PRESSE DE PROVINCE
La Dépêche de Toulouse............ 400.000 OUEST Le DUR ANS LUE he 300.000 PETER GONE DE TEE raIt ext) 300.000 ÉCROT AUEN OLA ESLE-RRE. Dr, percer | 300.000 La France de Bordeaux et du Sud-
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Quelques chiffres (1), enfin, donneront une idée du degré de développement actuel de la presse française.
L'ensemble des journaux français occupent 20.120 travailleurs, se décomposant en 4.038 rédacteurs, 4.029 rotativistes, 2.504 typographes, 1.012 clicheurs, 607 photograveurs, 206 photographes et 7.274 employés divers.
D'autre part, chaque jour sont imprimés en France 10.700.000 exemplaires de quotidiens, dont 6.700.000 pour la presse parisienne et 4.000.000 pour la presse de province. Cette production journalière nécessite l'emploi de 950 tonnes de papier. Ces journaux sont mis en vente chaque jour dans 30.000 agglomérations françaises et 7.000 villes étrangères. Ils sont détaillés en France par 00.000 dépositaires, 2.319 kiosques, 2.313 bibliothèques de gares et 1.800 crieurs à Paris.
Nous en avons ainsi terminé avec le tableau rapide que nous nous proposions d’esquisser du développement er France de la grande presse depuis l'avènement du journal bon marché. Nous avons situé rapidement les principales étapes de ce développement et fait ainsi ressortir le succès réservé à la formule de Girardin, succès non pas éphémère mais durable et dont la profondeur n’a fait que s’affirmer avec les années et les possibilités toujours plus grandes des moyens techniques modernes. Il nous reste maintenant à voir quel sort cette formule s’est vu réserver à Pétranger
1) Chiffres figurant au Pavillon de la Presse de l'Exposition Internationale de Paris 1937.
et si les premières réalisations que nous y avons étudiées ont été à l’origine d’un développement analogue ou même supérieur à celui que nous avons constaté en France.
SECTION 11 : En Grande-Bretagne
En Angleterre, comme nous l’avons déjà signalé, impôt sur les annonces, déjà réduit en 1833 à 18 pence, est complètement supprimé en 1853 et, en 1855, l'impôt sur le timbre disparaît également ; la presse à 1 penny fait alors son apparition. l’organisation réelle de la «penny press» prend place entre les années 1855 et 1882 de l’Ere Victorienne et le «Daily Telegraph > à été le premier à
inaugurer le journal à 1 penny, en septembre 1855.
Le « Daily Telegraph and Courrier > avait été fondé par le colonel Sleigh et était imprimé par David Airol et Edwin Tunstall, maïs c'était, au début, un simple petit journal édité sur une seule feuille et coûtant 2 pence. Lorsqu'il fut racheté, en 1855, par M. Edward L. Levy (1), le premier numéro — vendu également 2 pence — parut le 29 juin 1855. C'était un journal publié sur quatre pages, divisées chacune en six colonnes. Le texte en était bien rédigé, le papier de bonne qualité, l'impression en était bonne. C'était certainement, du point de vue de la technique, un des journaux de l’époque le plus agréable à lire. Ün soin spécial était donné à la rubrique du théâtre, placée immédiatement après le «leader». Les nouvelles reçues par télégrammes étaient imprimées en petites capitales. L’ensemble était de bon aloi. Avec le n° 45 (20 août 1855), le titre fut changé : le journal prit le nom de « The Daily Telegraph », et le 16 septembre 1855 (2), le prix, à son tour, fut modifié. Le premier grand journal
(1) Qui devait d’ailleurs devenir Lord Burnham. (2) Notons pour mémoire que, le 14 août 1885, était paru le premier numéro du « London Evening News » au prix de one penny.
britannique du matin, au prix de 1 penny, faisait son apparition.
À vrai dire, le directeur, M. Lévy, agissait plus par intuition que par raison, car il ne pouvait exactement savoir ce que le grand public, attiré par la presse bon marché, exigerait d’un quotidien populaire. Il pouvait cependant essayer de se lancer dans les grands tirages avec des risques financiers limités. étant donné la récente disparition des taxes, Il n'avait plus à craindre, en effet, d’avoir à payer le timbre sur des milliers d’invendus.
Bien qu’il en eût réduit le prix de 50 “, le directeur ne changea rien à la présentation du journal. La rubrique des théâtres resta toujours parfaite ; la rubrique littéraire, malgré les railleries de certains professeurs d'Oxford, habitués à l’aristocratique Times, était bien faite, instructive et ne pouvait pas ne pas être appréciée du public; les romans étaient écrits par des élèves de Dickens. Dès septembre 1855, la direction du « Daily Telegraph » put proclamer que <« sa diffusion était supérieure à celle des quatre autres grands quotidiens du matin » et que, seul, le T'imes avait un tirage supérieur. Elle ajoutait « qu’au point de vue du rendement de la publicité, le journal avait également le second rang, immédiatement après le Times ».
