DE LA VIE
C0*xP
OxP
co«
atm.
il/4
xcni
xcvn
xcvni
de 2 à 3^
■•iii U 3 k.
plii é* 8 h.
xcu
Si nous considérons maintenant ces résultats, en nous attachant tout d'abord à la composition de l'air devenu irrespirable, et le tableau précédent nous rend facile cet examen d'ensemble, nous voyons de suite que la conjecture énoncée en tête de ce sous-chapitre, bien loin- d'être vérifiée, s'est trouvée être précisément le contraire de la vérité. Plus la pression a été grande, moins l'oxygène de l'air a été épuisé, comme le montre la colonne 7 du tableau V. A 8'*"',8, pression la plus élevée que j'aie employée dans cette première série d'expérience, il restait, après la mort, 17,4 d'oxygène.
Cette constatation, déjà fort curieuse, devient tout à fait de nature à étonner, lorsque nous faisons entrer en ligne de compte non-seulement le chiffre exprimant la composition centésimale, mais ce nombre jusqu'ici constant dans nos expériences qui indique la tension de Toxygènedans Tair devenu mortel. Nous avons vu, dans le premier chapitre, que ce nombre oscille entre 5 et 4. Or, dans les expériences actuelles, la colonne 9 ne nous fournit des chiffres analogues que pour les pressions intermédiaires entre 1 et 2 atmosphères. Et même ici apparaissent déjà les nombres 8 et 10, qui deviennent bientôt 20 et 40, pour arriver à 113 et 153 aux pressions de 7 et de 8,8 atmosphères.
Ainsi donc, au-dessus de 2 atmosphères, la mort dans l'air confiné ne pourrait être attribuée à la privation d'oxygène : il faut chercher quelque autre cause.
Ma première pensée a dû naturellement se porter sur Tacide carbonique.
Or, en considérant la colonne 8, dans laquelle se trouvent inscrits des nombres qui sont obtenus en multipliant la proportion centésimale de l'acide carbonique par le nombre des atmosphères, et qui, par conséquent, représentent la tension de l'acide carbonique dans l'air mortel, nous voyons que, à partir de 2 atmosphères, ces nombres oscillent entre 25 et 30.
Si maintenant nous nous reportons à ce qu'a dit autrefois M. Claude Bernard* sur les conditions de la mort d'oiseaux
* leçons sur les substances toxiques^ p. 140.
renfermés à la pression normale dans un milieu très-oxygéné, nous voyons qu'ils périssent lorsqu'ils y ont formé une proportion d'acide carbonique qui correspond précisément à celle que nous venons d'indiquer. Les nombreuses expériences que j'ai moi-même* faites à ce sujet m'ont conduit à des résultats analogues, et j'ai confirmé l'exactitude de l'explication donnée par Cl. Bernard de cette bizarre asphyxie dans un milieu beaucoup plus riche en oxygène que l'air ordinaire. Il s'agit ici d'un véritable empoisonnement dû à l'acide carbonique du sang qui ne peut s'éliminer à cause de la pression qu'exerce sur lui l'acide carbonique contenu dans l'atmosphère ambiante.
C'est donc la pression exercée par cet acide carbonique, pression mesurée précisément, à une atmosphère, par le chiffre même de la composition centésimale, qui est cause de la mort. Or, à des pressions supérieures à une atmosphère, la pression réelle, la tension de l'acide carbonique, s'obtient en multipliant le chiffre de la composition centésimale par le nombre des atmosphères, et c'est ainsi que nous avons obtenu les nombres de la colonne 8.
Nous pouvons donc donner, pour la mort en vases clos, à des pressions plus fortes qu'une atmosphère, une formule tout à fait analogue à celle que nous avons indiquée plus haut (voir page 579) pour les pressions inférieures à une atmosphère, et dire : La mort des moineaux arrive lorsqtte la tension de l'acide carbonique y mesurée comme il vient d'être dit, est représentée par un chiffre qui oscille environ entre 24 et 50 ; nous prendrons dorénavant 26 comme nombre moyen.
Il résulte de ceci que, si nous représentions nos résultats par une courbe analogue à celle de la figure 17, dans laquelle les abscisses représenteraient les pressions, et les ordonnées les proportions d'acide carbonique, cette courbe correspondrait à la formule xy = 25 à 50, et serait, elle aussi, par conséquent, une branche d'hyperbole équilatère.
Mais il faut tout de suile faire remarquer que celte formule
• Uçoru tur la physiologie de la respiration^ p. 517.
ne commence à être vraie qu'à partir de une et demie et surtout de deux atmosphères. Au-dessous, les chiffres de la colonne 8 sont beaucoup plus faibles. C'est que, ici, la quantité d'oxygène mise à la disposition de l'oiseau n'était pas suffisante pour lui permettre la production d'une quantité d'acide carbonique capable de le tuer à elle seule. Sans doute, la tension de l'acide carbonique n'était pas négligeable, surtout quand elle arrivait à valoir 22 ou 25 ; mais il faut dans ce cas mettre en ligne de compte l'épuisement de l'oxygène, dont la colonne 9 nous montre l'état très-avancé. Nous retrouvons, en effet, ici les chiffres variant de 3 et 4 que nous connaissons comme exprimant la pression d'oxygène trop faible pour entretenir la vie.
