ALI
no4“
Ih 40“
lliOVêniie
liioveiine
Le tableau 11, qui résume ces faits, montre bien nettement qu’en effet, aux basses températures, l’épuisement de l’air est moins complet. Il suffit d’en comparer les chiffres avec ceux qui correspondent, pour les mêmes pressions, dans le tableau I. Les moyennes, à elles seules, sont suffisamment instructives; la tension de l’oxygène a monté de 5,5 à 4,5. Ce n’est pas tout : la moyenne de la durée de la vie s’est abaissée de 1^,16 minutes à 57 minutes.
On voit que, sous ce double rapport, le parallèle que j’ai établi se poursuit encore exactement. Nous pourrions trouver bien d’autres concordances, en examinant les phénomènes généraux fournis par les animaux : les changements dans la
respiration, la circulation, la température; l’existence ou l’absence des convulsions, etc. Je préfère consacrer à cette étude un chapitre spécial.
Pour le moment, il faut faire un pas de plus, et passer du domaine des inductions dans celui des expériences cruciales. Le problème se présente à nous dans les termes suivants.
Nous avons vu que, dans une atmosphère confinée, à quelque pression que ce soit (au-dessous d’une atmosphère), la mort des moineaux survient lorsque la tension de l’oxygène dans l’air ambiant s’abaisse à o,6 en moyenne. Quand la pression est suffisamment élevée, le chiffre de la tension n’arrive aussi bas qii’après un certain temps, qu’après un épuisement dû à la respiration de l’animal lui-même; mais l’altération chimique de l’air qui en est la conséquence devient, comme nous l’avons vu, de moins en moins importante au fur et à mesure que la pression diminue; si bien que, vers 15 centimètres de pression, la mort arrive dans de l’air pur : elle arrive même, comme je m’en suis maintes fois assuré, sous courant d’air, et le confinement, l’altération chimique, ne sont alors évidemment pour rien.
Si les troubles divers, dont le détail prendra place ailleurs, qui commencent à se manifester lorsque la pression s’abaisse à 30 centimètres ; si les accidents graves qui surviennent vers 25 centimètres; si la mort qui arrive aux environs de 18 centimètres ; si tous ces phénomènes sont réellement dus à la faible tension de l’oxygène à ces divers moments, on devra les éviter en augmentant convenablement cette tension, sans modifier pour cela la pression barométrique.
Air suroxygéné : très-basses 'pressions. — Il est facile d’y arriver en employant de l’air artificiel suffisamment riche en OxP
oxygène. Si, dans l’expression - ■ qui représente la ten¬
sion de l’oxygène, la composition centésimale O augmente dans le même rapport que la pression P diminue, la valeur de la tension restera constante; et si cette valeur est suffis santé, il ne devra se produire aucun trouble chez l’animal
EXPÉRIENCES
soumis à l’expérience. Par exemple, si on passe à une demiatmosphère, il faudra, pour conserver la tension de l’oxygène dans l’air ordinaire à la pression normale, doubler la valeur 20,9 et employer un air artificiel contenant 41,8 pour 100 d’oxygène.
Nous aurons à revenir avec détails sur ce point important dans une autre partie de- ce travail. Mais ici, où il ne s’agit que de la mort en vases clos, sous diverses basses pressions, le résultat doit être exprimé d’une autre manière. Nous devrons, si notre présomption se vérifie, arriver à la formule suivante : Quelle que soit la pression employée, quelle que soit la composition de l’air artificiel, la mort des moineaux arrivera toujours lorsque la tension finale de l’oxygène s’abaissera aux environs de la valeur moyenne précédemment établie, c’est-à-dire de 3,6.
Le procédé expérimental mis en usage était le suivant. L’oiseau étant placé sous une des cloches de l’appareil représenté figure 15, je diminuais la pression dans la cloche de 3Ô à 40% ce qui, ainsi que nous l’avons vu plus haut, ne paraît pas avoir sur les oiseaux d’effet immédiat fâcheux. Du reste, je mettais aussitôt après le robinet M en communication avec un gazomètre rempli d’oxygène, et je laissais rentrer ce gaz, de manière à revenir à la pression normale. Je recommençais alors à diminuer la pression de ce mélange déjà plus oxygéné que l’air ordinaire, et je remplissais à nouveau avec de l’oxygène. Après trois ou quatre manœuvres analogues, la cloche était remplie d’un mélange suffisamment oxygéné pour pouvoir faire l’expérience en laissant périr l’oiseau sous la diminution de pression que je croyais devoir employer. Je prenais alors une certaine quantité du mélange pour en faire l’analyse.