La base même de la politique de M. Edward L. Lévy fut de s’attirer la clientèle des lecteurs qui n’avaient aucun journal attitré. Il était aussi en contact constant avec la presse de New-York et son article de tête, lorsqu'il avait annoncé la baisse du prix de vente, citait l'exemple du « New-York Herald >».
D'autre part, des comptes rendus détaillés parurent sur la guerre de Crimée. Le correspondant de France, Félix Whitehurst, dans le supplément hebdomadaire, le « Daily Telegraph Moon », décrivait avec beaucoup de détails les Juxueuses fêtes des Tuileries. Le « leader », tenu d’abord par Sala, puis par Edwin Arnold, écrit en termes clairs, fut fort apprécié. La chronique juridique était tenue par le grand juriste Edward Dicey ; plus tard, lorsque la
période de lancement fut terminée, certaines enquêtes en Afrique eurent un gros succès auprès de la clientèle.
Au point de vue commercial, le « Daily Telegraph » inaugura le premier « Box System », suivant lequel les réponses à la « correspondance » sont envoyées au bureau du journal. La rubrique « appartements à louer », qui devait se montrer fructueuse au point de vue publicitaire, fit son aparition, ainsi que celle des offres d'emplois «situations vacantes ».
En janvier 1856, grâce à une organisation vraiment remarquable, le tirage quotidien était de 27.000 exemplaires; quatre mois plus tard, il était en énorme progression et était en voie de devenir le journal le plus populaire du royaume.
L'exemple du «Daily Telegraph > fut immédiatement suivi. Le 17 mars 1856, « The Morning Star », journal à one pvenny, édité par la même maison, et « The Evening Star », journal du soir, également à un penny, firent leur appariüon. C’étaient des journaux d’une importance moindre que le « Daily Telegraph », et présentant moins d’attrait. Leur principal revenu venait de la première page entièrement réservée aux petites annonces classées. Tous deux subsistérent jusqu’en 1869, et, s’ils disparurent à cette date, la presse à one penny, bénéficia par contre de l’abaissement du prix du « Daily News », qui fut mis à un penny et dont la technique fut en tout point inspirée de celle du « Daily Telegraph ».
Peu de temps avant l’ascension d’'Edward L. Levy à la direction du « Daily Telegraph >, en 1850, exactement, était entré au «Morning Posts un ancien membre des commune, à tendances conservatrices, Peter Borthwick ; :ïl avait quitté le Parlement dans l'espoir d’être nommé ambassadeur, et, n’y étant pas parvenu, était entré — suivant la propre expression de son fils — «comme gérant faisant fonctions de directeur général et de rédacteur de la branche politique >» au « Morning Post >. mourut brus-
quemment en 1852 et son fils, Algernon Borthwick (1) prit sa place.
C'était un aristocrate élevé au King's College School de Londres, et possédant le français à la perfection. Très affable, il était de vieille souche écossaise, ce qui lui permit bien souvent de dire «que la presse de Londres était une création écossaise ».
Le «Morning Post» était encore alors un journal à » pence, à tendances nettement politiques et entièrement dévoué à Palmerston. Il se spécialisa dans les questions navales et militaires et également dans les questions fiscales et financières, ce qui lui valut d’ailleurs un bel essor au début du xx° siècle, moment où ces problèmes se posèrent avec un acuité particulière. Son prix fut ramené à un penny en 1882, cinq ans après que Lord Gleneck en fut devenu seul propriétaire. Sa forte diffusion, et le ton général de sa rédaction firent alors de lui l’«organe de la démocratie, de la Monarchie et de l’Empire » (2).
A l’image du « Daily Telegraph », les transformations se multiplièrent dans les différents journaux déjà existants. Le 29 juin 1857, le « Standard >, jusque là feuille du soir, devint quotidien du matin ; le format en fut doublé, ‘importance des nouvelles accrue et le prix abaïssé de 50 % passant de 4 pence à 2 pence. L’année suivante, le 4 février 1858, le prix du « Standard > était enfin réduit à un penny. Deux ans plus tard, en 1860, non seulement le « Standard », journal du matin, continuait à prospérer, mais ses directeurs, sous le nom d’«Evening Standard > lancèrent également une feuille du soir à un penny. Le « Standard» à un penny et le «Morning Herald >, journal à 4 pence, appartenant au même propriétaire, James Johnstone, donnaient des nouvelles identiques, mais les articles de tête étaient différents. Lorsqu'un article semblait trop élevé
(1) Qui devait devenir Lord Gleneck.