Influence de la température. — Les résultats qui précèdent ont été obtenus à des températures supérieures à 20"*. J'ai voulu savoir si un froid considérable aurait une influence notable sur les chiffres obtenus. Voici ce qui est advenu :
Expérience Cil. — 12 décembre; température du laboratoire -h 6*. Moineau franc. Mis à 6 atmosphères ; fermé robinets à S**. Entouré complètement l'appareil dans une masse de neige à 0°.
A 4*» 20»", on trouve Toiseau mort. A^** 25"", sa température rectale était de -+• ¥,
Air mortel: CO* 2,9; 0 17,4.
C0*XP=17,4.
Expérience cm. — 15 décembre; température -f- 6*». Moineau franc. A 2*», mis à 5 atmosphères. Entouré l'appareil d'un mélange de glace et de sel dont la température s'abaisse à 12°. On ne peut lire la graduation du Ihennomètre intérieur. A o'" 35"», trouvé mort. Tempèr. rectale, -H 8"; sang veineux rou^fe, sans bulles de gaz.
Air mortel: CO*r>,i; 015,2.
CO»xP=:17,0.
Expérience CIV. — 14 décembre; tempèr. extèr. -h5^ Moineau franc, poussé à 2''50"S à 4 atmosphères. Entouré d'un mélajige de glace et de sel.
A4*» 20'», très-malade ; à 4*» 30", mort. Température intérieure de l'appareil, 4-1** ; tempèr. rectale, -h 17°, 5.
Air mortel :C0« 5,0; 013,5.
CO»xP=20.
On voit que l'influence du froid a été très-importanle, et
que les oiseaux n'ont pu, dans ces conditions, former autant d'acide carbonique qu'aux températures élevées. Cela se comprend assez bien, à cause du refroidissement propre de l'animal, qui n'était plus compatible avec l'exercice des fonctions, et n'a plus permis les mouvements de la respiration.
Je pense même que c'est à la température qu'il faut attribuer les résultats assez différents de ceux que j'ai rapportés plus haut, obtenus avec le même appareil, mais pendant une saison moins chaude.
Expérience GV. — 51 janvier. Moineau franc. A 3'»50'", poussé à 4 atmosphères. Meurt à b^ 50*". Pas de sufTusions crâniennes.
Air mortel :CÛ« 5,8 ;0i5, 2.
C0«XP = 25,2.
Expérience G VI. — 18 mare. Moineau franc. A 2"» 10" poussé à 6 atmosphères. Très-malade àS*» 50™ ; trouvé mort à 4"» 50". Piqueté rouge au crâne.
Air mortel; GO* 5, 9 ; 0 14,9.
GO»xP=25,4.
B. — Air suroxygéné : pressions inférieures à une atmosphère*
C'est ici que je crois devoir placer le récit des expériences faites suivant la méthode dont il a été question à la page 56 1 (sous-chap. P'), et dans lesquelles des moineaux étaient maintenus en vases clos, à des pressions inférieures à celles d'une atmosphère, mais dans de l'air suroxygéné. Ici, jusqu'aux basses limites qui ont été indiquées, la mort a lieu non par trop faible tension d'oxygène, mais par trop forte tension d'acide carbonique, c'est-à-dire par un mécanisme identique à celui dont nous nous occupons en ce moment.
Voici le détail de ces expériences, faites toutes avec des moineaux : les deux premières sont la répétition de l'expérience classique de Claude Bernard :
ExpÉRiÈHCE GVII. — 16 janvier. Gloche de 1 litre. L'oiseau est amené successivement trois fois à 40*^ de diminution de pression, le vide étant à chaque fois rempli avec de l'oxygène. Le mélange
590 EXPEKIENGES.
contient alors 91 pour 100 d'oxygène. Je laisse Toiseau à la pression normale, et ferme les robinets à o**.
Mort à 6M 5" ; a vécu 3»» 1 5°».
Air mortel : C0% 24,8 ; 0 64,5.
CO* -4- 0 = 89,5. Le rapport de Tacide carbonique formé à roxygène
consommé a été de -^ = ^^ =■ 0,95.
Expérience CVIII. — IG janvier. Cloche de 1*.
Amené trois fois de suite à 40<^ de dépression; pression définitive, 56^ Fermé robinets à 2*» 50"' ; mort à 6*» 15"». Pression 54«. Mélange primitif : 0 82.
Air mortel: C0« 65,5; 0 17,5.