J’arrive maintenant au récit des expériences; je ne rapporterai ici que celles qui ont été faites à de très-basses pressions. Nous verrons, dans le chapitre consacré à la mort par l’acide carbonique, que cet élément vient compliquer la question pour la pression normale et pour les dépressions médiocres lorsqu’on emploie de l’air suroxygéné. Je veux ici l’éliminer;
jIORT EN VASES CLOS : PRESSION DIMmUÉE.
la preuve que nous cherchons sera du reste d’autant plus nette, que les pressions employées auront été plus basses.
Expérience XLYII. — 29 janvier. Cloche de 1C9.
Moineau friquet. Amené à 50*= de diminution, malade, laissé renli'er oxygène; amené à 60*^, à peine malade, laissé rentrer oxygène; amené 66*=, O, assez malade, laissé rentrer oxygène jusqu’à 40®, puis fait vide jusqu’à 52®.
Fermé robinets à 5'*15“; en prenant de l’air, la dépression devient de 54®; à 5*^ 45“, bien portant"; à 5^, haletant : la pression réelle est 19®. Meurt à 6^* SO'^, sans un mouvement.
Pression réelle, 18®. Mélange primitif, O 85,9.
Air mortel : C0®68,1; 015,4.
Tension de CO^ = 68,l 15,2. Tension d’O = 15,4 = 5,6.
Expérience XLYlll. — 23 avril. Cloche de 1^5.
Amené successivement à 54®, 57®, 62®, 67®, de dépression, et à chaque fois laissé rentrer de Toxygène, puis laissé rentrer de l’air jusqu’à 61®, 5 de dépression.
Fermé les robinets à 4^ 12“. Trouvé mort à 6** 15“*. Suffusions sanguines en nappe dans le diploë crânien. La pression est 14®.
Air mortel ; CO- 48,0 ; O 23,8.
Tension de CO® = 8,8. Tension d’O =4,3.
Expérience XLIX. — 6 février. Cloche de 1^9.
Amené à30®, 50®,50® de dépression avec rentrées d’oxygène; puis à 14® de pression. Mis à 2^ 20“;, s'agite beaucoup; mort à 4** 45“. Suffusions sanguines.
Pression réelle 12®,5. Mélange primitif O 88,4.
Air mortel : CO® 66,0; 0 22,2.
Tension de CO® =10, 8. Tension d’O =5,6.
Expérience L. — 29 janvier. Cloche de 2Co0.
Amené à 48®, puis 52®, puis 64®, 5 de dépression avec rentrées d’oxygène et fermé les robinets à 2** 40“.
A 2^* 50, pris air, ce qui abaisse la pression réelle à 10®. A 3** 50“, remue encore ; à 4^* 45“, mort.
Pression réelle 8®. Mélange primitif : O 82,5.
Air mortel : CO® 57,2; 041,8.
Tension de CO® = 5,9. Tension d’O = 4,4.
Expérience L1. — 1®® février. Cloche de 1*,5d.
Amené à 44® de diminution, s’agitait, laissé rentrer oxygène; amené à 52®, même effet; amené à 65®, s'agitait et vomissait; même manœuvre encore. Amené à 65®, puis pris air, ce qui porte la dépression à 68®, 7, et
EXPÉRIENCES
la pression réelle à 6=, 6. L’oiseau s’agite à chaque coup de pompe; il e.s' de suite fort malade, et meurt en l** au plus. Suffusions crâniennes. Mélange primitif : O 87,0.
Air mortel : GO® 17,3; 066,7.
Tension de CO® — 1,3. Tension d’O = 5,8.
Les résultats de ces.diverses expériences sont résumés dans le tableau suivant ;
ÏABLEAU III.