(2) Escorr : « Masters of English Journalism » p. 191.
pour le niveau des lecteurs de la presse à un penny, il était publié dans le «Morning Herald >, mais le soir, il paraissait sous une forme simplifiée dans l’« Evening Standard ». Par relations d’affaires, Johnstone avait été mis en contact avec un certain Hamber, juge à l’Insolvensy Court, personnage curieux qui avait fait la guerre de Crimée dans la Légion suisse, Jo hnstone lui ouvrit les portes du journalisme où il acquit une certaine notoriété sous le nom d2 « Capitaine Hamber ». ;
Une querelle de principe sépara Johnstone de Hamber. Celui-ci essaya, aidé par Morier Evans, de créer une feuille rivale, « The Hour », mais il lui fut impossible de la faire vivre. Seule la presse à un penny, dont le succès grandissait, était susceptible de prospérer. Elle se révélait d’ailleurs dangereuse pour l'existence des feuilles aristocratiques et, dès son lancement, le « Times »! avait mesuré le péril. Dans son numéro du 20 mars 1855, commentant l'abolition des taxes sur les journaux, il la considérait « comme devant restreindre la circulation du « Times » et devoir donner naissance à une presse d’un niveau infc- Hiette,
Il est bien évident que la supériorité du « Times » se trouva inévitablement menacée par cette presse . à un penny. Mais plus dangereuse encore fut pour lui apparition d’un autre journal d’un niveau en. quelque sorte intermédiaire, la « Pall Mall Gazette ;, an evening newspaper and review, dont le premier numéro parut le mardi 7 février 1865. C’était un quotidien du soir au prix moyen de 2 pence, bien imprimé, bien présenté. Il s’adressait aux classes aisées. Rédigé par « des gentlemen, pour des gentlemen », sa technique moderne ne l’empêchait pas de conserver quelque chose « old style ».
A vrai dire, la période 1855-1875 reste, pour la presse anglaise, une période très homogène. Le « Times » (1) et
(1) Le « Times » fut mis en 1861 au prix de 3 pence, comme le « Morning Post ».
le «Morning Post» (1), d’une part, le «Standard», le < Daily News » et le « Daily Telegraph » d’autre part, ne présentent, dans leurs catégories respectives, que peu de différence. Aucun effort réel, en dehors de l’abaissement du prix de vente, n’a encore été fait pour mettre le journal à la portée de tous; on continue à penser même pour les journaux à un penny, que le lecteur doit représenter un <« individu d’une certaine classe », qu'il est surtout intéressé par les nouvelles sérieuses, les « speeches»> du Parlement/set£les articles, de.….fond: Les illustrations sont considérées comme indésirables, difficiles d’ailleurs à réaliser au point de vue technique. Tout ce qui sort un peu du cadre journalistique traditionnel est réservé aux hebdomadaires. La peur de perdre des abonnés, imbus de tradition, effraie les directeurs et les empêche de réaliser de vrais progrès dans la technique de la présentation.
Une révolution sociale qui aura plus tard des répercussions importantes sur l’expansion de la presse, va cependant bientôt intervenir: c’est | « Education Act of 1870 > qui va poser pour la première fois en Grande-Bretagne le principe de l’enseignement primaire obligatoire. Avec elle va apparaître « the lower middle class generation » qui constituera, quelques années plus tard, pour la presse anglaise, une nouvelle couche de lecteurs.
Ce fut Frédéric Greenwood qui, le premier, pensa à rendre la presse anglaise un peu plus attrayante. Il lui avait semblé qu’une place favorable pourrait être réservée à un journal paraissant dans le courant de l’aprèswidi. Il n’y avait en fait que deux quotidiens du soir, le « Saint Jame’s Chronicle » aui s’adressait aux Tory et qui était plutôt un organe de chapelle qu’un véritable quotidien, et le «Globe», qui avait bien quelques milliers d'abonnés, mais ces deux journaux paraissaient tard le soir et Greenwood entendait faire paraître sa feuille vers lc milieu de laprès-midi.
(1) Le « Morning Post » devait être ramené au prix de 1 penny en
Il confia ses projets à un des plus grands éditeurs du Strand, Johning Parker. Ils furent immédiatement approuvés. Il fut convenu que la « Pall Mall Gazette » serait mise sur pied dans un laps de temps aussi court que possible. Il songea à créer simultanément un supplément hebdomadaire illustré, la « Saturday Review », qui obtint un si réel succès que l’on a pu dire que «sans la « Saturday Review » il n’y aurait pas pu y avoir de « Pall Mall Gazette » (1) ».
Un peu moins de quatre ans plus tard, le 8 décembre 1868, la presse anglaise franchissait une nouvelle étape. Un nouveau concurrent apparaissait sur le marché: « The Echo », journal du soir également, au prix invraisemblable de half-penny. C’était le précurseur en Angleterre de la grande presse à un sou. Il obtint rapidement un gros succès auprès des < masses », attirant sa clientèle grâce à sa rubrique sportive quotidienne, et grâce aussi à son édition spéciale du samedi concernant les matches de football.
La presse du soir à 2 d. et à 1/2 penny resta, malgré le succès des « Echos », plus de dix ans limitée à ces deux grands organes. En 1880 parut la « Saint James Gazette >» qui adoptait le « old style » de la « Pall Mall Gazette » ainsi que son prix; le 26 juillet 1881 paraissait J « Evening News », puis une édition du soir du « Sfar ». Ces deux journaux (à 1/2 penny) négligeaient quelque peu la politique pour les informations sportives (2).
