ce vieux journal les âmes à la fois hautaines et candides qui y ont laissé le meilleur d'elles-mêmes.
Passons en revue ces nombreux collaborateurs ; nommons d'abord ceux qui, comme nous l'avons dit, sans prendre une part régulière au journal, lui communiquèrent des lettres ou des fragments de leurs ouvrages.
Dans ce premier groupe, se présente pour ainsi dire hors rangr, Chateaubriand qui donne au Globe Idi Préface générale de ses œuvres (Il mai 1826), et une lettre sur
la Sainte Thérèse de Gérard (8 mars 1828). Benjamin Constant communique, le 7 mai 1825, un fragment de son ouvrage sur la religion, sous ce titre ; Christianisme et causes humaines qui, indépendamment de la source divine, ont concouru à son établissement. Du général Foy paraît, le 14 avril 1827, peu après sa mort, un fragment de son Histoire de la guerre de la Péninsule, communiqué par sa veuve. De Déranger (4 sept. 1827) une lettre sur la souscription ouverte pour le tombeau de Manuel, et, le 5 mars de l'année suivante, une chanson sur l'orateur libéral; et une autre chanson le 23 septembre 1829. Guizotapublié les articles suivants: Lettresur le généralFoy (3 déc. 1825), Notice sur A. de Staël (27 nov. 1827), la Sainte Thérèse de Gérard (15 mars 1828), sur r Histoire d'Angleterre de G. Brodie (29 janvier 1825). En outre, il donne au Globe la primeur de quelques pages de son Histoire de la révolution d'Angleterre (11 mars 1826, 26 mai 1827) et un fragment intitulé: De la souveraineté (25 nov. 1826). Après la mort de sa première femme, Pauline de Meulan, il communique quelques pages d'elle sur l'éducation des femmes (13 déc. 1827). Très nombreux sont les morceaux publiés par V. Cousin ; on en compte dix-sept: lettres, argumentsde dialogues de Platon, préfaces, articles sur Kant(l). Ajoutons qu'à partir d'avril 1828, le cours de Cousin, comme celui de Guizot, est l'objet d'analyses fréquentes ; celui de Villemain y est suivi, dès 1824. Villemain lui-même ne donne au Globe que deux fragments de ses ouvrages : sur l'éloquence chrétienne au IV^ siècle (9 déc. 1826) et sur saint Jérôme (18 janv. 1827).
Voilà pour le groupe des maîtres, de ceux dont les
1. On en trouvera l'énumération dans la Préface citée, p. LXXXVIII.
sous LA RESTAURATION 169
noms sont une garantie, un témoignage d'estime et un encouragement. Les autres sont tous des jeunes gens; si quelques-uns sont devenus illustres, leur notoriété était, en 1824, assez modeste, sinon dans le petit cercle où ilss'appréciaient et s'admiraient mutuellement, du moins auprès du public. Quelques-uns d'entre eux, sans collaborer^ considèrent comme un honneur d'y faire insérer, par anticipation, des fragments de leurs ouvrages.
Augustin Thierry envoie au Globe un morceau inédit de son Histoire de la conquête de V Angleterre par les Normands, tiré de Vlntroduction (16 avril 1825), et une des Lettres déjà parues dans le Courrier français {\), retouchée, sous ce titre : Des caractères d^une véritable histoire de France : c'est la première des dix qui composent le volume (30 déc. 1826).
A. Carrel donne au journal de Dubois de nombreux fragments qui devaient entrer dans une Histoire de la contre-révolution en Angleterre {i821-l82S-î829) (2). Le général Ph. de Ségur envoyait au Globe, les 4 et 6 novembre 1824, quelques pagesdel'/? j'^^oire de Napoléon et de la grande armée eni 8 1 2\ei M. de Salvandy, les 12 novembre 1825 et 21 mars 1829, deux chapitres de son Histoire de Sobiesky. Ainsile Globe avait la primeur de toutes les grandes nouveautés historiques et philosophiques. Par contre, il était moins ouvert à la littérature proprement dite ; et, en fait de communications littéraires, on ne trouve guère qu'un fragment de la Préface et du drame de Cromwell de Victor Hugo (6 déc. 1827).
Tels sont les jeunes collaborateurs intermittents. D'au-