GAZ DU SANG
Expériesce DCLXIV. — 11 juillet. Chien à jeun, pesant lOkil.
Tiré 25®= de sang à l’artère crurale ; il contient 0 20,0; C0^40,4.
On met à agiter 100=® du même sang avec deux fois son volume deCOpur.
Le lendemain (temp. 22°), on analyse le sang, qui contient 155,9 vol.
Coefficient de solubilité à 22° ; 90,1. Donc, manquent pour la saturation 25,4 vol. de CO^
Expérience DCLXV. — 18 juillet. Chien à jeun, pesant 15 kil.
Expérience semblablement conduite : sang artériel ; O 16,7 ; CO^ 56,1. Après agitation (40 heures) dans CO® contient 147,6 (temp. 20°).
Coefficient de solubilité à 20“ : 91,5. Donc, manquent pour la saturation 20 vol. de CO®.
Expérience DCLXYI. — 22 juillet. Chien à jeun, pesant 11 kil.
Sang artériel : 0 24,0 ; CO® 50,5.
juillet. — Après agitation : CO® 167,0 (temp. 22°).
Coefficient de solubilité à 22°, environ 88,5. Donc, manquent pour la saturation 28,2 vol. de CO® environ.
Expérience DCLXYll. — 20 août. Chien à jeun.
Sang artériel : CO® 54,0.
Après agitation pendant 5 heures en présence d’acide carbonique pur, le sang contient, à 22°, 166 volumes de CO®.
Le coefficient de solubilité étant 90,1, on voit qu’il manquait à la saturation des bases 22 vol. de CO®.
Expérience DCLXYTII. — 24 juillet. Cheval vieux, épuisé, paralysé du train postérieur, sur qui l’un des nerfs sympathiques vient d’être coupé au cou.
Tiré sang carotidien du côté du sympathique coupé.
Il contient O 11,8 ; CO® 44,8.
Pris de même sang veineux dans une branche de la jugulaire; il contient 011,8; CO® 54,0.
Avant la section, le sang veineux avait donné CO® 50,1. Agité pendant 24 heures, avec l’acide pur, contient (temp. 19°) 178,2 volumes de CO®. Il a pris une teinte brune fort singulière, que je n’ai jamais vue.
Coefficient de solubilité à 19° : 92,5. Donc, il manque pour saturation complète des bases du sang artériel 40,9 volumes de CO®, et pour celle du sang veineux avant toute section nerveuse, 51,7.
On voit que, dans aucune de nos expériences, le sang artériel ne contenait d’acide carbonique simplement dissous ; une seule fois (exp. DCLXI), les bases alcalines étaient exactement saturées. Il y a plus, le sang veineux lui-même, dans les expériences DCLXII et DCLXYI, ne contenait que de l’acide
EXPÉRIENCES
carbonique combiné; mais dans l’expérience DCLXI,il y avait 20,5 volumes de CO^ dissous.
II faudrait peut-être, pour asseoir des conclusions définitives, disposer d’un nombre d’expériences plus considérable; cependant, pour le sang artériel, la concordance de nos analyses est parfaite, et nous pouvons, je crois, considérer comme démontré ce fait que tout l’acide carbonique dissous (lorsqu’il en existe dans le sang veineux) s’échappe à la traversée des poumons, et que.les sels alcalins surcarbonatés y sont en outre dissociés pour une partie de leur acide qui ne dépasse guère le tiers.
Mais cette dernière limite peut être franchie, et une plus forte proportion d’acide carbonique combiné peut sortir par l’acte respiratoire et ne plus se retrouver dans le sang artériel. C’est ce qui arrive, notamment, lors des respirations exagérées à travers un tube placé dans la trachée ; c’est ce qui arrive dans les empoisonnements par le curare, lorsqu’on fait la respiration artificielle, même avec précautions ; c’est ce qui arrive après ou pendant les convulsions dues à l’oxygène comprimé (voir particulièrement à ce point de vue l’expérience CCLXXXVI, p, 784, où la proportion du CO® s’est abaissée à 9,9 volumes dans le sang artériel); c’est ce qui arrive enfin par la respiration dans l’air raréfié. L’alcalinité du sang doit notablement augmenter'dans ces circonstances, ce qui ne pourrait manquer, si elles étaient durables, d’exercer une influence considérable sur l’état de santé de l’animal en expérience; nous aurons à revenir sur ce dernier point en étudiant dans notre troisième partie les conditions de la vie des habitants des hauts lieux.