Tous ces journaux — quelle que fût la clientèle à laquelle ils s’adressaient — avaient la première page entièrement occupée par des annonces classées, disposées en
colonnes, la première ou la dernière étant réservée — tout comme au XVII siècle — aux programmes des théâtres.
Dans les pages intérieures, le texte était disposé sur deux colonnes, disposition agréable, facilitant la lecture. Enfin
(1) Escorr : « Master of English Journalism », p. 244.
(2) Le premier numéro de la « Evening News », édité sur du papier bleu, parut aux yeux de la presse du matin, presque indécent pour un journal du soir.
l’«Evening News» soignait particulièrement les caractères de ses titres. Le « Times » lui, restait toujours édité sur petites colonnes, réfractaire aux réformes et à la technique nouvelle.
Le journalisme britannique se trouvait, cependant, vers 1880, à un tournant de l’évolution sociale du pays. La nouvelle génération, qui avait bénéficié de la loi sur l’enseignement de 1870, commençait à jouer un rôle dans la vie nationale. D’autre part, les élections générales de 1880 avaient ramené les libéraux au pouvoir et la réforme électorale, que Gladstone devait faire voter, était appelée à élargir le nombre des électeurs et, partant, le nombre des gens susceptibles de s'intéresser à la politique. Tous ces éléments militaient en faveur d’un accroissement considérable de la clientèle des journaux.
Par le fait même de son développement, celle-ci changeait également de catégorie et, pour plaire à cette nouvelle masse de lecteurs essentiellement démocratique, il fallait donner à la presse anglaise une allure qui leur serait mieux adaptée: des nouvelles, des « bavardages » (gossips), des interviewes, des illustrations. Il fallait également à la direction des journaux des hommes hardis, ouverts aux idées neuves et susceptibles d’entrevoir tout le profit à tirer des circonstances nouvelles. Dès 1883. naissait ce que lon a appelé en Grande-Bretagne le «new journalism » (1).
Au cours de cette phase, de « new journalism » qui se situe dans les vingt dernières années du xix° siècle, la yresse du soir jouera d’ailleurs le rôle de précurseur.
George Smith, qui avait été l'éditeur de la Pall Mall Gazette, avait laissé sa maison d’édition à son gendre, M. Yates Thomson, dont les opinions étaient entièrement acquises au libéralisme, et Greenwoods, bien peu attaché aux idées démocratiques, fut remplacé par un champion du libéralisme, John Morley (2), qui, d’ailleurs, se retira au
(1) Ainsi dénommé par Matthew Arnold.
(2) I1 devait devenir Lord Morley.
bout de trois ans. En 1883, W. T. Stead prenait la direction de la « Pall Mall Gazette » et avec lui commençait une nouvelle phase du journalisme moderne (1).
Sa présentation fut désormais toute différente de celle des autres journaux vendus 2 pence, 1 penny ou 1/2 penny. Il contenait des causeries, des propos spirituels ; on y trouva même des interviewes qui allaient à encontre du vieux principe suivant lequel il était outrageant de pénétrer dans la vie privée des individus. Les campagnes pour ou contre le gouvernement furent faites sous une forme vivante. Les titres furent plus attirants. Au lieu de paraitre sur seize pages demi-format, le journal parut sur huit pages in-folio. Lorsque, dix ans plus tard, il fut cédé —-
pour des raisons financières à Henry Cokavne Cust, la réforme était accomplie.
Pendant ce temps, Frédéric Greenwood, chassé en quelque sorte de la « Pall Mall Gazette >», ne s’était pas tenu pour battu. En quelques semaines, avec l’aide de M. Hucks Gibbs (2), il avait repris la « Saint Jame’s Gazette », et il devait en rester le directeur pendant huit ans (3).
«The Echo », toujours vendu 1/2 penny, resta sans concurrents du même prix jusqu’en 1887, date à laquelle apparut un nouveau journal du soir : « The Evening Post », dont la durée fut brève. Il fut en effet bientôt repris par P « Evening News », aui parut sous le titre de « Evening News and Post »; mais dès 1888, « The Echo » trouva un concurrent dangereux dans « T'he Star >», qui venait d’être fondé par R. P. O’ Connor.
C'était également un journal vendu 1/2 penny, mais dont la présentation vivante — reportages, interviewes — coupait brutalement les ponts avec la presse de l’'Ere Vic-
(1) « The Pall Mall Gazette under W. T. Stead was the first notable breack away from mid Victorian Journalism » (Morison, The English Newspapers 1931-1952, p. 281).
(2) Le futur Lord Aldenbram.
