Cf. Michaut, ouv. cité, p. 131, p
2. Duvergier de Hauranne (Prosper) (179S-1881), député 1831 ; exilé au 2 décembre 1851 ; Académie française, 1870 ; outre quelques écrits politiques de circonstance, publie : Histoire du Goavernenement parlementaire en France de ISU k 1SU (Paris, 10 vol. 1857-1873).
3. Th. Jouffroy (1796-1842). École normale, 1813. Répétiteur pour la philosophie à l'École normale, 1817 à 1822. Faculté des Lettres de 1828 à 1833. Député, 1831. Collège de France, 1833 à
ron (1), moins brillant, plus consciencieux; publie du 14 avril 1825 au 30 mars 1828, une série d'études sur les philosophes contemporains ; réunies, ces études ont formé, dès 1828, l'estimable Essai sur l'histoire de la philosophie en France au XIX^ siècle. Sa collaboration au Globe le fit destituer de sa chaire du Collège Bourbon.
Dans la partie critique et littéraire, Gh. Magnin (2) fut un des plus solides et des plus utiles ouvriers. 11 écrivit un grand nombre d'articles de théâtres, tous fort judicieux, et quelques-uns sur les littératures étrangères.
Vitet (3), connu surtout pour ses belles scènes dramatiques, fif, au Globe, de la critique musicale, depuis le 13 novembre 1824 jusqu'en 1829.
Il témoignait déjà, comme plus tard en archéologie, d'un goût sévère et sûr qui n'excluait pas l'enthousiasme. Il eut d'ailleurs la bonne fortune d'assister à l'une des plus brillantes périodes des représentations italiennes en France.
J.-J. Ampère (4), fort capricieux, donna seulement
1842. Ses Mélanges philosophiques (1833) contiennent ses plus beaux articles du Globe.
1. Damiron (1794-1862). Faculté des Lettres (1830-1850). Cours de philosophie (1834-1836). Souvenirs de vingt ans d'enseignement à la, Faculté des Le^ires (1859). Édite en 1842 les Nouveaux Mélanges de Jouffroy (polémique à ce sujet avec P. Leroux, qui l'accuse d'avoir mutilé le texte original).
2. Ch. Magnin (1794-1862). Suppléant de Fauriel à la Sorbonne (1834-1845). Académie des Inscriptions (1838). Les Origines du théâtre en Europe (1838), ouvrage inachevé ; Histoire des Marionnettes {l%f)2).
3. L. Vitet (1802-1873). Les Barricades (1826);les États de Blois (i%21); Henri III h Saint-Cloud{lS29); Inspecteur des Monuments historiques (1831). Député (1834). Monographie de N.-D, de Noyon (184b). Académie française (1845); Inscriptions (1849).
4. J.-J. Ampère (1800-1864). Fils de André-Marie Ampère. Supplée Fauriel et Villemain à la Sorbonne (1830-1832) ; Collège de
sous LA RESTAURATION
trois articles au Globe, sur le Théâtre de Clara Gazai de Mérimée (4 juin 1825), sur le Racine et Shakespeare de Stendhal (9 juillet 1825), sur Gœthe (29 avril 1826).
A la littérature étrangère collabora encore E. Desclozeaux, avec des études sur Burns (28 oct. 1824) et Shakespeare (27 nov. et 25 déc. 1824), et un très grand nombre d'autres articles jusqu'en 1829.
Nous arrivons à l'un des rédacteurs les plus assidus et les plus brillants du Globe, Charles de Rémusat, qui en représente l'élément aristocratique, et, pour ainsi dire, anglais. Dubois est plébéien; Duvergier de Hauranne est janséniste; Magnin a l'érudition un peu lourde; Sainte- Beuve, au Globe, n'est pas encore lui-même, il se cherche et souvent, déjà, se contredit et, déjà aussi, laisse filtrer des arrière-pensées et des jalousies sous un style aux habiletés déplaisantes; Rémusat donne l'impression d'un homme distingué, le prenant d'un peu haut, très perspicace et très fin, jusqu'à gâter quelquefois la finesse qu'il a par celle qu'il veut avoir, ayant plus d'idées que de sentiment, plus de souplesse que de force, plus d'étendue que de profondeur, plus da justesse que de goût. Il excelle à poser des principes, à rappeler des vérités générales avant de descendre à l'examen des faits particuliers ou des qualités individuelles ; sa méthode est le contraire de la méthode expérimentale ; il aime à rester dans l'abstraclion, et il y met une sorte de coquetterie. C'est un doctrinaire de salon. Thiers disait : « Je n'ai connu dans ma vie que
France (1833) ; Académie des Inscriptions (1842) ; Académie française (1847). Il voyagea beaucoup, et de tous côtés. Sainte-Beuve a dit : « On ne sait si ce sont ses voyages qui interrompaient ses cours, ou ses cours qui interrompaient ses voyages ». Là Grèce, Rome et Da.nte (1848) ; Histoire littéraire de la France, 3 vol., 1840, etc.
trois journalistes : Rémusat, Carrel et moi. » Il faisait allusion au Rémusat qui, de 1828 à juillet 1830, donna, au Globe même, quelques-uns des plus beaux articles politiques où l'on sent se préparer la révolution de Juillet : c'est Rémusat qui écrit à lui seul les numéros des 27 et 28 juillet 1830, où l'on peut découvrir aujourd'hui un abus de philosophie, mais dont on ne saurait trop admirer, à leur date, la clairvoyance et la courageuse vigueur. Nous n'avons point à nous occuper ici de ce Rémusat journaliste exclusivement politique ; il nous faut parler seulement de celui qui a exprima presque en perfection la doctrine littéraire du Globe, et qui nous a laissé soit les considérants les plus larges, soit les formules les plus précises du romantisme libéral.
Or, celui-là, nous le ferons connaître par un grand nombre de citations ; et l'on constatera que s'il peut être, non sans quelque ingratitude tout de même, oublié par les historiens de la littérature qui jugent de l'excellence de la critique passée par le plus ou moins de conformité de cette critique avec nos jugements actuels, il faut souvent recourir à lui pour bien comprendre l'état d'esprit des jeunes intellectuels de 1824 à 1830 en présence des œuvres nouvelles. S'il n'a pas fait de la critique durable, comme Sainte-Beuve, il a fait ce que j'appellerais volontiers de la critique documentaire.
Il s'y engagea de bonne heure. J'ai dit qu'il publia en 1818, dans les Archives, son premier article, sur la Révolution de M'"^ de Staël. Gel article, si l'en en croit Sainte-Beuve, « fit du bruit et même un peu de scandale » (1).
En 1819, Rémusat collabore au Lycée français. En 1823, il écrit dans les Tablettes universelles ; c'est là