C0« -H 0 = 80,8; ^ = 0,98. GO«xP = 28,3.
Expérience CIX. — 29 janvier. Cloche de 675" ; moineau friquet.
Pression diminuée de 50<^, l'oiseau devient malade; laissé rentrer Toxygéne ; la seconde diminution est poussée à 60% malade; laissé rentrer oxygène. Fermé robinets à 5*» 55".
Laissé à pression normale. A 5^, haletant ; à 6**, meurt sans convulsions ; un peu de suffusion sanguine au crâne.
Air mortel :C0* 24,8; 0 65,5.
Expérience CX. — 50 janvier. Cloche de 1' 5.
Amené à 44s 58«^, 56% puis48'^ de diminution. Fermé robinets à 3*» 50"; mort à 6*> .
La pression intérieure est de 25<^.
Mélange primitif: 0 89,2.
Air mortel: CO*72, 1; 0 15,5.
Tension de C0^ = 25,7.
Tension d'O = 15,5 x ^| ^ 5,0.
Expérience CXI. — 51 janvier. Cloche de 675^S
Amené à 40%50'',50^ de dépression et remph avec oxygène. La dernière fois, la pression est de 55s Fermé robinets à 3»^ 20'». Meurt à 5*» 15»; pas de suffusions sanguines au crâne.
Mélange avant î 0 79,6.
Air mortel :C0« 55,5; 0 42,3.
C0« H- 0 = 77,6; ~ = 0,94. C0«xP = 25,5.
Expérience CXII. — 51 janvier. Cloche de l'5.
Amené à 40*^, 50'', oO^' ; la dernière fois, à 45'' de pression.
A la mort, la pression n*est plus que de 56''.
Mélange primitif: 0 89,8.
CO* + 0=87,7; ^ = 0,9G. GO*xP=27,2.
Expérience CXIIl. 2 février. Cloche de 1»,3d0.
Amené à 30<^,50s puis 50% et rempli avec oxygène ; la dernière fois amené à 58<^ de pression.
Fermé robinets à 5*» 45" ; meurt à 6"» 45" ; la pression n est plus que de 51«.
Mélange avant : 0 91 ,5.
Air mortel : CO» 56,0 ; 0 54,9.
C0«+0=99,6; ^=0,98. CO»xP = 24,2.
Expérience CXIV. — 5 février. Cloche de l',3. 'Amené à 30<^,50'',50<^ ; à la quatrième fois laissé à 45« de pression. , Mis à 4*». Mort à 8*» 15", la pression est de 38^ Air mortel: C0« 49,3; 0 36,6.
CO«xF=24,6.
Expérience CXV. — 6 février. Cloche de 675".
Amené successivement à 30% à SO*' et à 50° de dépression, et rempli à chaque fois avec oxygène. Fermé robinets à 2*» 35" ; la pression est de 57«. Mort à 5*» 45". SulTusion crâniennes par places. Pression réelle 55*^.
Mélange avant l'expérience : 0 87,8.
Air mortel : CO» 36,3; 0 50,1.
CO»-4-O = 86,4;.î^=0,97jGO*XP = 26,2.
Expérience CXVL — 19 février. Cloche de 675".
Amené une fois à 30'' de diminution, et deux autres fois encore à 50* ; à chaque fois, laissé rentrer oxygène. Amené la pression réelle à 64*'. Fermé les robinets à 1*» 50".
Mort à 3^35"; petites marbrures sanguines au crâne* Sang de la jugulaire rouge.
La tension de GO* est G0«xP = 27,7x=^ = 23|3.
Expérience GXVIl. — 19 février. Cloche de \\ 35. Amené à 30s50S50'= ; la dernière fois laissé à 46« de pression. Fermé robinets à 2*» ; à 4*» 15", très-malade. A la mort, la pression est de 43*". Suffusions crâniennes faibles.
Air mortel: CO» 42,4 ; 0 29,8.
C0»xP = 24,5.
Expérience CXVIU. — 19 février. Cloche de 2\i.
EIPÉRIOCES.
Amené à r>(K\50s50«, de dépression, puis à 34« de pression réelle.
Fermé à S*» Jô™; meurt à 6*» 45"; suffusion crânienne énorme.
Pression réelle, 29^
Air mortel : CO» 06 ; 0 13,1.
CO«xP = 25,î2.
La pression de l'oxygène restant n'est que de io,l x^-= o.
ExpÉniESCE CXIX. — 22 février. Cloche de 2»,5.
Amené à 50s50s50s puis à38« de dépression. Fermé à 1"^ 5". Hortà 7>'. Suffusion légère au crâne ; sang veineux rouge. Pression réelle, 34^ Air mortel : C0« 60 ; 0 27, i.
CO»xP==26,8.
Tous ces résultats sont résumés et groupés, suivant Tordre décroissant des pressions barométriques, dans le tableau suivant ; j'y ai joint les expériences rapportées à la page 565.