(3) Il fut racheté par un financier allemand, Edward Steinkopff ; par la suite, il devait fusionner avec l’« Evening Standard ».
torienne. C'était la confirmation de ce que Matthew Arnold avait exprimé en 1887 (1): « Nous allons avoir l’opportunité d'observer un journalisme nouveau que des hommes intelligents et énergiques ont mis en œuvre». Parmi ces hommes, l’un d’eux devait presque immédiatement se faire une place exceptionnelle, c'était George Newnes. Fils de pasteur, ayant fait de sérieuses études, ils était représentant ; mais un penchant inné pour la littérature le poussait à écrire de courts récits de voyages ou autres pendant ses loisirs. Il présenta ses « papiers >» chez plusieurs éditeurs et reçut plusieurs refus. Il quitta alors Manchester, loua un bureau à Londres, dans Farrington-Street, et édita luimême un journal hebdomadaire et fantaisiste dénommé « Tits Bits » ; mais, au lieu d'envoyer les exemplaires chez les dépositaires habituels, il chargea des crieurs d’aller les vendre directement dans la rue. En deux heures. 5.000 exemplaires furent vendus. Il aurait pu placer les actions de son nouveau journal à prix or ; bon financier, il préféra en rester seul propriétaire. En 1888, il devint un membre libéral du Parlement. « Tit Bits> ne pouvait plus suffire à un membre important de la Chambre des Communes. Il fallait trouver autre chose.
Or, en 1892, la « Pall Mail Gazetle > qui, ainsi que nous l’avons déjà souligné, représentait le parti libéral dans la presse du soir, fut rachetée par M. Astor et passa à nouveau au parti conservateur. L'éditeur de la « Pall Mall Gazette », E. T. Cook, avait renvoyé presque tout le personnel. Newnes comprit quel parti il pourrait tirer de cette équipe, et en 1893 (2) il fonda la «< Westminster Gazette », journal du soir vendu un penny, dont les tendances « libérales » étaient identiques à celles de l’ancienne « Pall Mall Gazette ». La présentation pourtant n’était pas la même. La première page, contenant le « leader » politique, restait, divisée en trois colonnes. Mais le titre, encadré à droite et
(1) « Nüineteenth Century », May 1887.
(2) Le premier numéro sortit le 31 janvier 1893.
à gauche par deux annonces, était imprimé en caractères élégants.
Une partie de la première colonne était réservée aux programmes des théâtres et aux expositions. Les autres articles, infiniment moins longs que le « leader » politique, étaient rédigés en un style alerte, et, comme l'Université semblait prendre quelque intérêt à la presse, Newnes choisit certains collaborateurs à Oxford et à Cambridge. La rubrique des sports fut également tenue par des spéciahstes.
Devant le succès du journal, la publicité afflua, mais jamais le directeur de la « Westminster Gazette >» n’admit qu’elle fut placée en première page. Il tint d’ailleurs à ce qu’elle fût toujours sévèrement contrôlée avant d’être admise dans les colonnes de son journal.
La presse du matin, elle, ne suivit le mouvement du «< new journalism » qu'avec un peu de retard.
Le « Times », organe ultra conservateur, tant au point de vue des idées que de la présentation, et toujours attentif à ne pas choquer sa clientèle, ne subit que des modifications insignifiantes.
En 1869, il parut avec une table des matières. Pendant la guerre franco-allemande, il édita des cartes du théâtre des opérations militaires; à partir de 1875, il publia périodiquement des cartes météorologiques.
En 1884, lorsque M. G. Buckleen en devint l’éditeur, il améliora la qualité du papier. À partir de cette date également, la première page, réservée depuis 1828 aux annonces, subit une présentation nouvelle, la publicité étant classée par rubriques.
Mais ces changements de détail, s’ils représentaient des entorses à une tradition centenaire, ne correspondaïient à aucun progrès réel. La presse du matin ne se trouva vraiment progresser qu’en 1892 avec la parution simultanée du « Morning » (21 mai 1892) et du « Morning Leader » (23 mai 1892), premiers journaux du matin vendus
1/2 penny. Le «Morning» était un journal imprimé sur quatre pages, la première page Ctant réservée aux nouvelles importantes, et la publicité releguée dans les deux dernières pages. C’était en quelque sorte une réplique de l’édition anglaise du « New-York Herald », telle qu’elle paraissait depuis le 2 février 1889.
Le «< Morning Leader >, dont le directeur était Arthur Arnold, dont la carrière de journaliste — principalement à « The Echo » — avait été brillante, était une réplique de Ia « Pall Mall Gazette ». C'était un journal de huit pages in-folio, la première page comportant des rubriques de sports et de théâtre, les nouvelles importantes étant insérées à l’intérieur. Son directeur sut s’assurer de très bons collaborateurs, surtout au point de vue littéraire, et la publicité aidant, ces journaux bénéficièrent d’une excellente rédaction.
Est-ce à dire que les milieux de la presse anglaise accueillirent bien ces novateurs ? Non ; Kennedy Jones, qui avait tant fait pour le journalisme, abandonna même « The Morning >» au moment du changement de direction, « Considérant qu’un journal du matin qui se respecte doit être fait sur le modèle du Times. Le journal du soir a son aspect propre. Maïs un journal du soir comparé à un journal du matin est aussi différent qu’une personne habillée ou déshabillée » (1). Deux ans plus tard (2), Kennedy Jones, logique avec lui-même, prenait la direction de l « Evening News » et ne s’occupait plus que de presse du soir.
C’est vers cette époque, en 1896, que deux hommes appelés à un gigantesque avenir, les frères Harmsworth (3), firent leur apparition dans la presse londonienne. Le pro-
(1) Morison: « English Newspaper », 1622-1932, p. 295 (« The Evening Paper had its own tenu, and man evening compared with a morning was as different as dress from undress »).
(2) En 1894.
(3) Qui devaient devenir Lord Northeliffe et Lord Rothermere.
priétaire de l « Evening News », Coleridge Kennard, était tombé malade et lorsqu'il mourut, le journal avait paru péricliter. Les frères Harmsworth achetèrent l« Evening News » au prix qu’ils imposèrent. Des deux frères: Alfred et Cecil, le plus connu fut l’aîné, le futur Lord Northcliff. Ils possédaient cependant tous deux une intelligence égale et des dons qui se complétaient. Ils représentaient cette petite classe moyenne, née de la loi sur l’enseignement de 1870. Très jeunes, au moment où ils devinrent propriétaires de Pl « Evening News », ils avaient cependant une certaine expérience du journalisme puisqu'ils dirigeaient déjà deux petites feuilles : le « Sunday Companion»> et le « Home Chat ». Leur premier soin fut de servir la classe dont ils étaient issus et de faire de l’«Evening News » un journal instructif, susceptible de rendre service aux masses de la classe employée et ouvrière.
La nouvelle que les frères Harmsworth créaient un srand quotidien du matin au prix de 1/2 penny se répañndit avec une rapidité foudroyante. On la fit immédiatement suivre du bruit d’une faillite probable. Le premier grand quotidien à 1/2 penny sortit pourtant le 4 mai 1896. c'était le « Daily Mail >. TU faut voir là une des dates définiüves de l’évolution du journalisme britannique.
Il faut voir là une des dates définitives de l’évolution du journalisme britannique.
C’est, en effet, avec le « Daily Mail > qu’apparut vraiment pour la première fois, en Angleterre, le journalisme à nouvelles sensationnelles, tel qu’il s'était déjà manifesté en France avec le Petit Journal et aux Etats-Unis, ainsi que nous le verrons plus loin, avec les organes de Gordon Bennett et de Pulitzer. Le succès de la presse française à un sou n'était pas resté inaperçu en Grande-Bretagne et les tentatives des journaux londoniens du soir avaient montré que lies réalisations de la presse à 1/2 penny étaient possibles. Elles létaient d'autant plus que l'énorme développement des affaires commerciales au cours des vingt dernières années avait considérablement accru le volume des
annonces de presse et laissait le champ libre à des possibilités de recettes extrêmement importantes pour les journaux, dès que les annonceurs seraient sollicités par de gros tirages.
Il faut constater en tous cas que les moyens de diffusion employés par les frères Harmsworth pour le lancement du < Daily Mail > furent sensiblement analogues à ceux qui avaient si bien réussi au Petit Journal et aux feuilles américaines. On créa tous les jours du sensationnel. Les pages du nouveau journal furent remplies de nouvelles de toutes sortes et de tous les pays, mais on s’attacha chaque Jour à monter en épingle un évènement quelconque auquel était réservée la « manchette ». Titres en gros caractères, détails piquants, renseignements abondants, tout contribuait à attirer la curiosité des foules et à la concentrer sur le « fait du jour ». On inaugura également une page magazine avec un roman-feuilleton populaire dont le découpage devait aiguiser la curiosité de la clientèle et la maintenir d’un numéro sur lautre. Les articles de fond perdirent de limportance; ils devinrent plus courts, mais l’ensemble de la rédaction du journal tendit à exalter chez le lecteur le sentiment de la grandeur de l'Empire Britannique. Les événements de Fachoda et de la guerre des Boers devaient d’ailleurs bientôt lui donrer l’occasion d'appliquer cette tendance à des faits précis. A ces occasions et grâce à ses extraordinaires reporters, le « Daily Mail >» s’adjugea la place que le « Times » avait prise lors de la guerre de 1870.
Par ailleurs, le « Daily Mail >» sacrifiait à la tradition en réservant sa première page aux petites annonces classées, les principaux articles et le « leader » étant placés dans les pages du centre. Les titres étaient très élégamment imprimés, la rubrique littéraire admirablement tenue, les rubriques féminines bien rédigées, visant ainsi une clientèle non plus exclusivement masculine.
Le succès de ce nouveau quotidien fut immense; le premier numéro fut vendu à 395.215 exemplaires. Ainsi se
trouvait réalisée sur des bases stables cette presse très bon marché, si chère à l'idéologie de Gladstone, qui voyait en elle « un moyen de dynamisme social aussi grand que la création de compartiments de troisième classe dans les chemins de fer » (1). On peut dire que c’est avec le lancement du « Daily Mail > que l’histoire moderne de Fleei- Street commence. La progression du tirage de ce journal en dit d’ailleurs plus que de longs commentaires. Son tirage moyen, pendant l’année 1896, fut de 202.077 exemplaires; il atteignit 989.255 en 1900, puis il connut une légère régression. mais il ne descendit jamais en-dessous de 713.000 exemplaires. En 1916, il dépassait le million. L'exemple du « Daily Mail >» ne pouvait pas ne pas être suivi. En 1900, Pearson lançait, suivant la même formule, un journal du matin concurrent, le « Daily Express ».
Avant de poursuivre et d'examiner ies transformations définitives de la presse britannique du xx° siècle, disons un mot de la place occupée par la presse anglaise de province pendant la seconde moitié du xIx° siècle, Un élément lui était favorable: un seul journal londonien pénétrait en effet en province: c'était le « Times ». Tous les autres en étaient bannis.
En tant que quotidiens régionaux, citons tout d’abord: le « Scotsman» (2) qui, sous l'influence de Russell, ancien apprenti imprimeur, sut, à partir de 1848, se lancer dans les luttes électorales et la politique étrangère, devenant un journal de grande opinion ayant une influence certaine sur la clientèle régionale.
Mentionnons également le « Liverpool Journal », véritable précurseur qui, le premier dans la presse régionale du matin, et, dès 1855, était paru au prix de 1 penny ; le «Manchester Guardian» (3) dont la lutte avec son concurrent le « Manchester Courrier » fut célèbre et qui, sur le plan parlementaire, se fit une place prépondérante ; le
(1) Voir Escort: « Masters of Journalism », p. 274. (2) Fondé en 1871.
(3) Fondé en 1821.
& Yorkshire Post » (1) dont la tendance conservatrice n’empêcha pas l'orientation vers la littérature et les sports.
I nous faut dire également un mot de la presse périodique, les <sunday newspapers», qui, en 1850, étaient déjà au nombre de 14 (2).
Le 5 mai 1850, était paru le « Reynolds Weekly News- Laper, a journal of Democratic progress and general intelligence », au prix de 4 pence (3). C'était — comme ses prédécesseurs d’ailleurs — une réplique des journaux quotidiens, mais qui donnait les nouvelles résumées de la semaine à ceux qui ne voulaient pas en acheter un chaque jour.
En 1661, parut également un journal hebdomadaire qui devait être de courte durée, mais qui mérite cependant d’être mentionné, car il précéda la presse quotidienne dans la voie du bon marché (4) : c’est le « London Halfpenny Newspaper ». II faut ensuite attendre le xx° siècle pour constater dans la presse hebdomadaire des changements importants.
Revenons à la presse londonienne et examinons rapidement quelle est la situation de la presse quotidienne à l’aube du xx siècle.
En 1900, la presse connaît déjà une concentration entre les mains d’un groupe de capitalistes, assimilable à ce qu’on a appelé aux Etats-Unis, sous l’influence de M. Hearst, les «newspapers chains ».
(1) Fondé en 1754.
(2) « British Gazette and Sunday Monitor » (1779), « London Recorder » (1783), « Sunday London Gazette » (1783), « The Review and Sunday Advertiser » (1789), « The Observer » (1791), « BelPs Weekly Messenger » (1796), « Bells Weekly Dispatch » (1801), « The News » (1805), « The Albion » (1807), « BelPs Life in London » (1828), « Bells News Weekly Meessenger » (1531), « Bells penny Dispatich » (1841), « News of the World » (1843), « Lloyd’s Penny Sunday Times » (1843).
(3) Au bout de quelque temps, il fut vendu 5 d., mais à partir de 1855, son prix de vente fut ramené à 3 d.
(4) Nous rappelons que le premier quotidien du soir vendu 1/2 penny fut « The Echo » (1868).
Les Harmsworth possèdent déjà deux des plus grands quotidiens : le « Daily Mail» et l’«Evening News» et de nombreux périodiques. En l’espace des dix années qui suivront, ils créeront le « Daily Mirror » (1903) et acquéreront l’ancien et aristocratique « Times » ainsi que le « Weekly Dispatch ». D’autre part, Pearson, qui concurrence directement Lord Northcliffe avec le «Z)aily Express », met la main sur le « Slandard > et tentera lui aussi de devenir propriétaire du « Times ». Quant à la presse du soir, elle est représentée par huit quotidiens (2).
Le fait le plus saillant de cette période est sans aucun doute l’achat du «Times » en 1908 par le groupe Northcliffe (3), groupe qui, cinq ans auparavant, avait fondé le premier quotidien illustré, le « Daily Mirror », et qui, entre temps, devait également acquérir le principal hebdomadaire politique l« Observer >» (4).
Depuis lors, la presse britannique n’a connu que peu de créations nouvelles. En 1919, le « Daily Herald >, qui, pendant un certain temps, avait paru comme hebdomadaire, devenait quotidien ; en 1930, paraissait un nouvel organe travailliste, le « Daily Worker ».
Dans la presse hebdomadaire du dimanche, trois nouveaux organes furent lancés : en 1915, le «Sunday Graphic > et le « Sunday Pictorial > qui devaient fusionner en 1926, et, en 1920, le « Sunday Express ».
À l'heure actuelle, début 1939, trois des grands journaux libéraux, le «Daily News», le «Daily Chronicle», le « Westminster Gazette >» ont fusionné en un seul journal : le < News Chronicle >, tandis que par suite de l’évolution du Labour Party, le «Daily Herald >, fondé en 1912, est devenu un des deux quotidiens du matin dont le tirage
(1) En 1908:
(2) « Globe», « Pall Mall Gazette », « Westminster Gazette », « Evening News», « Sun», « St-James Gazette». « Evening Standard » et « Star ».
(3) A la mort de Lord Northcliffe, en 1922, le « Times » sera repris par son éditeur actuel, Geoffrey Dansen.
(4) Qui d’ailleurs redeviendra indépendant.
atteint plus de deux millions. Le « Morning Post », pivot de la presse conservatrice, a été absorbé en 1937 par le « Daily T'elegrapkh ». Le « Daily Express» a maintenant un tirage plus élevé que le « Daily Mail».
Quant aux grands trusts (1), ils sont au nombre de douze.
1° Le groupe Harmsworth (Northcliffe-Rothermere) contrôle trois quotidiens du matin (2), douze journaux du soir (5) et deux hebdomadaires (4).
2° L'ancien groupe Berry est divisé depuis janvier 1937 €n trois groupes :
a) celui de Lord Camrose, qui contrôle le « Daily Telegraph » (avec lequel a fusionné le «162 vears old» « MorningPost >), le «Financial Times» et lP'Almagate Press Group (5) qui comprend 58 hebdomadaires et 21 publications mensuelles.
b) celui de Lord Kemsley, qui comprend 8 quotidiens du matin, 7 quotidiens du soir, 6 journaux du dimanche, et G autres hebdomadaires (6).
c) le groupe de Lord Iliffe, qui comprend un quotidien du soir — le « Midland Daily Telegraph > — un certain nombre de journaux techniques, et le « Kelly’'s Directory ».
3° The « Bristol Newspaper Group », fondé en 1936. par suite d’une rivalité malheureuse et trop intense des trusts Harmsworth et Berry et qui contrôle des journaux régionaux locaux.
4° Le « Westminster Press Group > aui contrôle 4 quotidiens du matin, 8 du soir, 1 journal du dimanche et 23 hebdomadaires (7).
(1) Nous reviendrons plus loin sur la raison d’être de ces trusts. Nous nous contentons, pour l'instant, d’en constater l’existence.
(2) « Daily Mail » (Londres), « Daily Mirror » (Londres), « Continental Daily Mail » (Paris).
(3) Tous régionaux.
(4) « Sunday Dispatch » et « Sunday Pictorial ».
(5) Trusts au capital de £ 6.200.000 qui jusqu’en 1926 appartenait aux « Harmsworth », époque à laquelle le « Berry Group » en fit l’acquisition.
(6) Tous édités en province. .
(7) Tour répartis dans les Midlands, le Yorkshire et Durham.
5° Le « Provincial Newspaper Group », dont la puissance s’est étendue depuis 1951.
6° Le « Groupe Odhanis» qui a aussi tendance à s'étendre.
7° Le «Groupe Thomson Leng», qui truste les périodiques.
8° Le « Groupe Newnes-Pearson»> qui s'occupe également de périodiques.
9° Le « Groupe Cadbury» qui a contrôlé dès 1930 le « News Chronicle >» et son édition du soir «The Star ».
10° Le « Groupe Beaverbrook », qui contrôle le « Daily Express », le « Sunday Express >» et l’'«Evening Standard », ainsi que le <Farmer's Weekly »
Quels sont donc les journaux restés indépendants : deux organes bien différents : le « Times >» qui, à la mort de Lord Northcliffe (1922), fut acheté par une société où figurent, à côté du Major J. J. Astor, un descendant du grand John Walter, (pour préserver son indépendance, on a subordonné l’achat des actions au vote d’un comité de surveillance où figurent, entre autres, le Lord Chief Justice, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, le Président de la Société Royale et un doyen d'Oxford) (4) et le « Daily Worker », organe du parti communiste anglais, qui parut de 1925 à 1930 sous le titre de « Sunday Worker ».
En province également, certains journaux sont restés indépendants, principalement les quatre plus importants : le « Glascow Herald >, le «Manchester Guardian», le Scotsman », le « Yorkshire Post ».
Telle est la concentration que la presse bon marché a fait naître en Grande-Bretagne. Tel est le chemin parcouru par des hommes tels que Edward L. Levy, George Newnes et les Harmsworth.
Le tableau suivant indique le nombre de journaux édités en Grande-Bretagne d’après l’annuaire officiel de 1938
(4) G. Weill : « Le Journal », p. 336.
(2) Nombre de journaux édités en (Grande-Bretagne d’après le « Mitchells Newspaper Press Directory » (Edition 1938).
L EVOLUTION DE LA PRESSE ET DE LA PUBLICITÉ j23l